Le juge-président suspendu en pleine audience, avant de prononcer son jugement

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Après neuf mois d’attente et d’incarcération au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (C.P.R.K.) du prévenu Mike Kasenga Mulenga, les parties à ce procès, à savoir le ministère public, la partie civile et les avocats de la partie défenderesse espéraient être définitivement fixé hier mardi 18 mai 2010 par le jugement du Tribunal de Paix d’Assossa sur le sort de l’accusé. A l’ouverture de l’audience de ce jour, un coup de théâtre s’est produit : alors qu’il s’apprêtait à rendre son jugement, le juge-président apprenait qu’il a été suspendu par son supérieur, le Président du Tribunal de grande instance de Kalamu (TGI/Kalamu). La raison de cette suspension, selon Me Kaluba, avocat de la défense, n’a pas été communiquée aux différentes  parties.

Commentant cet incident survenu en pleine audience, Me Kaluba et ses confrères ont signalé que c’était la deuxième fois qu’un tel incident survenait dans le déroulement de ce procès. Le premier a eu lieu en décembre 2009. Au moment où le tribunal s’apprêtait à clôturer les débats pour prendre l’Affaire en délibéré, la partie civile avait demandé qu’avant toute chose, une contre expertise soit effectuée sur les travaux réalisés par les entreprises du prévenu. Les débats ont été alors suspendus et une équipe d’experts, professeurs de la Faculté de Polytechnique de l’Unikin, fut mise en place pour cette contre expertise. Après l’examen de leur cahier de charges soumis au tribunal, ce dernier leur avait accordé un montant de 100.000$ pour toute l’expertise ; et les professeurs-experts étaient prêts à démarrer le travail avec la moitié de ce montant, soit 50.000$. Mais de décembre jusqu’à ce jour, le Trésor public s’est montré incapable pour décaisser cette somme. Et l’équipe d’experts s’est dessaisi du dossier pour manque de logistique nécessaire au travail exigé.

Des suspensions suspectes des magistrats

Lors de la dernière audience et après cinq mois d’attente de la contre-expertise, le juge-président du Tripaix d’Assossa a jugé bon de laisser tomber cette exigence qui allongeait anormalement le procès et a autorisé les plaidoiries des parties au procès. Après le délai réglementaire, le jugement devait tomber hier mardi. C’est au moment où il s’apprêtait à accomplir sa tâche que la suspension est tombée. Me Kaluba voit dans cette suspension du juge une manœuvre pour empêcher le prononcé du jugement attendu et une volonté de garder son client en prison pendant de longs mois pour quel intérêt? Tôt ou tard la vérité, dit-il, éclatera.

Il s’est aussi rappelé que dans le parcours de ce procès, tous les magistrats qui se sont montrés assez attentifs à l’examen des griefs avancés par le prévenu, ont été suspendus. C’est le cas de trois premiers juges de la TGI/Kalamu pour avoir voulu accorder la liberté provisoire au prévenu Mike Kasenga. C’est aussi le cas du ministère public du Tripaix d’Assossa qui avait requis l’acquittement pour Mke Kasenga  et qui a été suspendu. Cette façon d’agir fait penser qu’il y aurait une intention cachée qui n’aurait rien à avoir avec la justice. De toutes les façons, la partie défenderesse se dit déterminée à  faire éclater la vérité dans cette affaire. 

SAKAZ

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