Le grand flou en Ituri

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Des échos forts alarmants en provenance du district de l’Ituri font état d’un activisme suspect des Chinois dans plusieurs mines d’or. Etiquetés comme principaux concepteurs et exécuteurs des travaux d’aménagement et de réhabilitation des infrastructures routières à Kinshasa ainsi que dans plusieurs coins de la République, les compatriotes de feu Mao donnent de plus en plus l’impression d’avoir changé de vocation et de métier dans le Nord-Est de la République.

Selon les dernières nouvelles parvenues au Phare, trois dragues ultra-modernes ratissent les filons aurifères, 24 heures sur 24, dans le territoire d’Irumu. Cette exploitation non stop inquiète sérieusement les autorités locales et les autochtones, qui craignent de se retrouver, à plus ou moins brève échéance, complètement dépouillés de cette richesse. En effet, à l’image des Zimbabwéens de Sengamines, qui avaient pillé les diamants au Kasaï Oriental entre 2002 et 2004, les Chinois d’Irumu, armés de leurs dragues sophistiquées, emportent tout sur leur passage : or brut, terres noires, sables, cailloux. A quelles fins ? La question, fort troublante, reste posée.
A en croire des témoignages concordants, les « amis » Chinois seraient au nombre d’une trentaine. Des sources qui se veulent précises parlent même de 34. Le fait qui dérange le plus les consciences est qu’ils opèrent sans le moindre document. Qui les a autorisés à exploiter, sans papiers, l’or et tous les accessoires qui l’accompagnent au fond des mines ? Leur « couverture » serait-elle assurée, comme cela arrive souvent en pareilles circonstances, par des autorités civiles et militaires provinciales comme nationales ?

Beaucoup pensent que ces étrangers ne pouvaient se permettre le luxe de s’installer en Ituri, et plus précisément dans le territoire d’Irumu, sans titre ni droit, sans bénéficier de solides parapluies protecteurs. Mais qui est derrière ces Chinois qui semblent avoir levé l’option de sinistrer économiquement cette partie du pays déjà en proie à l’insécurité permanente entretenue par des rebelles ougandais de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur) et des milices locales ? Pourquoi le gouvernement et l’Assemblée de la Province Orientale restent-ils muets face à une situation fort préjudiciable aux générations d’aujourd’hui comme de demain ?

« Total » bloquée par Cobra Matata
En dépit du feu vert lui donné récemment par le gouvernement central en vue de démarrer l’exploitation du pétrole dans le Lac Albert, la multinationale française « Total »  se trouve dans l’impossibilité de travailler. En effet, un ordre venu du général « Cobra Matata », un des seigneurs de guerre de l’Ituri, l’a bloquée. L’on a appris qu’une délégation de ladite société, conduite par un haut responsable et comprenant six experts, arrivée dernièrement à Bunia, s’est entendue dire que la zone contrôlée par les hommes de Cobra Matata,  où est programmé le lancement des activités d’exploitation pétrolière est un « no man’s land ».

Le maître des lieux, à savoir Cobra Matata, a fait savoir aux « pétroliers » qu’ils devaient attendre la fin des négociations entre son groupe armé et le pouvoir central, à Kinshasa, pour connaître la suite des événements. Un délai d’attente d’un mois leur a été signifié.
Manifestement donc, le contrôle du district de l’Ituri échappe aux autorités de la Province Orientale. Tous les regards sont ainsi tournés vers Kinshasa pour le déblocage de la situation.  

Kimp

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