Le film « Kindoki » présenté au grand public

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kindokiLa projection en avant-première du film « Kindoki » du réalisateur congolais Mania Tambwe a eu lieu le samedi 2 octobre 2015 au cours d’une soirée ouverte au public dans l’enceinte de la chaîne de télévision B-one, dans la commune de Ngaliema, à Mbinza-pigeon. Ce court métrage de 20 minutes produit par Hilary J. Makila, est tiré d’une histoire vraie qui s’est produite en Angleterre, à Londres en 2010. Il relate l’histoire d’une mère congolaise vivant à Paris, en France et qui, suites aux difficultés financières qu’elle rencontre, se voient contrainte d’envoyer ses deux enfants Placide (15 ans) et Rosie (8 ans) vivre chez leur  tante en Angleterre. Une fois arrivé chez la tante Bibish, l’aîné est injustement accusé de sorcellerie par Patrick, le petit ami de la tante, qui se décide à se livrer à une séance d’exorcisme qui mène à la mort de Placide.

Scandalisée par ces faits, l’équipe du film a voulu soulever le débat sur cette croyance en la sorcellerie qui a traversé les frontières du pays jusqu’à atteindre l’occident, en déchirant des familles et dont les premières victimes, les enfants, laissent souvent leurs vies après avoir subi toutes formes de maltraitances.

En se limitant juste à la présentation des faits, le réalisateur Mania Tambwe et son équipe veulent, à travers cette production, soulever des questionnements au sein de toute l’opinion congolaise, afin de conduire à une véritable remise en question de la société et de ses mentalités rétrogrades en plein 21ème siècle.

Comment se fait-il que des Congolais évoluant en Europe puissent agir de la sorte, comme s’ils étaient  encore au pays ? La sorcellerie étant un problème spirituel, existe-t-il des gens habilités à déterminer qui est sorcier et qui ne l’est pas ? Quelle est la part de responsabilité du gouvernement et celle des hommes de DIEU dans cette problématique ? Peut-on imaginer la douleur d’une mère qui ne pourra plus jamais revoir son enfant parce qu’il a trouvé la mort après une accusation sans preuve ? Est-il vraiment humain de s’en prendre à des êtres faibles, sans défense, que l’on doit plutôt traiter avec beaucoup d’amour, quelles que soient les circonstances de la vie ? Doit-on demeurer insensible face à des telles pratiques ? Et s’il s’agissait de son propre enfant ?

            Ce sont là quelques-unes des innombrables questions autour desquelles les hommes et les femmes devront échanger avec les auteurs du film, après l’avoir visionné, pour essayer de trouver des réponses.

            Par cette avant-première, l’équipe du film souhaite voir l’élite congolaise,  être sensibilisée pour  offrir en retour des projections aux enfants dans les orphelinats, associations, écoles, hôpitaux pour enfants etc., le but étant d’apprendre aux enfants à se défendre par eux-mêmes et à veiller à leur comportement face aux adultes sans que ça leur porte préjudice.

            Cette contribution se veut essentielle pour faire évoluer les mentalités et de ce fait contribuer à la protection des enfants, qui composent plus de la moitié de la population de ce pays.

            Il sied de signaler qu’avant cette soirée de présentation officielle du film au grand public, les journalistes des médias de la place ont débattu du sujet  avec la grande équipe du film, au cours d’une émission diffusée en directe sur B-one, dans la matinée.

Myriam Iragi