Le Bâtonnier J.J. Mukendi constate que la torture s’est toujours bien portée en RDC

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Le samedi 03 juillet, la grande salle d’audience de la Cour Suprême de Justice était bondée d’avocats  provenant principalement du Barreau de Kinshasa,  des autorités judiciaires, des bâtonniers et de plusieurs observateurs, tous venus commémorer la « Journée de lutte contre la torture », célébrée le 26 juin de chaque année et le 9ème anniversaire de l’Institut des Droits de l’Homme (I.D.H.). Mbuy Mbiye Tanayi, Bâtonnier national et Président du Conseil d’Administration de l’IDH, a signalé qu’il est une ong des Droits de l’Homme, créée officiellement le 06  juillet 2001 par l’Ordre national des Avocats, c’est-à-dire, par l’ensemble des barreaux de la Rd Congo et qui vient d’avoir sa personnalité juridique le 25 juin 2010, grâce à un arrêté n° 312 du ministre de la Justice et Droits humains.

Il a souligné que l’IDH a, entre autres, pour objet la formation professionnelle des avocats, plus particulièrement en matière des droits de l’homme. A ce titre, poursuit-il, c’est un lieu où les avocats améliorent leur pratique professionnelle par l’apprentissage de l’application des instruments internationaux  et régionaux de Droits de l’Homme. A ce sujet, il convient aussi de signaler que l’IDH a pour but de promouvoir la culture des Droits de l’Homme et de redynamiser les mécanismes de l’assistance judiciaire au sein des barreaux, non seulement en accueillant les nécessiteux, mais aussi en organisant les consultations gratuites partout où les populations de notre pays en ont besoin. Comme le souligne en conclusion, le Bâtonnier Mbuy Mbiye, l’IDH contribue à la lutte pour l’amélioration de la qualité de la justice dans notre pays.

Ne jamais s’accoutumer aux violations de Droits de l’Homme

Prenant la parole à cette occasion, le Bâtonnier Jean Joseph Mukendi wa Mulumba, a axé son exposé sur « L’état de la torture en Rd Congo ». Il a de prime abord signalé que la manifestation du jour devait se tenir le 26 juin, mais l’enterrement le même jour de Feu Floribert Chebeya, personne qui avait consacré sa vie à lutter contre la torture, a fait reporter la cérémonie d’une semaine. Dans son exposé, il a parlé des origines de la Convention internationale contre la Torture et de son entrée en  vigueur le 26 juin 1987 ; de l’arsenal congolais de lutte contre la torture. Il a souligné qu’à l’état actuel de la loi, seules les personnes détentrices de l’autorité publique sont punies, alors que les tortures exercées à la maison, sur les épouses, les enfants, etc. restent impunies.

Evoquant son expérience de tortures, dans les cachots au sol couvert de sang humain jusqu’à la mort de Chebeya, en passant par les tortures subies par quelques témoins présents dans la salle, le Bâtonnier Mukendi a constaté que la torture s’est toujours bien portée dans notre pays ; à l’abri des yeux des curieux. Raison pour la laquelle, il a invité tous les avocats, les personnes de bonne volonté et les ongs à se dresser contre cette pratique ignoble qui vise à obtenir les aveux et les informations. Enfin, il a demandé à tous  les Rd Congolais de combattre une maladie : l’accoutumance aux violations des Droits de l’Homme ; c’est un défaitisme qui incite les bourreaux à poursuivre leur sale besogne.

Le Bâtonnier Matadi Nenga Gamanda, député national, a abordé la question du « Droit au procès équitable ». A ce sujet, il a invité les participants à utiliser dans la défense de leurs clients, les Conventions internationales signées et ratifiées par notre pays. Il a exhorté les avocats à ne jamais être ignorants ; à se former et à savoir user des instruments internationaux des Droits de l’Homme. Il a rappelé le rôle que les deux guerres mondiales ont joué dans la naissance de la Convention internationale des Droits de l’homme.

Par ailleurs, dans un message adressé aux participants et lu par le Conseiller Funga, le Président de la Cour Suprême de Justice a rappelé la disposition constitutionnelle qui dit que « Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain et dégradant ». Pour lui, la cérémonie du jour montre que la Rd Congo reste attachée au respect des Droits de l’Homme et ne peut cautionner une pratique aussi barbare. Auss, a-t-il exhorté tout le monde à combattre cette pratique barbare.  La modération de cette manifestation de l’IDH était confiée au Bâtonnier Mwanza Mbiya Tshipepela.

SAKAZ   

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