L’avion de Mwando empêché d’atterrir à Kalemie

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En avant-plan, Charles Mwando Nsimba en 2010Ancien conseiller spécial du Chef de l’Etat et président du Mouvement Social pour le Renouveau(MSR), Pierre Lumbi Okongo est monté au créneau, hier dimanche 11 septembre 2016 au siège du G7 à Gombe/Socimat, pour condamner « de la façon la plus ferme » l’empêchement d’atterrissage de l’avion transportant son collègue, Charles Mwando Nsimba, ainsi que ses compagnons à Kalemie. Au nom de ses pairs du G7, il n’est pas allé par quatre chemins pour relever cette politique de pourrissement: « Il faut que la Majorité arrête avec cette politique de la terre brûlée, cette arrogance, qui ne place pas le peuple congolais au centre de ses préoccupations…», a-t-il martelé.

En effet, a rapporté Pierre Lumbi, l’avion qui transportait, dimanche matin, Mwando Nsimba, accompagné d’une délégation de 7 personnes de son parti, en plus de 27 autres passagers, de Lubumbashi vers Kalemie, a été détourné sur ordre du gouverneur, vers Bukavu, où il a atterri à 11h12. A l’en croire toujours, les manœuvres d’atterrissage venaient pourtant d’être annoncées quand, 5 minutes plus tard, le pilote préviendra les passagers que l’aéroport de Kalemie était fermé. « Il a donc été empêché à cet avion d’atterrir sur Kalemie où notre président était attendu pour une réunion de travail », a dit Pierre Lumbi.

            Alors que le député national, Mwando, endure ce calvaire pour la seconde fois, l’opinion se souviendra qu’en date du 26 novembre 2011, le candidat à la présidentielle aux dernières joutes électorales, Etienne Tshisekedi, avait subi ce même tourment lorsque son avion de campagne s’est vu interdit d’atterrir à l’aéroport de Ndjili. Après une longue attente dans le ciel congolais, cet aéronef a été autorisé d’atterrir à l’aérodrome de Ndolo, au moment où ses partisans avaient envahi l’aéroport de Ndjili pour lui réserver un accueil hors du commun. « Ce genre de pratiques n’ont jamais rien arrangé ni pendant l’époque coloniale, ni pendait le règne de Mobutu. Nous espérons que la Majorité au pouvoir n’est pas en train de transformer notre pays en Goulag ».

 L’inclusivité toujours

en danger

 

            Au moment où l’on parle à « tue-tête » d’inclusivité, Pierre Lumbi et ses pairs du G7 constatent plutôt sur le terrain la multiplication au quotidien des actes d’exclusion de la part de la Majorité au pouvoir. « On continue à museler la population, à arrêter arbitrairement, à positionner des forces de la police à côté des sièges des partis politiques de l’Opposition, à empêcher des Congolais de revenir chez eux  avec des motifs montés de toutes pièces. On persévère à vouloir violer la Constitution ! », accusent-il.

            Pour Pierre Lumbi, ces pratiques ne sont pas de nature à apporter la décrispation et l’apaisement que le G7 et le Rassemblement appellent de tous leurs vœux comme préalables à tout Dialogue.

            Ces préalables, doit-on rappeler, sont la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, l’ouverture des médias proches de l’opposition, l’arrêt définitif des poursuites « injustifiées » contre Moise Katumbi, candidat à la présidentielle pour cette plate-forme, le respect de la Constitution et de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité.

            Tout en accusant la Majorité d’entretenir une politique de la terre brulée, cet ancien conseiller spécial du Chef de l’Etat, a pour sa part juré que sa plateforme est déjà prête avec le peuple, pour la grande mobilisation du lundi 19 septembre prochain afin de « faire respecter notre Constitution et ses délais constitutionnels, gage de notre prospérité et de notre unité nationale ».

            Dans un autre registre, Pierre Lumbi a profité de l’occasion pour démentir catégoriquement les rumeurs faisait état  d’une rencontre entre Joseph Kabila et lui. « Monsieur Kabila n’est pas un diable, il est une personne avec qui j’ai travaillé de nombreuses années et que je respecte. S’il me demandait de le rencontrer, je ne m’en cacherais pas et je le ferai. J’irai lui rappeler ce que je lui ai dit il y a un an : sa grandeur ne sera que renforcée s’il faisait lui-même respecter et appliquer la Constitution congolaise sur laquelle il a prêté serment » a-t-il conclu.

            Notons qu’au moment où nous bouclions cette page, la radio onusienne a finalement annoncé l’arrivée dudit avion transportant Mwando et ses compagnons à Lubumbashi en provenance de Bukavu. Dossier à suivre.

Tshieke Bukasa