Le comité de gestion de la Linafoot se couvre de ridicule

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Les correspondants officiels du comité de gestion de la Ligue nationale de football (LINAFOOT) sont sortis de leur cachette. Les transgresseurs des règlements font tellement des bruits qu’il est devenu difficile de ne pas faire attention à leurs inepties. Par manque d’honneur et de dignité, ils ne se rendent même pas compte qu’ils sont en train de dévoiler leur véritable face, celui des tricheurs. 

            Ils doivent erronément croire que le monde du football congolais n’est peuplé que des imbéciles, incapables d’analyse lucide et de réaction intelligente. Comme ils ont toujours torturé les textes sans être sanctionnés, ils s’imaginent que rien ne leur arrivera également maintenant.

Pour les deux, à lire leur correspondance datée du 23 octobre  mais rendue publique le mercredi 3 novembre 2010, il ne s’était pratiquement rien passé du mal, le dimanche 26 septembre au stade de la Kenya, lors du match Mazembe-V.Club, à part « la bagarre que s’étaient livrés les joueurs Joël Kimwaki du TP Mazembe et Romaric Rogombe de l’AS V.Club ». On leur applique même l’article 44 point 4 du Code disciplinaire de la FECOFA (Fédération congolaise de football association) qui les suspend de 4 matches, suspension assortie d’une amende de 50 USD chacun.

            Les supporters du TP Mazembe sont classés comme agresseurs non identifiés. Rappel des faits : le dimanche 26 septembre 2010, au stade de la Kenya, à Lubumbashi, le TP Mazembe reçoit l’AS V.Club de Kinshasa, dans le cadre de la 4ème journée du tour final du 15ème championnat de la LINAFOOT. Le gardien Nelson Lukong de l’AS V.Club est lapidé au cours de la séance d’échauffement d’avant-match, tandis que son partenaire Blaise Kiaku le sera à la 11ème minute. Soins. Les arbitres assistants sont continuellement lapidés chaque fois qu’ils signalent une incorrection ou un hors-jeu contre l’équipe hôte. 85ème, Given Singuluma, en position litigieuse, sert Alain Kaluyitukadioko qui entame le score : 1-0. 88ème, Walbi Niemba Nkanu effectue une transversale pour deux de ses équipiers, en position plus avancée, dont Mfongang qui marque de la tête : 1-1. Dès que l’arbitre Didier Mvibudulu siffle la fin de la partie, il est pris en chasse, avec ses collaborateurs, par des supporters du TP Mazembe, conditionnés toute la semaine par des discours de haine (la délégation des « Corbeaux » à Kinshasa, le mercredi 22 septembre, à l’occasion de la 3ème journée de la même compétition, aurait été malmenée, des blindés auraient été déployés pour les intimider, selon une fausse déclaration du joueur Trésor Mputu, sur l’écran de Nyota tv). Pendant ce temps, le stopper Joël Kimwaki Kinkela du TP Mazembe pourchasse l’ailier droit de l’AS V.Club, Romaric Rogombe, qu’il empoigne et qui lui abandonne sa vareuse en se dégageant de ses mains. Une lapidation en règle des joueurs véclubiens est instaurée par des ultras. Lubanzadio atteint aux côtes, s’affaisse. Le secrétaire sportif du TP Mazembe, Ngoie Sendwe essaie de barrer la route aux forcenés. Il est trop seul. La colère collective étant trop vivace, la sauvagerie est telle qu’avec un sang-froid diabolique, des jets de pierres sont adressés directement  sur des acteurs vert et noir blottis dans leur abri. Pour y échapper, les cibles courent chercher protection auprès de quelques policiers, munis des boucliers, au centre du terrain. Comme l’agression est générale, c’est la débandade. Un homme gît au sol au niveau du virage des populaires de Lupopo et Mazembe qu’iront plus tard transporter des éléments de la Croix Rouge. Un jeune homme d’une trentaine d’années est décédé, selon le rapport du Général Raphaël Tshibumbu de l’Inspection provinciale de la Police Nationale du Katanga, en même temps qu’il annonce que le pare-brise d’une jeep de commandement  a volé en éclat, un Major a été blessé ainsi qu’un autre agent de l’ordre. Une baie vitrée de la cabine de reportage radio-télévision est brisée. Le bus ayant transporté la délégation de la formation kinoise est brûlée au parking. Les consœurs Mimi Fayil et Lilas Nyota Onema de Mwangaza tv sont violentées et dénudées après l’arrachage de leurs appareils cellulaires.

