Le cardinal Monsengwo mobilise la jeunesse

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En cette année électorale et face à plus de 50.000 jeunes catholiques réunis au stade des Martyrs pour le Dimanche des rameaux, l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, a tenu à sensibiliser les jeunes pour un vote responsable.  Le cardinal sait d’avance que les politiciens feront circuler  l’argent pour se faire élire. Il prend les devants pour conscientiser les jeunes à faire un vote responsable, à voter en âme et conscience pour un meilleur avenir pour le pays. En sa qualité de père spirituel de l’archidiocèse de Kinshasa, Il a saisi cette opportunité pour dénoncer « la société permissive qui cultive le vice et la corruption. »
Il a exhorté les jeunes à faire la fierté de Jésus-Christ et non sa honte en laissant de côté certaines antivaleurs qui n’honorent pas les chrétiens.  Ci-dessous le message du cardinal à la jeunesse catholique.

Chers jeunes,
1.         Nous voici réunis pour notre grand rassemblement annuel. Je vous remercie d’être venus très nombreux à cette quatrième rencontre avec l’Archevêque. Je vous suis reconnaissant de l’avoir bien préparé dans vos paroisses, vos mouvements, vos écoles autour du thème « Jeunes pour la cohérence chrétienne » : jeunes chrétiens et catholiques, vous voulez rejeter les antivaleurs, vous voulez vous démarquer des autres, grâce aux valeurs évangéliques, grâce à la lumière du Christ.
Chers jeunes,
2.         Nous sommes venus acclamer le Christ Sauveur. Comment pourrions-nous en toute conscience l’acclamer, si nous ne suivons pas les valeurs de vie qu’il nous a laissées dans l’Evangile, et que nous vivons les antivaleurs d’une société permissive, d’une société qui cultive le vice et la corruption ? Aurions-nous la conscience tranquille en disant : Sauve-nous, Seigneur, Hosanna, Hôsannah ? Non, chers jeunes, faisons honneur à Jésus Christ, ne lui faisons pas honte.
3.         Nous lui ferons honte, si notre  vie n’est pas conforme à nos engagements de baptême : c’est-à-dire si nous ne renonçons pas à Satan, à ses tromperies et ses promesses fallacieuses, au pouvoir qu’il nous promet si nous l’adorons, au talisman dont nous nous affublons pour réussir aux examens.
4.         Nous lui ferons honte, si nous gagnons nos points d’examens en payant nos professeurs, ou en payant de notre corps. « Chance eloko mpamba », entend-on.
5.         Nous lui ferons honte, si nous gagnons notre pain non pas à la sueur de notre front, mais par le vol à main armée, en faisant le kuluna.
6.         Nous lui ferons honte, si nous ne respectons pas le bien des autres. « Bato ba loboko molai ».
7.         Nous lui ferons honte en fumant du chanvre et en ne résistant pas à la tentation du « supu na tolo », de la noix de cola.
8.         Nous lui ferons honte, si nous accusons faussement, par pure jalousie, nos compagnons de classe et leur faisons subir injustement des punitions non méritées.
9.         Mais nous ferons la fierté de Jésus, si à la maison nous obéissons aux parents, si nous aidons nos frères et sœurs et que nous partageons volontiers avec eux les petits cadeaux que nous recevons.
10.       Nous ferons sa fierté, lorsque nous allons à la messe du dimanche et, si possible, pendant la semaine.
11.       Nous ferons sa fierté, lorsqu’à l’école ou dans la rue nous nous abstenons d’injurier nos compagnons ou de nous battre avec eux.
12.       Nous ferons sa fierté lorsque nous nous privons de quelque chose pour le donner à un ami plus pauvre qui n’a rien. 
13.       Nous ferons sa joie et sa fierté, si à la fin des cours nous nous arrêtons un instant dans l’Eglise pour lui dire bonjour et nous entretenir avec le Seigneur.
14.       Nous ferons sa fierté, si après les heures de classe, nous rentrons promptement à la maison,  pour être utile à nos parents et à nos frères et sœurs sans traîner inutilement en chemin.
Chers jeunes,
15.       Sachez que Jésus veut résoudre vos problèmes, ceux de votre famille et de toutes les personnes que vous aimez. Il vous demande de lui faire confiance, de ne jamais l’abandonner s’il donne l’impression de rester sourd à vos appels. C’est alors que vous avez le plus besoin de lui et de l’invoquer, car il met votre foi à l’épreuve. Tenez bon. Il est là et vous écoute, prêt à vous donner plus que vous n’osez demander.
Chers jeunes,
16.       En ce Dimanche des Rameaux, le Seigneur Jésus fait son entrée triomphale à Jérusalem, où pendant une semaine il va endurer des souffrances horribles. C’est par la souffrance que Jésus devient Roi, parce que ces souffrances signifient le grand amour qu’il manifeste à l’humanité. Aussi lorsque Jacques et Jean lui demandent de s’asseoir l’un à sa droite et l’autre à sa gauche, il leur demande : « Pouvez-vous boire  le calice que je vais boire ? » (Mt 20, 22). Nous aussi, c’est par la souffrance, acceptée librement et associée aux souffrances du Christ, que nous pouvons comme lui et avec lui, sauver le monde. Que Jésus nous fasse comprendre le sens de la souffrance dans la vie de l’homme.
17.       Et vous, jeunes de 18 à 35 ans, préparez-vous à voter de manière responsable. Je vous exhorte à suivre la formation civique et électorale donnée dans vos paroisses.
18.       En criant « Hosanna au Fils de David », reconnaissons en Jésus notre Roi, notre Sauveur et notre Rédempteur qui est venu nous sauver de la mort et nous donner la vie. Chers jeunes, soyons les amis de Jésus !

Bonne fête des jeunes à vous tous et que Dieu vous bénisse. Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA
 Archevêque de Kinshasa    

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