Le Congo se portait mieux à l’époque de 4 provinces

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La représentation Russe à Kinshasa a commémoré le lundi 10 mai, le 65è anniversaire de la victoire de la Russie à la grande Guerre et donc la fin de la 2è Guerre Mondiale.
 L’événement, tout le monde s’en souvient, avait déjà été célébré avec faste le dimanche 6 mai sur la Place Rouge à Moscou. Mais la manifestation de Kinshasa a ceci de particulier qu’elle a permis aux invités de plonger le regard à la fois sur le sacrifice immense consenti par l’armée et le peuple soviétique d’une part, et de l’autre la contribution historique des soldats congolais à la victoire des alliés.
Ce regard n’a pas été que d’ordre militaire. Il a été aussi un important rappel historique en ce qui concerne l’administration de notre vaste pays.

 

 C’est à la faveur de l’exposition photographique réalisée par la représentation russe à Kinshasa que l’on redécouvre que les soldats congolais ont laissé des traces indélébiles pendant la guerre mondiale comme tirailleurs, fusiliers, agents de transmission, etc… aussi bien en Egypte, Abyssinie et autre Palestine. Ils y ont mené des combats héroïques et c’est à juste titre qu’on leur a reconnu un certain nombre de mérite particulièrement dans la chute de Tabora. L’ambassadeur de la Russie en RD Congo est revenu sur ces mérites dans son mot de circonstance en considérant l’ex-colonie belge comme une partie intégrante de la coalition anti-hitlérienne. Il a souligné que trois bataillons des soldats congolais avaient pris part aux combats contre le nazisme et le fascisme en Ethiopie et au Moyen Orient, et avaient contribué à la libération de l’Europe et du monde entier de la « peste brune ».  Une distinction accordée à cet effet à un soldat congolais a été rappelée. On a pu ainsi lire ce qui suit : « De 1941 à 1945, en exécution des prescriptions de l’Arrêté de son Altesse Royale, le Prince Régent en date du 30 janvier 1947 et par délégation du gouverneur Général, le commandant en chef de la Force publique, est accordée au soldat de 1ère classe-MR 40 N°15687/A Kapesa Joseph la médaille Africaine de la guerre de 1940-1945. Léopoldville, le 21/07/1947.
 S’agissant du rappel administratif, l’exposition a permis aux invités de se rendre compte, à l’heure où la bataille des provincettes fait de nouveau rage, que ce pays était bien géré et bien administré à cette époque troublée alors qu’il ne comptait que 4 provinces à savoir :  

– la province Orientale
– la province du Katanga
– la province du Congo-Kasaï
– la province de l’Equateur

 La province Orientale comprenait le Nord et le Sud-Kivu, le Maniema et l’actuelle Province Orientale. Celle du Congo-Kasaï comprenait les deux provinces du  Kasaï actuelle, le Bandundu, le Bas-Congo et Kinshasa. Le Katanga avait la même configuration qu’aujourd’hui. Il en est de même de l’Equateur.
 Du rappel des hauts faits d’armes des soldats congolais pendant la guerre mondiale, on peut tirer une première leçon : la difficulté aujourd’hui à constituer une armée digne de ce nom n’a pas d’encrage dans l’histoire de nos forces armées. Elle est la résultante des stratégies erronées touchant aussi bien à la politique d’épuration et donc d’exclusion à l’époque mobutienne, qu’à la cécité affichée en 1997 avec la promotion des Kadogos, suivie du criminel système de brassage et mixage qui a donné naissance à des officiers de pacotille dirigeant des brevetés d’état-major. Ce sont toutes ces erreurs qu’il faut obligatoirement revisiter et corriger nécessairement si on veut redonner à l’armée congolaise des lettres de noblesse qu’elle n’aurait jamais dû perdre.
 La deuxième leçon est d’ordre politique. A l’heure où les roitelets de tous bords tentent de trouver un terrain où assouvir leur boulimie de pouvoir, une démonstration éclatante est donnée que ce n’est pas la multiplication des espaces à administrer qui va apporter le développement. Ce pays se portait mieux quand il ne comptait que quatre provinces. Le vrai problème que nous avons est le choix  de véritables politiques de développement dont l’exécution doit être confiée à des compétences éprouvées. Tant qu’on continuera à faire la part belle aux stratégies clanistes dans la gestion de l’Etat, et tant que l’impunité sera érigée en règle de gouvernement, il y aura peu de choses positives à attendre. Qu’on se le dise.
Amina Chomba
(Stg/Ifasic)

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