Le colonel Jean François Kitoko aux arrêts

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Kinshasa, la capitale, a été dernièrement le théâtre de plusieurs cas de braquages, aussi bien des véhicules que des agences de transfert de fonds. Des bandes de voleurs à main armée sont partout citées comme étant les auteurs de ces méfaits qui interpellent tous les services de la police. Au sein de ces bandes, il est fait état de la présence massive des éléments incontrôlés et autres qui apportent des armes, telles que des Uzi, Aka 47, Kalaschnikov et autres GP de calibre 9 millimètres.

 Interpellé en premier lieu par la recrudescence de cette forme de criminalité, l’inspecteur général de la PNC a.i. a décidé que soient mobilisées toutes les unités spécialisées de la police pour mettre fin à l’insécurité et traquer ces inciviques qui procurent des sueurs froides aux Kinois.
 Dans le domaine de la lutte contre le banditisme urbain, l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa a toutes les bonnes raisons du monde de fonder tous ses espoirs sur le Bataillon de la police d’investigations criminelles qui depuis sa création, s’est toujours distingué en neutralisant les bandes les plus redoutables et les ténors de la pègre kinoise. Ses exploits font école.
 Voilà pourquoi grâce à l’encadrement de l’inspecteur divisionnaire adjoint Jean de Dieu Oleko, les limiers de ce bataillon déployés à travers la ville de Kinshasa, ont réussi à découvrir les traces d’une bande qui avait laissé ses empreintes dans plusieurs braquages.

 A la tête de ce groupe de malfaiteurs, un officier supérieur est pointé du doigt. Il est cité comme celui qui donne des ordres, planifie toutes les opérations de braquage et supervise le partage des butins.
 L’homme, c’est le colonel Jean François Kitoko Sumbu, matricule 00465/K,  carte biométrique 16 380 4536 – 57.
 Même les enquêteurs ont dû auparavant émettre beaucoup de doute avant de décider enfin de l’appréhender. Mais ce sont deux de ses acolytes, le premier sergent Idi Ndongala, matricule 00120, et son collègue premier sergent Mudimbi Munganga, qui l’ont trahi, le présentant comme leur chef de bande et avec qui ils ont réalisé beaucoup de braquages dans la capitale.
 Pire, quelques victimes en visite à l’état-major du Bataillon de la police d’investigations criminelles pour suivre l’évolution des enquêtes, n’ont pas eu beaucoup de difficultés pour reconnaître le colonel Jean François Kitoko placé en garde en vue et soumis à un interrogatoire.
 C’est en compulsant les anciens fichiers de cette unité que les services d’enquête se sont rappelés que le colonel Kitoko avait été arrêté en 2006, pour avoir perpétré au quartier Basoko, le braquage de M. De Winne, directeur général de la société de vente des véhicules de marque Leyland. Avec sa jeep Range Rover, la bande a opéré une demi-heure plus tard, sur avenue O.U.A., un hold up à l’agence de transfert des fonds «  Amis fidèles » où les brigands ont réalisé 20.000 dollars de butin. A cette époque-là, Kitoko n’était alors que major. 
 A l’actif de sa bande, le braquage de «  Amis fidèles » et des voitures
 Nous apprenons d’une source, que la nouvelle bande du colonel Kitoko, a été constituée depuis le mois d’octobre 2010, mois de sa libération de la Prison centrale de Makala où il purgeait une peine de servitude pénale principale pour vols à main armée.

A l’actif de ce groupe des malfaiteurs, une série des braquages.
 Les premiers sergents Idi Ndongala et Mudimbi Munganga qui sont aux aveux, ont retracé leur périple criminel de cette année et livré un échantillon.
 Le 22 janvier 2011, vers 19 H 30’, Mme Sylvie Kabongo Mukaka au volant de sa jeep Prado immatriculée 0895 AC/ 01, est braquée par cinq bandits, sur avenue Badjoko n°49, quartier Matonge, commune de Kalamu. Le colonel Kitoko était présent, reconnaîtra la jeune dame encore traumatisée. Le 6 février 2011, à 22 H 30’, M. Malundama Mangwa débarquait un ami sur la Place commerciale, 7 ème rue Limete. Soudain, cinq gaillards ceinturent sa voiture Toyota Corolla, immatriculée KN 5651 BD et s’engouffrent à bord. Destination, aéroport de Ndolo. La victime sera débarquée sur l’avenue du Militant, à Limete, non loin des bureaux de l’agence en douane Generalco. C’était à côté d’une jeep Suzuki garée au bord de la chaussée. A l’intérieur, ils avaient oublié une arme et qu’ils ont vite récupérée.
 Enfin, le 3 mars 2011, vers 19 H 45’, la même bande a braqué sur avenue Kabalo n° 134, commune de Kinshasa, le chauffeur Blaise Kabwe qui conduisait la Nissan Sunny portant plaques EQ 1306 BD, de couleur blanche.
 Lors des investigations, les limiers du Bataillon de la police d’investigations criminelles sous la direction du commandant bataillon intérimaire Innocent Matata Mbembe, sont parvenus à retrouver les traces de la voiture Toyota Corolla. Cette berline, comme il faudrait le signaler, avait été acheminée à Boma où la bande avait changé la peinture, les plaques d’immatriculation et des sièges intérieurs. L’acheteur qui l’avait acquise à 5.000 dollars l’a ramenée sans le savoir à Kinshasa.
 Il faut être limier du Bataillon de la police d’investigations criminelles pour découvrir que la Toyota Corolla de couleur bleue immatriculée CGO 3771 AC/10 qui exploitait le taxi dans les rues de Kinshasa, était une voiture volée.
 Aujourd’hui, les deux voitures Nissan Sunny EQ 1306 BD et la Toyota Corolla KN 5651 BD sont exposées devant l’état-major de cette unité spécialisée et constituent des pièces à conviction qui témoignent de la dangerosité de la bande à Jean François Kitoko.
 Ce coup de filet a été salué avec beaucoup de soulagement par les populations kinoises qui ne savent pas à quel saint se vouer au moment où leur ville est en proie à une forte criminalité entretenue par des hommes en armes. Dans certains milieux, on n’a pas tari d’éloges à l’égard des limiers de  cette unité spécialisée qui bien que fortement handicapée dans ses moyens d’action, a réussi un exploit particulier en neutralisant la bande au colonel Kitoko.
 Aujourd’hui, dépourvu de tout moyen de locomotion en bon état de marche, ce bataillon n’est pas en mesure de poursuivre comme il se doit, ses missions de lutte contre le banditisme urbain. Sans véhicules, comment peut-on pourchasser des bandes des malfaiteurs qui recourent aux voitures volées pour leur mobilité ?
 Cette question mérite d’être vite résolue, surtout que les groupes résiduels des malfaiteurs écument encore les quartiers périphériques de la ville où l’accès n’est possible qu’à l’aide des engins touts terrains.
                                 J.R.T.    

1 COMMENT

  1. Je voudrais prêter main forte à cette unité je vis en Europe et prête à aider un un jeep tout terrain si vous m ’ exempte la douane colossale congolaise merci voici mon nr 0032489298484

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