Le Congo malade sa justice

0
27

Les flots des messages de condoléances à la famille de Floribert CHEBEYA qui ne cessent de tomber chaque jour en provenance du monde entier ont comme point commun la suspicion qui pèse sur le secteur judiciaire congolais. Une suspicion qui est confortée par l’épisode de l’arrestation controversée du député national Martin MUKONKOLE sur la base des accusations non fondées de recel, association des malfaiteurs, etc. En plus du refus manifeste opposé par le Procureur Général de la République d’exécuter une décision de la Cour Suprême de Justice. On rappelle que face au mémoire d’exception en inconstitutionnalité introduite in limine litis par la défense contestant la flagrance comme motif invoqué par le Ministère Public pour justifier l’arrestation du député MUKONKOLE, la Cour Suprême de Justice siégeant en matières pénales avait pris la décision de surseoir à statuer en attendant que la chambre constitutionnelle se prononce sur cette exception. Ensuite elle a prononcé un arrêt avant dire droit assignant à résidence surveillée le député de Kabinda et la mise en détention préventive des autres co-prévenus.

Contre toute attente et en violation de la Constitution et des lois en vigueur, à l’issue de cette audience qui s’est terminée vers 20 h 30 le lundi dernier dans la grande salle des audiences Marcel LIHAU, le Procureur Général de la République a ordonné que le prévenu Mukonkole soit maintenu à la prison de Makala. Au motif que la Cour des céans n’avait pas eu le temps de notifier les responsables de la prison de Makala. Mais depuis lors c’est le silence radio et il semble que l’on serait à la recherche d’une maison quelque part en ville pour y assigner le député Mukonkole à résidence. Entre temps, il semble que les violons ne s’accordent pas entre la Cour Suprême de Justice et le Parquet Général de la République sur le principe de la flagrance qui est à la base de l’arrestation du député de Kabinda. C’est ce qui retarderait le prononcé de la décision de la Cour Constitutionnelle.  Ce comportement a eu des effets néfastes sur la crédibilité de la Justice congolaise et c’est cela qui est invoqué par tous les organismes et chancelleries occidentales pour réclamer de enquêtes internationales ainsi que la présence des médecins légistes internationaux.

A tout le moins, de nombreux observateurs sont d’avis que le gouvernement congolais sortirait grand en acceptant la présence des experts internationaux dans cette commission d’enquêtes mixtes.

En tout état de cause, il faut éviter de traiter ce dossier comme l’a été le massacre de l’Université de Lubumbashi en mai 1990 et qui avait vu les autorités aussi bien civiles que militaires poser des actes tellement contradictoires qu’ils finirent par produire le contraire de l’effet recherché. Le régime se retrouva isolé, de sorte que toutes les guerres de libération-agression menées par la suite n’eurent en réalité aucun effort majeur à fournir pour consacrer la fin d’un régime qui était déjà mort de sa belle mort. C’est à cela que sert l’histoire : donner des leçons sur lesquelles s’appuyer pour éviter la répétition d’inutiles erreurs.

Un homme averti en vaut deux.

F.M.  

LEAVE A REPLY

*