Le jésuite Tshikendwa : « Dieu demandera des comptes aux Congolais »

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«Il nous faut aussi et surtout compter sur ses propres forces. C’est à nous d’abord, peuple congolais, que revient la lourde responsabilité de travailler à la renaissance de ce pays. Dieu a doté ce pays de potentialités dont nous ne profitons pas encore suffisamment. Par notre propre faute, nous sommes devenus mendiants et nous empressons à quitter ce pays pour aller chercher ailleurs le bonheur que d’autres ont réussi à créer chez eux. Assis sur des mines d’or, de diamants, de cuivre, nous tendons la main vers l’extérieur pour recevoir notre nourriture et nos vêtements. Dieu qui a été si généreux en notre égard nous en demandera des comptes, » les propos sont du  père jésuite Ghislain Tshikendwa, directeur général du magazine catholique Renaître et de l’agence Dia. Ils les a tenus le mardi 12 octobre 2010, au centre interdiocésain, à Kinshasa.  C’était à l’occasion de la sortie du numéro spécial du magazine catholique Renaître sur le cinquantenaire de l’indépendance du pays. Sous le haut patronage du secrétariat général de la Cenco, ce média catholique a organisé une conférence de presse et une exposition vente au Centre Interdiocésain.  

            La publication de ce numéro spécial a servi de prétexte au père jésuite Ghislain Tshikendwa pour animer une conférence de presse sur le thème : « La Rd Congo doit renaître » en vue de faire une analyse sans complaisance de la situation socio-politique qui prévaut actuellement au pays. C’était en présence du 2ème secrétaire général adjoint de la Cenco, l’abbé Félicien Mwanama, de certaines personnalités politiques et  invités.

            Pour le père jésuite, « il nous faut une vision claire de ce que nous voulons être. Que pensons-nous devenir dans 20, 30, 50 ans ? Comment nous préparons- nous aux défis mondiaux qui nous attendent ? Comment entendons- nous gérer notre eau dans les années qui viennent ? Comment profiter de nos ressources ? Comment rendre disponible une diplomatie compétitive, respectueuse des valeurs ? Tout cela ne peut s’inscrire que dans une vision réaliste qu’il nous faut définir de manière courageuse, lucide et concertée. »  

            Le père Ghislain Tshikendwa a poursuivi en soulignant qu’ « il nous faut une éducation qui serve au développement de notre pays. A quoi servent les fleuves et les rivières si nous ne savons pas de l’eau qu’ils contiennent pour notre nourriture et nos différents travaux ? Pourquoi continuer à nous dire intellectuels si nous sommes incapables de transformer en richesses utilisables nos différentes ressources naturelles ? Sans une bonne éducation, pas de développement, aime à dire le Père Martin Ekwa, l’auteur de l’ « Ecole trahie. Que faisons-nous de notre jeunesse ? ».

            Le conférencier n’a pas oublié les politiciens. « Il nous faut faire preuve de maturité politique : notre classe politique nous offre parfois des scènes décevantes où ses intérêts priment sur celles des nations. Les échéances électorales qui s’annoncent devraient être un moment d’un tri sans complaisance. Il s’agit non seulement d’élire des personnes de valeur, mais d’exiger de ces personnes qu’elles tiennent les engagements pris de promouvoir le bien commun. »

            Le père jésuite a dit aussi un mot sur l’amour du travail bien fait. « Le peuple congolais a prouvé qu’il peut se mettre au travail quand il est mis dan s des conditions qui le favorisent. Nous sommes un peuple courageux mais distrait. Le temps de l’utilisation de la chicote pour contraindre quelqu’un à travailler est dépassé. Regardons les Chinois dont la présence nous est familière. Imitons d’eux leur passion au travail qui découle de la sagesse de leurs ancêtres qui enseigne qu’il vaut mieux apprendre à pêcher qu’à recevoir du poisson. »

Jean- René Bompolonga

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