Le Club Nyiragongo persiste et signe : le plan d’extermination des Hutu est l’oeuvre d’un lobby Nande

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La Communauté NANDE a beau s’insurger durement contre les accusations du «Club Nyiragongo», elle ne fournira point un démenti convaincant, et cela pour plusieurs raisons dont les plus accablantes sont:

1) Le «Club Nyiragongo», traité d’organisation obscure et d’avocat sans mandat, est une corporation de droit congolais, faisant partie de la société savante congolaise et dont les publications scientifiques ont déjà franchi les frontières nationales. C’est en cette qualité qu’elle est toujours intervenue pour défendre, non seulement les intérêts de la communauté hutu dont elle émane, mais aussi les intérêts provinciaux, chaque fois qu’ils sont menacés. Lorsque le Président de la communauté Nande traite cette organisation de «jeunesse irresponsable », il fournit une preuve suffisante de l’existence au sein de la communauté Nande des vieillards qui embrigadent la jeunesse et ne sont pas du tout tournés vers l’avenir que représente celle-ci. Pour information à Monsieur le Président de la Communauté Nande ou Yira (comme vous le voulez), il existe une organisation qui réunit toute la jeunesse de la Province du Nord Kivu, sans aucune forme de discrimination, et qui constitue un excellent cadre d’échanges interculturels. C’est ce genre de plateforme dont nous avons besoin pour le meilleur avenir de toutes les filles et les fils de la Province. Nous, la jeunesse, ne souhaitons pas voir le passé emprisonner l’avenir. Nous croyons fermement que votre esprit peut encore maîtriser votre langage et vos passions corporelles. Les écrits de cette corporation sont suffisamment documentés et n’ont donc pas été produits à tout hasard. Sinon, il nous aurait présenté la preuve du contraire des faits évoqués.

2) L’histoire des tueries massives dans la province du Nord-Kivu remonte à 1962 et non à 1994. Et cela, on ne cessera jamais de le souligner, c’était sous la responsabilité d’un fils Nande, Monsieur Denis PALUKU, alors Gouverneur du Kivu. La cible était connue: tout locuteur de « kinyarwanda » et la guerre porta le triste nom de « kanyarwanda». Ça, ce n’est pas une invention du «Club Nyiragongo», mais plutôt un fait gravé dans l’histoire du Congo! En 1993, au mois d’octobre, massacre de Ntoto, dans le Walikale, les tueurs qui ont lancé l’attaque sur des paisibles villageois Hutu agissaient sous une identité claire et nette : les INGILIMA. Et cela encore se produisit sous le mandat d’un fils Nande, Monsieur KALUMBO MBOGHO, alors Gouverneur du Nord-Kivu, qui se rendit tristement célèbre par le slogan « Mpaka Gisenyi» (entendez « Chassez les Hutu jusqu’à Gisenyi »). Ceci encore n’est ni l’invention du «Club Nyiragongo», encore moins un fait juridiquement réfutable, car cela fait partie de l’histoire immédiate du Nord-Kivu!

3) Que dire encore aujourd’hui sous la gouvernance de Monsieur Julien PALUKU, un fils Nande, dont le bilan actuel s’évalue en nombre de Hutu tués atrocement par milliers et qui peuplent actuellement les camps des déplacés? Il convient de relever ici le même discours de haine contre le Hutu qui a prévalu en 1962 et 1993 qui continue à prévaloir dans le langage de la  Communauté Nande congolaise, devenue, pour ce faire, championne de la xénophobie (est-ce une simple coïncidence?)

4) Lorsque, dans la nuit du 1er au 02 juin 2015, des tueurs Nande agissant sous le commandement de Célestin Kambale, ont attaqué l’aéroport de Goma et égorgé des éléments de la Garde Républicaine, était-il question des prétendus tueurs Hutu, et encore moins les FDLR/Interahamwe? Où ont-ils été formés à l’usage des armes à feu et aux pratiques de tuer à la hache et à la machette? La réponse est à trouver dans le point suivant.

5) Qui oublie en effet que c’est dans la résidence du regretté Honorable KENDAKENDA que fut trouvée une cache d’armes qui alimentait les miliciens opérant en territoires de Beni, Lubero, Rutshuru et dans la ville de Goma ? Voilà le véritable distributeur d’armes pris la main dans le sac et agissant pour les idéaux de sa communauté. Ses complices sont encore aujourd’hui à l’oeuvre et ils sont connus car agissant à découvert au vu et au su des médias. Nous regrettons sa disparition mystérieuse. Il nous en aurait dit plus sur les plans des agitateurs au sein de la Communauté à laquelle vous présidez.

