Le C.N.D.P. occupe le Camp/RVA à Goma

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Il se passe toujours des choses étonnantes dans l’Est de la Rd Congo et précisément à Goma où, depuis le 12 mars courant, la famille Ngezayo a fait recours aux militaires ex-CNDP pour déguerpir les agents de la RVA du Camp Dumez, et ce, au vu et au su des autorités politiques et administratives locales. Selon des informations parvenues au Phare, les militaires ex-CNDP qui ont envahi le Camp des travailleurs sont en train de tracasser, depuis lors, des populations environnantes qu’ils somment de vider le lieu dans un bref délai. Dans l’entre-temps, les agents de la RVA, leurs femmes et enfants passent la nuit à la belle étoile depuis plusieurs jours. Ce qui a pour conséquence, la grève qui paralyse la RVA/Goma depuis plusieurs jours. Curieusement, cette situation on ne peut plus préoccupante ne semble pas avoir attiré l’attention de Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu, ni du ministre provincial ayant la sécurité dans ses attributions, ni du Chef d’Etat major et encore moins celle du ministre national de la Défense. Et pourtant, il s’agit là d’un service public de l’Etat qui est asphyxié. Pour réussir son coup,  la famille Ngezayo a brandi le Certificat n° SU 3017 du Plan cadastral, lequel a déjà expiré, étant entendu qu’il s’agit d’un contrat d’amphithéose qui se doit d’être renouvelé après 25 ans (du 1er mars1986 au 1er mars 2011). 
          L’action des militaire ex-CNDP – qui ont déguerpi les agents de la RVA et leurs familles dans la nuit du 11 au 12 mars 2011 – se trouve être hors délai. Et à voir la manière dont ce déguerpissement a été mené certains esprits, soupçonnent une complicité de certaines autorités provinciales du Nord-Kivu. En outre, il convient de signaler un fait grave : ces militaires ont défié l’ordre des autorités militaires les invitant à libérer le Camp Dumez de la RVA qu’ils ont occupé anarchiquement. En retraçant l’histoire de ce feuilleton,on dépêche note que les travaux d’aménagement d’un aéroport international à Goma avaient débuté  en 1976. C’était un marché pour le compte de la RVA qui a la charge de  la conception, la construction, l’entretien et l’exploitation des aéroports et aérodromes dans notre pays. En conformité avec les lois régissant les marchés publics, la RVA avait adjugé ce marché à la Société française Dumez, groupement momentané constitué par plusieurs sociétés. Le Plan d’exécution approuvé par la RVA comprenait l’aéroport, les bâtiments commerciaux et techniques, ainsi que le camp d’habitation des agents. Les bâtiments sociaux devaient servir, dans un  premier temps, aux agents expatriés d’encadrement des travaux et après livraison, aux agents et cadres de la RVA. A la fin des travaux, le Groupement Dumez s’était exécuté tel que prévu, en livrant le 10 février 1979 les installations aéroportuaires, les bâtiments sociaux de Goma, les équipements de la cité de Ruthuru ainsi que l’ensemble des matériaux de construction restant au maître d’ouvrage.
          Mais la famille Ngezayo, profitant de ses relations personnelles avec l’entourage présidentiel, a vait lancé l’idée d’un groupement constitué de lui-même et de Mafuta Kizola (groupement qui deviendra plus tard ‘Safari Lodge SPRL’) et qui avait entrepris les démarches pour s’approprier ce camp Dumez de la RVA. C’est ainsi que le Bureau du Président de la République écrivit là-dessus au ministre des Transports qu’il avait plu « au Président de la République de céder l’ensemble du Camp Dumez, propriété de la RVA, au Groupe Ngezayo Safari et Mafuta Kizola…. ». Cela fut fait au mépris des textes légaux en matière d’aliénation des biens appartenant aux entreprises publiques, para-étatiques et Régies, personnes morales de droit lpublic, etc. Dans ce conflit, beaucoup de décisions ont déjà été prises. L’Assemblée nationale et la Cour suprême de Justice ont déjà confirmé la RVA dans ses droits de propriété. Enfin, au moment où nous mettons sous presse, on apprend que le Camp Dumez RVA/Goma vient d’être libéré des militaires qui l’avaient envahi, mais qu’une villa reste occupée par ces éléments, commandés par le Major Dieudonné (non autrement identifié). Les agents de la RVA/Goma et leurs familles demandent des sanctions exemplaires contre les officiers à la base de cet incident malheureux.
 
SAKAZ    

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