Le M23 ouvre un nouveau front : la bataille médiatique

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congorebelsConvaincus que sa lutte n’est pas suffisamment comprise par l’opinion tant nationale qu’internationale, le M23 s’apprête à lancer une radio destinée à diffuser ses messages de paix à travers la province du Nord Kivu. Une véritable offensive médiatique qui s’ajoute aux relais de propagande sur l’internet, a indiqué Amani KABASHA, porte-parole et responsable de la communication de ce mouvement politico-militaire. Dignité FM sera le nom de cette radio qui va commencer à émettre à partir du village de Kibumba situé à 30 Km de la Ville de Goma, a-t-on signalé.

Le M23 n’est pas à sa première expérience médiatique. Après la prise de la ville de Goma, ses techniciens avaient mis en place une page de FACEBOOK qui n’a pas fait long feu. Car, plus le nombre des abonnés augmentait, plus des voix s’élevaient à travers le monde pour réclamer et obtenir sa suppression en novembre de l’année dernière par l’équipe animée par Mark ZUCKERBERG, s’est plaint Amani KABASHA. Il en fut de même pour son site créé et mis en ligne depuis la ville de Provo dans l’Etat de l’Utah par la fédération américaine du M23. Laquelle soupçonne les experts de l’ONU d’être les commanditaires de ce coup derrière le dos.

Sources de financement

Il ne fait pas l’ombre du moindre doute que Kigali est derrière cette nouvelle expérience médiatique. Et pour ce faire, les stratèges rwandais ont recouru à un journaliste français du nom de Bruno GOUTEUX pour animer le groupe des financiers de ce lobbying médiatique. Rédacteur en chef de la revue « la Nuit Rwandaise », il est aussi membre de plusieurs associations de soutien au peuple rwandais, dont particulièrement France RWANDA GENOCIDE et APPUI RWANDA après avoir lancé à la fin du mois de mai dernier le site Internet l’Agence d’information. Notre confrère prétend faire partie d’un groupe de huit personnes intéressées à tout ce qui se passe dans le Kivu, conséquence, a-t-il déclaré, de ce qui s’est passé au Rwanda en 1994. En clair, tout tourne autour du fameux prétexte fallacieux de génocide auquel recourent régulièrement les autorités rwandaises pour justifier les multiples agressions armées sur le territoire congolais.

Que va dire la MONUSCO ?

Quelle sera la réaction de la MONUSCO dès lors que cette radio lancée par un mouvement déclaré force négative à l’instar d’autres groupes armés irréguliers, va inonder non seulement le territoire de Rutshuru mais probablement les autres provinces de la République avec des messages d’intoxication? Comment prétendre d’une part  que la Brigade Spéciale d’Intervention est chargée de neutraliser tous les groupes armés et permettre d’autre part à l’un d’eux de disposer d’une radio pour sa propagande destinée à intoxiquer les populations civiles qu’elle est pourtant censée protéger ! Dès lors que, selon des rapports des ONG de défense des droits de l’homme tels HUMAN RIGHTS WATCH et International Crisis Group, le M23 a été reconnu coupable d’avoir perpétré des actes de violence à l’endroit des journalistes opérant dans ce territoire et qui ont préféré prendre la clef des champs pour protéger leurs vies. En plus des destructions de nombreuses radios communautaires.

 La MONUSCO se trouve donc devant une situation shakespearienne : comment faire passer le message de paix si l’on ferme les yeux l’un des groupes armés en train de monter une radio destinée à intoxiquer les populations civiles, sans pour autant donner l’impression de favoriser la partition de la RDC? Etant donné que par la création d’une radio après avoir mis en place une administration parallèle, le M23 se donne une étoffe d’un Etat souverain sur ce territoire d Rutshuru.

F.M.

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