Le droit d’informer triomphe devant la justice sud-africaine

0
23

justice6Le procès d’Oscar Pistorius, l’athlète paralympique sud-africain amputé de deux jambes, accusé de meurtre de sa petite amie, le mannequin Reeva  Steenkamp, pourra être  partiellement couvert par les chaînes de télévision. C’est la décision que vient de rendre le juge chargé de l’affaire, en réponse à la requête des avocats de la défense, qui ne voulaient pas de la présence de la presse aux audiences, au motif que leur médiatisation risquait de porter atteinte aux droits de leur client. Le procès pourrait ainsi s’ouvrir le lundi 03 mars 2014, sous les projecteurs de la télévision, plus d’une année après le drame intervenu le 31 décembre 2012.

 Le droit d’informer que vient de conforter la justice sud-africaine devrait constituer une belle leçon de jurisprudence pour la justice congolaise, qui s’illustre souvent par la chasse à la presse dans les prétoires, le plus souvent dans le but de cacher des choses que de protéger la vie privée des citoyens. Les deux derniers cas en date qui font couler beaucoup d’encre et de salive sont ceux vécus le lundi 17 février 2014 concomitamment à la Cour Suprême de Justice et au Tribunal de paix du Pont Kasa-Vubu.

Dans le premier cas, la Haute Cour avait requis le huis clos dans un dossier de mœurs opposant le député national Adolphe Onusumba à une demoiselle prénommée Mireille Owale. Pourtant, le prévenu et la plaignante avaient été jugés publiquement, en 2012, en présence de la presse, et  avaient raconté toutes les péripéties de leur idylle amoureuse. Le huis clos était sans objet car tout se savait.

C’était pareil pour le conflit d’honoraires entre Me Idriss Shabani et son ancien client, Ernest Ifeani, dont les deux premières audiences publiques étaient couvertes par la presse, curieusement déclarée persona non grata le lundi 17 février, parce que le plaignant n’en voulait pas, sans motif convaincant.

A ce sujet, l’Omec (Observatoire des Médias Congolais) a violemment réagi, dans un communiqué daté du jeudi 20 février 2014, contre la censure gratuite exercée à l’endroit de la presse, laquelle portait un grave préjudice au droit des journalistes d’informer et à celui du public d’être informé. A la lumière de l’option que vient de lever la justice sud-africaine dans l’affaire Pistorius, l’opinion congolaise réalise que notre pays accuse encore un grand retard en matière de liberté de presse.

                                   Kimp

LEAVE A REPLY

*