Le Congo malade de l’impunité

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Le Congo malade de l’impunité
Les avertissements ne font que s’accumuler sur la table des décideurs congolais au sujet de l’impunité qui s’observe autour du dossier des violences sexuelles, particulièrement dans la partie Est du pays. Personnalités politiques (Hillary Clinton, Ban Ki Moon, Nkurunziza), organisations internationales (UA, UE, Onu) et Ong (Global Witness, Oxfam, Monuc…) ont déjà eu à tirer la sonnette d’alarme à cet effet. Les toutes dernières alertes viennent du Sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires Africaines, Carson, et de la Gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean.
            Toutes les voix qui s’expriment autour de la persistance des violences sexuelles voire de leur aggravation en RDC jettent dans le même sac les FARDC et les groupes armés qui écument les collines et forêts du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de la Province Orientale,  qui constituent les viviers des violeurs en armes impunis. De plus en plus, l’expression « Crimes contre l’humanité » est omniprésente dans les discours dénonciateurs des violences sexuelles.
            De tels messages ne devraient pas laisser les décideurs congolais distraits, car de nature à les placer dans une situation inconfortable si une juridiction internationale, du genre CPI (Cour Pénale Internationale) ou TPIC (Tribunal Pénal International sur le Congo), s’avisait à se saisir d’office de tels dossiers.
            L’exhortation faite aux officiels congolais de sévir lourdement contre les officiers et soldats passés maîtres dans les viols est un indice de l’exaspération des « Grands » de la planète. Que  deux dames respectables de la carrure de Hillary Clinton et Michaëlle Jean aient décidé de faire le déplacement de la RDC pour venir plaider la cause des mères et filles congolaises victimes des violences sexuelles, indiquent que le fléau a dépassé la limite du tolérable. A défaut de sanctionner et de faire cesser les viols, ceux qui sont considérés comme responsables du gâchis risquent de payer à la place des inciviques qui croient affirmer leur mainmise sur les civils en abusant de leur intimité.
            En raison de la douce mais sévère mise en garde la Gouverneure générale  du Canada, qui estime que le Congo nouveau ne peut progresser avec des femmes auxquelles les « seigneurs de guerre », officiels comme rebelles, et leurs troupes, dénient toute dignité, les architectes de la tolérance-zéro devraient penser à actionner, sans tarder, la machine de la répression et de la condamnation des violences sexuelles. Concomitamment à la sanction, des campagnes de sensibilisation des officiers et soldats sur le respect de la dignité de la femme et de la fille devraient être lancées sans tarder. Les adeptes des viols devraient être pleinement informés du caractère imprescriptible de ceux-ci, dans leur dimension de « crimes contre l’humanité », du danger qu’ils courent d’être rattrapés, tôt ou tard, par leur passé, au niveau de la justice nationale ou internationale. 
                                   Jacques Kimpozo

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