Le feu couve sous les cendres à la RVA

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A moins d’être aveugle ou sourd-muet, le climat est malsain à la Régie des Voies Aériennes ! Il suffit d’un petit rien pour que la tension qui est perceptible à vue d’œil atteigne le sommet et le feu se répande dans tous les services de cet organisme stratégique de l’Etat, d’abord et particulièrement à l’aéroport international de Ndjili et ensuite à Ndolo. Avant de toucher, par effet de contagion et de solidarité, tous les autres aéroports nationaux de la République.

Qu’est-ce qui est à la base de cette tension ? Selon des sources proches des milieux syndicaux approchées par le Phare, cette tension est consécutive à la signature d’un contrat de cession de gestion de la nouvelle aérogare ultramoderne modulaire récemment inaugurée par le chef de l’Etat à une société commerciale étrangère. Ce contrat aurait été signé par des responsables de la RVA à l’initiative du ministre de tutelle et sans avoir obtenu au préalable l’aval des membres de la délégation syndicale et des autres membres du conseil d’administration.

 

Conflit de gestion entre le ministre de tutelle et la RVA

En effet, a indiqué un des membres influents de la délégation syndicale de la RVA qui a requis l’anonymat pour des raisons stratégiques, depuis l’inauguration de cette nouvelle aérogare ultramoderne, il s’observe une crise gravissime entre le ministère de la tutelle et les différentes directions de la Régie des Voies Aériennes ainsi que les milieux syndicaux au sujet de la gestion de ce bijou, considéré comme l’un des fleurons de la politique de la révolution de la modernité. Les différents cadres et agents locaux estiment à juste titre que la RVA dispose d’une expertise éprouvée dans le domaine de l’exploitation aérienne de par la formation de qualité de ses cadres et agents techniques et ce, dans tous les compartiments de ce secteur.

 

Des secrets d’Etat dans les mains de l’ennemi

 

Ils ne comprennent pas pourquoi les autorités politico-administratives tiennent à confier l’exploitation de ce secteur aussi stratégique à des expatriés alors que les congolais n’ont rien à leur envier sur le plan technique. De plus, non seulement ce contrat va permettre à cette société étrangère de s’infiltrer dans les secrets de ce domaine hautement stratégique pour la République mais pire, il va envoyer au chômage technique des centaines des milliers de cadres et agents congolais au profit d’une main-d’œuvre étrangère. Il n’y a pas meilleure manière de financer l’économie d’une puissance étrangère en favorisant une évasion monétaire au détriment du trésor public. Cela, au moment où le gouvernement de la République déploie des efforts considérables pour valoriser la main-d’œuvre locale et maximiser les recettes fiscales, domaniales, en vue de combattre le chômage et de répondre à la politique de la révolution de la modernité prônée par le chef de l’Etat.

Durant toute la semaine dernière, la tension à la RVA a été si vive que l’on a frôlé un arrêt de travail à l’aéroport international de Ndjili. Des réunions se tiennent sans désemparer tant au niveau des deux aéroports de la capitale que dans les bureaux de la direction générale à Ndolo. Il suffira d’une petite étincelle pour revivre une grève générale, a indiqué au Phare l’un des membres de la délégation syndicale. Dossier à suivre.                  F.M.