Le M 23 cherche à faire discréditer les FARDC

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Dans une conférence de presse qu’elle a animée le mardi 06 août 2012 à Pretoria, en Afrique du Sud, la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a parlé en termes durs des rebelles du Mouvement du 23 mars 2009. «  Le M23 est le groupe armé le plus actif qui menace les populations de l’Est du Congo actuellement… Nous soutenons les efforts de la RDCongo et nous exhortons tous les Etats de la région, y compris le Rwanda, à travailler ensemble pour tarir le soutien aux rebelles du M23, pour les désarmer et pour traduire leurs leaders devant la justice », a-t-elle martelé.

 Cette sortie médiatique doit avoir semé la panique chez le colonel Makenga Sultani, qui se fait passer pour le Coordonnateur militaire du M23, et ses parrains rwandais. Et, pour donner le change, il s’est souvenu, le même mardi, de l’existence de la Commission Militaire Mixte, une structure qui avait eu à regrouper le Rwanda et la RDC avant que la nouvelle guerre de l’Est ne vienne mettre à nu la fourberie du régime de Kigali.
 C’est à cette nébuleuse que le M 23 vient d’adresser, pince sans rire, une correspondance faisant état de l’existence, au sein du service des renseignements militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo basés à Goma, d’une cellule chargée de former des « terroristes ». Ceux-ci seraient recrutés, pour une large part, parmi les éléments démobilisés de l’armée rwandaise. Ces anciens soldats rwandais, soutient le colonel Ruzandiza alias Makenga Sultani, seraient utilisés comme indicateurs censés livrer à la hiérarchie de l’armée congolaise, toutes les techniques de maquillage pouvant leur permettre de faire passer les terroristes sus évoqués pour des éléments de la rébellion du M23 et de l’armée rwandaise.


 Selon le Coordonnateur militaire de ce mouvement, les autorités congolaises auraient planifié des massacres des populations civiles congolaises au Nord-Kivu à faire endosser au M23, à travers des terroristes formés en réalité à Goma mais à présenter à l’opinion internationale comme des mutins.
 Le résultat recherché par les FARDC, selon le colonel Ruzandiza alias Sultani Makenga, serait de compromettre toutes les chances de retour à la paix au Nord-Kivu, ce qui aurait comme conséquence, la déstabilisation de toute la région des Grands Lacs. Aussi demande-t-il aux responsables de la Commission Militaire Mixte Rwanda/RDC de prendre les dispositions requises en vue de prévenir le pire.
 Pour faire vraiment sérieux, des copies de cette correspondance sont réservées aux présidents rwandais et congolais, au président de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), au président du Conseil de Sécurité, au Secrétaire général des Nations Unies, au Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC, aux ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques accrédités en RDC, aux chefs d’états-majors généraux des armées congolaise et rwandaise, ainsi qu’à la Cheffe du Bureau/Nord-Kivu de la Monusco.

Si des milliers de Congolais n’étaient pas en train d’être massacrés au Nord-Kivu ou jetés sur le chemin de l’exil intérieur, on pourrait en rire. Mis au ban de la communauté internationale et épinglé unanimement comme l’auteur de pires souffrances qu’endurent des milliers de Congolais dans la partie Est du pays, le colonel Ruzandiza Makenga Sultani cherche visiblement à entraîner les FARDC dans la « tombe » qui est en train de se creuser progressivement sous ses pieds. Mais, ce montage grossier, qui ne repose sur aucune preuve, ne va certainement pas changer l’état d’esprit qui prévaut désormais au sein de la communauté des Nations.
 En mettant en place une administration illégale à Rutshuru et ses environs et en menaçant, il y a deux jours, de marcher sur Goma au cas où les négociations de Kampala échoueraient, le M23 a clairement affiché ses ambitions de susciter une Républiquette au Nord-Kivu. Comment une rébellion qui nargue toute la planète peut-elle encore en appeler à l’arbitrage d’une Commission Militaire Mixte devenue sans objet, dès lors que le dossier sécuritaire du Nord-Kivu est désormais sous-traité par la CIRGL, sous le contrôle de l’Union Africaine et des Nations Unies ? Une telle initiative ne devrait même pas mériter une réponse de la part de la RDC.

Kimp 

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