 L’Association des journalistes sportifs du Congo (AJSC), section Katanga, choquée, décrète un embargo de trois mois sur toutes les activités du TP Mazembe à dater du 1er octobre, demande la suspension d’un confrère œuvrant  dans Nyota tv et chargé des communications du TP Mazembe pour avoir incité la population à la haine avant la rencontre Mazembe-V.Club, projette d’organiser une marche de protestation suite aux sévices physiques subis par ses membres lors dudit match contre lesquelles une action en justice sera menée pour réclamer réparation en particulier pour le traitement dégradant dont avaient été victimes les deux consoeurs.

            Les images projetées par Jua tv, le lundi 27 septembre, à Lubumbashi même et reprise abondamment sur les chaînes kinoises, sont formelles. L’intention de tuer était manifeste. Aussitôt, a été décrétée la suspension du résultat par le comité de gestion de la LINAFOOT.

            Le texte de la décision prise sur ces incidents graves et confectionnée par un juriste, le secrétaire national de la LINAFOOT et conseiller de l’actuel ministre des Sports, énerve les consciences par son manque de droiture, d’équité et d’honnêteté. Il affirme : « Le comité statuant en qualité d’instance juridictionnelle qualifie le comportement coupable des supporters de Mazembe d’une agression collective au regard des infractions commises dans l’enclos du stade dont les auteurs restent non identifiés et de l’absence d’un autre groupe en face pour répliquer ». Ceci tombe sous le coup de l’article 45 du CDF : « Lorsque, en cas d’agression collective, il n’est pas possible d’identifier l’auteur (ou les auteurs) des infractions commises, l’autorité sanctionnera le capitaine et le club dont dépendent les agresseurs. Lorsque, en cas d’agression collective, il n’est pas possible de déterminer la responsabilité exacte de chaque participant, l’autorité considèrera tous les participants identifiés comme auteurs des infractions commises ». Disposition qu’il renforce inutilement par l’article 67 : « Les autorités juridictionnelles en matière de discipline peuvent qualifier les fautes qui ne figurent pas dans le présent Code et suppléer à ses lacunes de répression » ainsi que l’article 13 : « La mise en garde est un rappel du contenu d’une règle de discipline associé à la menace d’une sanction en cas de nouvelle infraction ». Cela relève de l’art de la complication inutile.

            L’article 80 sur « un club qui répond du comportement des supporters, notamment jet de projectiles, envahissement de l’aire du jeu, violation de la zone neutre, attitudes inconvenantes et slogans obscènes ou humiliants » contre lequel est simplement payée une amende correctionnelle de 300 USD minimum, n’est utilisé que pour des faits mineurs ou anodins. Imaginer qu’il n’y a incidents graves que quand deux groupes se donnent la réplique, est une interprétation voulue pour embrouiller et même pour étaler sa mauvaise foi. Pour le législateur, la bagarre généralisée – que le comité de gestion de la LINAFOOT réduit à l’« échange des coups », selon le dictionnaire Robert Micro, consulté pour le besoin de la cause – qualifiée d’incidents graves dans l’article 44 point 2 du CDF et provoquée par un officiel ou des supporters dans les installations sportives avant, pendant et après le match, est celle décrite dans le Rappel des faits. Conséquence : suspension préventive du résultat, perte des recettes du match concerné, déduction de 3 points sur ceux déjà acquis, forfait à l’équipe fautive, poursuite judiciaire des agresseurs, etc.

En ce qui concerne la prétendue bagarre entre Kimwaki et Rogombe, le Code disciplinaire de la CAF (Confédération africaine de football) renseigne dans son article 117 sur les Voies de fait que « n’est pas punissable celui qui se borne à repousser une attaque, à défendre autrui ou à séparer les parties »,. Pourquoi, si cela n’était pas vrai, le président de la LINAFOOT avait-il prétendu avoir peur de l’extension des peines au niveau de la Ligue des champions de la CAF pour Mazembe si Kimwaki – qu’il n’avait jamais cité, il faut le reconnaître – n’était pas fautif ?

            En gros, prétendre aujourd’hui que « la suspension qui frappait le résultat du match Mazembe-V.Club du 26.9.2010 a été levée pour raison d’enquête avant de statuer », c’est de la distraction cynique. D’ailleurs, dans son site (voir l’encadré) ; le TP Mazembe bat en brèche toutes les élucubrations. Moïse Katumbi Chapwe couvre, à sa manière, de ridicule le peu de considération que les gestionnaires de cette entité sportive ont du football congolais par leur manque de personnalité. En instaurant l’impunité par le refus de sanctionner des cas avérés de flagrance, la Linafoot rissque de regretter plus tard le retour de la manivelle.  

SIKI NTETANI MBEMBA

 

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