Le bâtonnier Muyambo enfin devant ses juges

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muyambo-j-cL’ouverture du procès du Bâtonnier Jean-Claude Muyambo, accusé d’abus de confiance, menaces d’attentat et rétention des documents, a eu lieu hier mercredi 3 juin 2015 devant le Tribunal de paix de Ngaliema. En détention depuis plusieurs mois à la Prison Centrale de Makala, le président du parti politique de l’opposition « SCODE » a, par le biais de ses avocats, introduit en chambre du conseil une requête relative à sa mise en liberté provisoire.

Ils soutiennent que leur client est victime d’un montage parce qu’il n’y a aucune pièce pouvant établir sa culpabilité. Selon eux, le prévenu a une identité, une résidence bien connue, des activités un peu partout, des patrimoines dont la valeur dépasse largement ce qui lui est réclamé. Il n’y a aucune raison pour qu’il puisse rester en détention, sa fuite n’étant pas à craindre. La préoccupation de l’heure est que son état de santé ne fait que se détériorer. Il lui faut absolument sa liberté pour lui permettre de se faire opérer du pied, ont-ils martelé.

Selon le collectif de ses avocats, si le tribunal a encore des doutes, le prévenu est prêt à déposer une caution pour démontrer davantage qu’il n’a pas l’intention de fuir. Il est disposé à répondre à toutes les invitations du tribunal jusqu’à la fin du procès, mais en homme libre.

Au cours de cette audience en chambre du conseil, le ministère public a demandé au tribunal de rejeter la requête de mise en liberté provisoire introduite par la défense. Selon l’organe de la loi, il serait imprudent d’accorder la liberté provisoire au bâtonnier Muyambo, au motif que sa fuite est à  craindre.

Il y a lieu de préciser que la partie civile, Emmanuel Alexandre, n’a pas participé à cette audience, conformément à la loi, étant donné que le tribunal a siégé en chambre du conseil.

Le tribunal a pris en délibéré la requête sur la mise en liberté provisoire et promis de se prononcer dans le délai de 48 heures. En ce qui concerne la poursuite normale de l’instruction, elle est renvoyée à la huitaine, soit au 10 juin 2015.

 Après l’audience, les avocats du bâtonnier Jean-Claude Muyambo ont rappelé que leur client a quitté la Majorité présidentielle et adhéré à l’Opposition politique en signe de protestation contre la modification de la Constitution.

Après sa démission de la plate forme politique précitée, ont-ils indiqué, il a fait l’objet de plusieurs menaces de mort.

Ils ont rappelé que l’avion qui l’amenait à Mbuji-Mayi pour venir présider un meeting populaire avait été empêché d’y atterrir et contraint de rentrer à Lubumbashi, pour des raisons qu’il ignore jusqu’à ce jour.

Le 20 janvier 2015, il fut enlevé de sa résidence de Ngaliema vers 4 heures du matin par des agents de sécurité sans mandat et conduit dans les différents bureaux de l’ANR où il sera informé qu’il allait être jugé en flagrance suite à sa participation aux manifestations du 19, 20 et 21 janvier 2015 à Kinshasa. Il sera ensuite amené au Parquet général de la République avant d’être transféré au Parquet général de Kinshasa/Gombe. Le 5 février, il avait demandé une liberté même provisoire en offrant le versement d’une caution, mais elle lui avait été refusée, sans raison valable.

Rappel des faits

 La partie civile dans la présente cause est un sujet grec. Celui-ci se nomme Alexandre Emmanuel. Selon ses avocats, il avait  laissé plusieurs immeubles à Lubumbashi, dans le Katanga, à  Mbujimayi, etc. Et il avait donné mandat au bâtonnier Muyambo de les vendre et de lui apporter l’argent. Ils s’étaient mis d’accord sur les prix. Mais depuis lors, le prévenu n’a jamais rendu compte de ces biens, alors qu’il les avait déjà vendus. Selon le collectif des avocats de la partie civile, l’affaire n’a rien avoir avec la politique. Il y a eu même tentative de règlement à l’amiable parce que la partie civile avait ouvert un compte comme convenu mais rien n’avait été libéré.

 Murka