Le Beach Ngobila délocalisé au port de Kinshasa

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Le voisinage du port de Kinshasa connaît une ambiance inhabituelle depuis plusieurs décennies. Les voyageurs pour Brazzaville, les policiers, les douaniers, les agents de la DGM et tous ceux qui vivent des activités du Beach Ngobila se sont retrouvés hier lundi 13 août au port de Kinshasa. 
 Un tour à la direction générale de l’ex-ONATRA, actuelle Société commerciale des transports et ports (SCTP), nous a permis d’apprendre qu’un communiqué de presse avait été diffusé au début du mois d’août signalant qu’ « à partir du 13 aout 2012, elle procédera à la délocalisation momentanée du trafic du Beach Ngobila pour la Gare fluviale (port) suite aux travaux du ponton principal et de la passerelle qui se trouvent présentement dans un état de délabrement très avancé.

 Cependant, il sied de noter que ce trafic ne concerne exclusivement que la vedette Ikanda et le Bac CNTF et non l’exploitation des canots rapides  ».

 Hier, la délocalisation était effective. Bien des gens habitués à œuvrer calmement du côté du port de Kinshasa ont été surpris par une marée humaine inhabituelle. Pour la première journée, il y a eu un important déploiement de la police nationale pour maîtriser tant soit peu les « Romains » et les « Italiens », Ces marginaux qui vivent du trafic entre Kinshasa et Brazzaville.
 A la même occasion,  les bateaux de SCTP et de la compagnie brazzavilloise de CNTF (Chantier naval du transport fluvial) ont commencé à faire la navette entre Kinshasa et Brazzaville. Les canots rapides sont restés du côté du Beach Ngobila qui était pratiquement déserté.
 Le communiqué de la SCTP n’indique pas la durée des travaux. Hier, aucune activité de réparation du débarcadère du Beach n’était visible. Le directeur technique de SCTP, Jean Kumbodimo Milakono, a assuré le journal Le Phare que « sauf imprévu, les travaux commencent aujourd’hui mardi 14 août 2012 et vont durer un mois. La grande partie des achats pour ces travaux ont été effectués ».

Que le provisoire ne s’éternise pas

 Le Beach Ngobila doit rentrer là où il a toujours été juste après les travaux de réparation de son débarcadère. Les usagers attendent de pied ferme que le port de Kinshasa et partant tous les ports du pays retrouvent leurs activités d’antan. Pendant que le pays était divisé en plusieurs «entités» autonomes, le Conseil de sécurité des Nations Unies s’était mobilisé pour le rétablissement du trafic sur le fleuve Congo. Il avait réussi à convaincre les différentes parties belligérantes à favoriser le trafic sur cet important boulevard fluvial. En fait, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait compris que le fleuve est vital pour l’économie, pour lutter contre la pauvreté et la misère qui frappent le pays depuis plusieurs décennies. Qu’on le veule ou pas, c’est du fleuve que viendra la prospérité du pays.


 Quand les bateaux de l’ex-ONATRA approvisionnaient Kinshasa en denrées alimentaires, il y avait un impact sérieux sur les prix de ces denrées. Quand un bateau peut déplacer avec ses barges 1.200 tonnes des marchandises, cela ne peut ne pas avoir d’impact sur les prix. Si les bateaux proviennent de Kisangani, Mbandaka, Boende, Ilebo ou Basankusu chaque semaine avec plus ou moins 1.200 tonnes de marchandises, le gouvernement combattra facilement la hausse des prix des denrées alimentaires à Kinshasa. Il ne faut pas oublier que le fleuve offre gratuitement 12.000 km de voie navigable au pays et atteint 7 provinces sur les onze du pays. Espérons que la réforme voulue par les autorités en faisant passer l’ONATRA à la SCTP permettra à cette entreprise de redorer son blason terni par une longue période de cacophonie au niveau de sa gestion. Dossier à suivre…

Jean-René
Bompolonga 

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