Le M23 dans le schéma du CNDP

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Yoweri Museveni de l’Ouganda et Paul Kagame du Rwanda n’ont qu’une expression à la bouche : la crise du Nord-Kivu est congolo-congolaise. C’est tout un message pour les rebelles du M23, qui ont reçu du régime de Kigali la mission de le traduire en actes sur le terrain, afin de confondre les experts des Nations Unies qui ont alerté le monde entier sur l’appui militaire et financier à leur mouvement.
 La relance des hostilités, hier mardi 24 juillet 2012, sur un front situé à une cinquantaine de kilomètres à peine de Goma est fort significative sur les visées des mutins. Il leur faut faire suffisamment peur au pouvoir en place à Kinshasa, afin d’obtenir un nouveau round des négociations de paix, à l’image de l’accord de cessez-le-feu de mars 2009 entre les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et le CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) de Bosco Ntaganda.

 Sérieusement mis en difficulté par le rapport accusateur du panel d’experts des Nations Unies et déjà sous le coup d’une sanction hautement symbolique- à savoir la suspension de l’assistance militaire américaine pour 2012- le Rwanda attend impatiemment des victoires militaires du M23 pour rebondir diplomatiquement. Si la guerre ainsi relancée arrive à tourner effectivement en faveur de ce mouvement rebelle, sa ligne de défense basée sur la persistance d’un conflit armé congolo-congolais au Nord-Kivu serait solidement renforcée.
 Chacun peut, à cet égard, imaginer l’enjeu de la reprise des combats dans cette partie de la République Démocratique du Congo. Il appartient, dès lors, aux autorités tant civiles que militaires congolaises de prendre la pleine mesure d’une guerre à ne pas perdre, à aucun prix. La résistance aux agresseurs déguisés en faux rebelles congolais passe par le renforcement de notre dispositif de défense au Nord-Kivu, la mobilisation des combattants clairement identifiés comme congolais et dotés de la puissance de feu requise pour tenir les positions et, au besoin, progresser dans la voie de la reprise de nouvelles localités.


 Parallèlement à la résistance armée, la fameuse « Union sacrée » de nos concitoyens contre la guerre injuste imposée à notre patrie par des forces négatives externes et internes devrait se manifester à travers la tenue effective des manifestations diverses qui s’annoncent de partout. La libération totale de la parole, en vue de permettre aux Congolais de s’informer correctement sur les tenants et aboutissants de la sale guerre de l’Est, est ardemment souhaitée.
 Enfin, la bataille de la communication, qui a souvent constitué le tendon d’Achille de notre diplomatie et de notre classe dirigeante, exige que les messages allant dans le sens de l’appui de la thèse de l’agression rwandaise contre notre pays ne pèchent pas par la contradiction. Le Rwanda agresseur ne devrait bénéficier d’aucune circonstance atténuante dans le marketing politique congolais à l’extérieur. Tout doit concourir à la confirmation des révélations du rapport des experts des Nations Unies, des aveux des mutins recueillis par la Monusco ainsi que des résultats de l’enquête ficelée par le gouvernement congolais.
 Le changement de la donne sécuritaire au Nord-Kivu condamne la République Démocratique du Congo à gagner sur plusieurs fronts : militaire, politique, diplomatique et médiatique.


   Kimp 

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