Le Kenya montre la voie à la RDC

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les députés kenyans ont cédé, le mercredi 12 juin 2013, à la colère du
public en acceptant leur première baisse de salaire.  L’annonce de la
réduction de l’ordre de 120 000 $ à 75 000 $ par année par élu, est
intervenue un jour après que des centaines des gens massés devant le
parlement pour dénoncer des écarts astronomiques  des salaires. Dans
cette gué-guerre, a-t-on appris, le nouveau président du Kenya Uhuru
Kenyatta a soutenu la Commission chargée de revisiter les salaires des
personnels politiques.

En RDC, les députés connaissent deux sessions parlementaires
ordinaires qui durent trois mois chacune, soit 6 mois. Cela signifie
que nos députés travaillent 6 mois et ont six mois de vacances. Pour 6
mois de travail, ils touchent 8 000 $ par mois. Si nous considérons
que le salaire minimum au Congo est de 50 $ mensuel, cela voudrait
dire qu’un député congolais touche environ 160 fois le salaire minimum
alors qu’il ne travaille que 6 mois sur 12 tandis que le député
français ne touche que 4 fois le SMIC. Cette augmentation ne ferait
qu’aggraver les inégalités des rémunérations, ce qui est socialement
injuste et insoutenable.
Un député congolais travaille moins, 6 mois contre 9, qu’un député
français. Mais, il est mieux rémunéré que ce dernier. Un député
congolais touche deux fois plus qu’un député français. Point n’est
besoin de vous rappeler que le niveau de vie est de loin plus élevé en
France qu’en RDC.
Poussés par leur égoïsme, les mêmes députés réclament que leurs
émoluments passent de 8 000 à 13 000 $, soit une augmentation
d’environ 63 %. Si cette augmentation était économiquement justifiée,
c’est la rémunération de tous les Congolais qui devrait être revue à
la hausse. Malheureusement tel n’est pas le cas.
Au regard de cet exemple patent d’égoïsme qui caractérise nos
dirigeants, le sens de l’intérêt général semble perdu. C’est cet
égoïsme qui est érigé au rang de vertu, qui est à la base de nos
malheurs. Ce n’est pas l’étranger que nous pointons du doigt ou les
multinationales seules qui sont à la base de nos problèmes. Mais ils
ne font que s’engouffrer dans la brèche que nous-mêmes Congolais
avions ouverte en faisant montre notamment d’une absence totale du
sens de l’intérêt général. Le jour où cette brèche sera fermée, il va
de soi que leur attitude changera automatiquement vis-à-vis de la RDC.
Au moment où certains dirigeants européens revoient à la baisse leur
rémunération ou y renoncent carrément, c’est le cas de MARIO MONTI en
Italie, pour contribuer à l’effort de redressement de leurs économies,
les députés congolais, surpayés, veulent augmenter leurs émoluments
alors que le pays est moribond. Qui peut comprendre cela ?
Tshieke Bukasa

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