6) Concernant les massacres de MIRIKI et BULEUSA, le détonateur est connu; le discours incendiaire (disponible sur support audio et visuel) de l’Honorable Venant TSHIPASA, relayé par l’Honorable Bonane LUSENGE et Télesphore KARONDE, président de Kyaghanda/Nord-Kivu et autres leaders Nande. Confondre les massacres de Beni à ceux de Miriki et Buleusa revient à brouiller les pistes des enquêteurs, car il est notoirement connu que ce sont des ADF/NALU, par ailleurs Nande, qui en sont responsables. Des rapports assez documentés existent à ce sujet. En effet, qu’est-ce qui expliquerait le fait que des paisibles citoyens à Beni périssent dans une zone complètement habitée par leurs frères et totalement purifiée de la présence des Hutus?

Le problème entre les Hutu et les Nande n’est pas un problème ethnique et tribal. C’est un problème politique tout court. Il ne surgit que lorsqu’il y a un événement politique majeur qui se pointe à l’horizon, et plus particulièrement lorsque le pays se prépare aux élections. Deux raisons expliquent alors la montée de la tension aujourd’hui. D’abord, l’égoïsme de l’élite Nande qui n’épargne rien pour se tailler la part du lion dans la gestion des affaires pourtant publiques de la Province après les élections. Ensuite, le tribalisme qui constitue le moyen le plus certain pour y arriver. Comprenez ici que cette élite a réussi à faire du discours de la haine ethnique le seul critère pour se faire élire au Grand Nord, contrairement à toute éthique politique. Cela n’est pas sans raison, car la politique détermine qui accède à quoi, quand, où, et le  «comment» constitue le problème actuel.

Cessez donc de distraire et de manipuler l’opinion publique nationale en général et celle du paysan pacifique Nande que nous connaissons particulièrement, car les ambitions machiavéliques de l’élite Nande pré-datent les actes désespérés des FDLR auxquels le Président de Kyaghanda, l’Honorable Bonane Lusenge, le Sénateur Venant Tshipasa et le Gouverneur Provincial Monsieur Paluku Kahongya principalement font recours aujourd’hui quand il faut un alibi pour justifier des crimes. Les Nande et Hutu qui ont perdu leurs vies sont victimes des crimes dont les précités sont responsables. Nous exprimons nos profondes condoléances à toutes les familles éprouvées.

Avant de conclure et pour étayer cet argument, le Club invite l’opinion à faire ce triste constat: le Munande congolais a un problème de cohabitation avec les autres ethnies, et c’est là le véritable problème qui est à la base du drame qui endeuille la province du Nord-Kivu. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur la cartographie de l’administration provinciale: Dans les territoires dits « des Bahutu» (Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et la ville de Goma), les Nande y travaillent paisiblement aux côtés des Hutu et autres groupes ethniques de la province et d’ailleurs. Ce qui n’est pas le cas dans les territoires de Beni, Butembo et Lubero où l’Administration publique est exclusivement mono-ethnique !

Sur le plan des affaires, c’est encore pire: aucun non Nande ne peut oser exercer un commerce dans ce qu’ils appellent «Grand Nord» ; et si par aventure, cela arrivait, la population reçoit un mot d’ordre de ne pas acheter ou vendre à ce non originaire. Le Club Nyiragongo met à défi quiconque apporterait un démenti à cette affirmation.

Cette situation des territoires conquis dans une République doit définitivement cesser et laisser la place aux lois qui organisent les mouvements des populations ainsi que l’exercice du commerce reconnu à tout citoyen congolais. .

Pour terminer, au lieu de se concentrer sur le contenu des déclarations du Club Nyiragongo, le Président de la Communauté Nande congolaise a versé dans la passion en s’en prenant à une structure officiellement reconnue et qu’il diabolise à souhait. Les décomptes macabres qu’il fait sur le nombre de morts Nande occulte bien sûr les milliers de victimes Hutu morts par armes blanches ou à feu, ou encore condamnés à l’errance et aujourd’hui sans espoir de retrouver leur logis. Il a été incapable de citer un seul camp des déplacés Nande. Au fait, ce camp peut-il exister, pour quelle raison? Le fantôme FDLR Interahamwe que les Nande brandissent pour justifier leurs forfaits est un bluff destiné à flouer l’opinion.

Fait à Kinshasa, le 04 mars 2016

Pour le Club Nyiragongo,

Me Innocent SEGHOBE, Président