Le Cardinal L. MONSENGWO PASINYA aux Catholiques de Kinshasa : «La Résurrection de Jésus signifie un engamenet collectif pour combattre le mal, le vice, la perversité et les structures de péché…»

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Msg MOSENGO CARDINALA l’occasion de la fête de Pâques, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, a présidé un grand culte religieux à la Cathédrale Notre Dame du Congo, hier dimanche 20 avril 2014. Dans son homélie de circonstance, il a rappelé le sacrifice suprême consenti par Jésus-Christ en vue de racheter l’humanité du péché. L’autre sens de la résurrection, c’est le combat du Fils e Dieu contre le mal, la guerre, la pauvreté, les inégalités sociales, l’injustice, bref les antivaleurs de nature à rendre l’homme malheureux.

1. La Résurrection de Jésus Christ appelle la résurrection de tout homme, et de toute l’humanité. Car la Résurrection de l’homme Jésus dans sa gloire est signe que la mort est vaincue et, avec elle, tout ce qui mène à la mort, tout ce qui diminue la vie de l’homme. La mort n’a plus le dernier mot. C’est la vie, et la vie en plénitude que le Christ est venu nous donner (Jn 10, 10). Cette vie en plénitude, le Christ Jésus l’inaugure en ressuscitant ; en ne restant pas prisonnier des forces de la mort. (cfr 1 Cor 15, 20).

2. L’Ecriture Sainte nous l’enseigne. Elle emploie à cet effet plusieurs figures, tellement cette réalité est riche. Ainsi Saint Jean dans l’Evangile de ce jour (Jean 20, 1-9) nous dit que par sa résurrection, Jésus transcende le temps et l’espace. Désormais, il rejoint dans son œuvre rédemptrice les hommes de tous les temps et de tous les espaces. Son œuvre a sauvé et racheté tous les hommes. Jésus Christ n’est plus soumis au temps ni à l’espace.

3.       Luc nous dit en termes similaires. Jésus ressuscité est désormais le Christ de la foi. Il est rentré auprès du Père d’où il était venu. Il reste cependant présent parmi nous sous une autre forme : son action nous atteint par l’ordre sacramentel : l’Eucharistie, la fraction du pain et la parole (intelligence des Ecritures) (Jean 20,9 ; cfr Jean 19, 34 ; Lc 24, 25-27.30.35), la communauté de foi (cfr Mt 18, 19-20).

4.       L’ordre sacramentel, c’est la vérité que Paul affirme quand il dit que, par le baptême, nous mourons avec le Christ, pour ressusciter avec lui dans la vie nouvelle (Romains 6, 3-6). Cette vie nouvelle, c’est la mort du péché et du vieil homme en nous, pour marcher dans la nouveauté de vie, en recherchant « les réalités d’en haut et non par celles d’en bas » (Col 3,1). Ce qu’il exprime par « purifiez-vous des vieux ferments » ( 1Co 5,7). C’est-à-dire « la perversité et le vice, mais avec du pain non fermenté, la droiture et la vérité » (Col 3,8).

5.       Tous les lieux (théologiques) de présence du Christ Ressuscité n’ont de sens que s’ils continuent sa mission salvatrice de donner la vie en plénitude, autrement ils contrediraient la vérité de cette présence. Tous ces lieux font partie du combat de Jésus Christ contre la mort et tout ce qui entraîne à la mort. Mentionnons les sacrements : les engagements du baptême, l’Eucharistie dans notre vie (incorporation au Christ et concorporation avec les autres), la fraction du pain, la communauté : ils doivent tous travailler à promouvoir la vie et réduire les germes de mort.

6.       C’est le combat de la justice, du développement intégral solidaire et de la paix ; le combat contre la guerre, le conflit, et l’armement, le combat de la charité dans la vérité, le combat contre les égoïsmes de tout genre, le combat contre les inégalités et les déséquilibres dans la société, le combat pour les politiques économiques justes et susceptibles d’éliminer les maladies et les handicaps, de vaincre la pauvreté et surtout la misère, dont la plus grande est l’ignorance. D’où une politique rationnelle de l’école pour tous pour une vraie éducation de l’enfant, des jeunes et des adultes…

7.       C’est dire que Pâques, c’est une fête pleine de joie, parce que la résurrection du Christ signifie un engagement collectif pour combattre le mal, le vice, la perversité et les structures de péché afin de s’engager au bien avec énergie et détermination. Pâques, c’est la certitude de la victoire, parce que le Christ est victorieux. La victoire du Christ est la nôtre. La Résurrection du Christ est la garantie de la résurrection de l’humanité.

8.       C’est pourquoi, « la Résurrection de Jésus n’est pas la fin heureuse d’une belle fable, ce n’est pas le « happy end » d’un film, mais l’intervention de Dieu le Père et précisément lorsque se brise l’espérance humaine, au moment où tout semble perdu…. (Pape François, Message pour Pâques).

9.       Cette espérance ne trompe pas, car « l’Amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5). Puisque Jésus nous a aimés d’un amour désintéressé, mourant pour nous quand nous étions pécheurs (Rom 5, 8), nous sommes certains que maintenant que nous sommes sauvés par sa mort, nous serons justifiés par Dieu. Puisse cette espérance et cet Amour nous accompagner tout au long de notre vie et nous inciter à aimer Dieu en retour. Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, mère du Ressuscité, nous protéger et nous assister dans notre marche.

10.     Je vous souhaite à tous de joyeuses Pâques qui fassent de nous des promoteurs de vie, dans la justice, la vérité et la paix.

11.     Joyeuses Pâques à tous (es). Avec mon affectueuse bénédiction.

L. Card. MONSENGWO PASINYA

                                                                   Archevêque de Kinshasa

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