Le « Chairman » refuse de mourir

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En dépit du fait que tous les indicateurs sont jusque-là au rouge au niveau de la Cour Pénale Internationale (CPI), Jean-Pierre Bemba Gombo refuse de  » mourir  » politiquement. La surprise du dernier week-end a été l’annonce de sa candidature à la présidence de la République, alors que les magistrats chargés de son dossier judiciaire sont en vacances, jusqu’à la mi-août.

Tout le monde sait qu’à la reprise du procès, ce sera la poursuite du défilé des témoins à charge, avant que n’intervienne, à une échéance encore difficile à préciser, celui des témoins à décharge. Quant au verdict, son prononcé est exclu en 2011. Mathématiquement parlant, à la lumière du calendrier électoral, le  » Chairman  » n’a aucune chance de remplir les formalités exigibles pour se porter candidat à la magistrature suprême en République Démocratique Congo.

Compte tenu de sa situation politique et juridique, l’on peut se demander à quelle fin l’on a lancé, en direction de l’opinion tant nationale qu’internationale, une candidature à la présidentielle visiblement disqualifiée avant d’avoir été formulée. Selon les analystes politiques, Jean-Pierre Bemba n’ignore pas qu’il est non partant pour l’élection présidentielle toute proche. Mais, s’il a tenu tout de même à se rappeler à la mémoire collective, en marge du Congrès, de son parti, lequel ntrôle s’est déroule sur fond de la fronde d’une partie de cadres actuellement en froid avec la nouvelle direction politique, c’est sans doute pour galvaniser les troupes et interpeller ses alliés de l’opposition.

Le message de Jean-Pierre Bemba se veut un rappel implicite aux candidats de l’opposition à tous les niveaux des scrutins que le MLC (Mouvement de Libération du Congo) aurait son mot à dire dans la bataille des urnes. En clair, c’est à lui que va revenir le droit, le moment venu, de donner les consignes de vote pour les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, sénatoriales, urbaines, municipales et locales.

Maître du jeu politique même à partir du quartier pénitencier de La Haye, Jean-Pierre Bemba fait savoir à quiconque serait dans le doute qu’en réalité, son parti n’est pas preneur pour la présidentielle mais que son désistement devrait s’obtenir en contrepartie d’une alliance de gouvernement ou de majorité parlementaire. La barre est placée très haut pour ses partenaires politiques potentiels désireux de le voir s’effacer.
C’est aussi un avertissement aux cadres du MLC, désormais fixés sur l’interdiction tacite leur faite de se déclarer candidats éventuels à la magistrature suprême du pays. S’ils ont des ambitions politiques, elles devaiebnt s’arrêter aux étages inférieurs.

Le  » Chairman  » voudrait également apaiser les troupes tentées de penser qu’il a renoncé à son combat politique visant l’alternance au pouvoir. Dans l’entendement du président national du MLC, cadres et militants devraient batailler dur pour peser de tout leur poids sur les prochaines échéances électorales. Bien que privé de liberté, Jean-Pierre Bemba veut montrer à tous qu’il garde le moral très haut et qu’il détient, entre ses mains, des cartes décisives pour contrôle de la prochaine législature.

Kimp

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