Le général Michel Elesse : «  Au-delà de quelques avancées, la réforme de la PNC exige davantage des moyens pour sa poursuite ! »

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La 10ème réunion politique du Comité de suivi de la réforme de la police intervenue au début de cette semaine, à l’Hôtel Béatrice à Gombe, a été l’occasion pour huit ministres nouvellement nommés au sein du gouvernement Matata II et concernés par la réforme de la police, de s’informer sur l’évolution de cette réforme, d’échanger avec les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques impliqués dans cette réforme, le commissaire général de la PNC et des représentants de la société civile.

Au cours de ces assises qui devaient entrevoir la poursuite des travaux de la réforme, le général Michel Elesse Yombentole, secrétaire exécutif du CSRP a saisi l’occasion pour rappeler l’historique de cette réforme concoctée en 2005, au sein d’un organe technique d’experts nationaux et internationaux, le groupe mixte de réflexion pour la réforme et la réorganisation de la police ( GMR 3), et qui aujourd’hui, est une réalité vivante.

Et quand le CSRP a vu le jour en 2007, la machine s’est immédiatement mise en marche avec une équipe de techniciens tous dévoués à la cause et oeuvrant sous le leadership du général Michel Elesse.

C’est ce laboratoire qui a analysé à fond la nouvelle vision de la police proposée par la société civile, et l’a adoptée moyennant quelques retouches dictées par le souci de créer un service de police moderne, apolitique, respectueuse des droits de l’homme et répondant aux standards internationaux.

Groupe thématique police constitué par le gouvernement et qui a bénéficié du soutien du ministère du Plan et de la Révolution de la modernité, le CSRP s’est imposé par la qualité des travaux réalisés en son sein, comme l’un des piliers sur lesquels s’appuie le Mécanisme national de suivi des engagements nationaux de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

A son actif, on peut épingler l’élaboration du Plan d’action quinquennal de la réforme de la police qui sera intégré dans la matrice des critères de suivi et des indicateurs de progrès de ces engagements.

Tout en dévoilant quelques avancées majeures, le secrétaire exécutif a cependant, déploré la lenteur de la réforme, malgré les assurances enregistrées quant à sa conceptualisation et sa mise en œuvre. Parmi ces avancées, il a noté entre autres, l’élaboration du cadre stratégique à long terme de la réforme étalé sur 15 ans, à dater de 2009, avec pour principales déclinaisons opérationnelles, le plan d’action triennal 2010 – 2012, le plan d’action quinquennal budgétisé 2012 – 2016,approuvé par le gouvernement et qui a servi de base de travail pour l’élaboration de la loi de programmation de la réforme promulguée en 2013, par le président de la République.

 

Des défis majeurs pour la police

 

Le chantier de dur labeur a réussi alors à franchir une étape importante, avec la conception de la doctrine de Police de proximité, une approche érigée en nouveau mode de fonctionnement de la police. Pour la nouveauté, c’est la population qui participe directement à la définition des besoins sécuritaires et à la recherche des solutions durables et globales dans un secteur déterminé, au travers des diagnostics et des plans locaux de sécurité.

Le général Michel Elesse a aussi évoqué la stratégie de communication qui voit la population s’approprier la réforme de sa police, ainsi que le cadre légal de la réforme qui a permis l’élaboration des avant-projets de lois fondatrices de la réforme et de leurs textes d’application. Il s’agit notamment de la loi organique de la police, la loi sur le statut du personnel de carrière de la police et la loi de programmation de la réforme.

Le CSRP s’est aussi fait un point d’honneur en proposant plusieurs décrets d’application qui ont été signés pour la création du Conseil supérieur de la police, du Commissariat général de la police, de la Direction générale des écoles et formations, d’un service juridique et des contentieux au commissariat général, l’élaboration du code de déontologie du policier, la mise sur pied des Conseils locaux pour la sécurité de proximité. En attente de signature, il a relevé les mesures d’application relatives à l’organisation et au fonctionnement de l’Inspection générale de la police, ainsi que des commissariats provinciaux et des unités territoriales et locales.

Dans la foulée, il a fait mention des avant-projets des décrets d’application de la loi portant statut du personnel de carrière de la PNC, particulièrement ceux relatifs à la rémunération et aux avantages sociaux du policier.

Le CSRP a abattu un travail de titan avec au niveau national, des campagnes de sensibilisation sur la vision, le processus de la réforme, la collecte des données des policiers, ainsi que la création de cellules de suivi-évaluation, le projet de modernisation de la gestion des ressources humaines et l’expérimentation de la police de proximité dans quatre provinces (Kinshasa, Bas-Congo, Kasaï occidental, Orientale et Sud Kivu).

Ce tableau brossé, le général Michel Elesse s’est enfin appesanti sur les défis majeurs  de la réforme, notamment pour l’amélioration des conditions socio-professionnelles des policiers, la maitrise des effectifs, la formation des policiers, l’extension de la police de proximité à travers tout le pays, la construction des infrastructures appropriées pour les services de police, la dotation en équipements et matériels, la maintenance des infrastructures et équipements acquis, et l’appropriation de la réforme par les policiers, la population et les autorités politico-administratives.

Pour terminer, le secrétaire exécutif du CSRP s’est dit confiant que les autorités nationales et les partenaires techniques et financiers prendront à cœur les enjeux de la réforme pour que la nouvelle vision de la police devienne une réalité.

J.R.T.