L’autre face de la mission de Reynders : Francophonie : Bruxelles soutient la RD Congo

0
38

Le vice-premier ministre et ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders, était l’hôte du Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, le mercredi 22 août 2012 dans la capitale cuprifère, Lubumbashi. Dans ses déclarations à la presse, il a rappelé le message délivré tant aux officiels congolais qu’aux leaders de l’opposition, à savoir les impératifs de pacification l’Est de la République Démocratique du Congo, de l’éradication de la rébellion du M23, de la condamnation de l’appui du Rwanda à ce mouvement rebelle, de la réforme de l’armée congolaise et  de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), de la tenue d’un dialogue national, etc.

    A en croire « La Libre Belgique », dans son éditorial du vendredi 23 août, l’autre face de la mission du chef de la diplomatie belge était de venir exprimer aux autorités congolaises, de vive voix, le soutien de la Belgique à l’organisation du XIVme Sommet de la Francophonie.
    Au niveau des « grands » de l’espace francophone mondial, la position de Bruxelles n’est pas négligeable, surtout en cette période où l’Opposition et plusieurs organisations de la Société Civile congolaises battent campagne pour sa délocalisation. Le pavé de Reynders pour les uns ou sa bouée de sauvetage pour d’autres intervient au moment où le débat au sujet de la tenue ou non de ce grand rendez-vous de l’espace francophone dans la capitale congolaise, sans réellement s’estomper, ne passionne plus les Congolais comme il y a trois mois.


    En se déterminant de manière qui ne laisse plus d’équivoque face à la tenue du Sommet de la Francophonie à Kinshasa, le Vice-premier ministre et ministre belge des Affaires Etrangères a permis de balayer de grosses zones d’ombre qui planaient encore sur l’événement. L’accélération des préparatifs du côté des autorités congolaises, spécialement dans le secteur des infrastructures (Boulevard Lumumba, Aéroport International de N’Djili et Beach Ngobila) pourrait s’expliquer par la disparition d’une décision de report ou de délocalisation.
    Avant comme au lendemain de l’élection du président français François Hollande, le Sommet de Kinshasa paraissait sérieusement compromis, pour la bonne et simple raison que pendant la campagne électorale, ce dernier semblait décidé à ne pas fréquenter des chefs d’Etat mal élus en Afrique. Celui de la RDC, victorieux du round électoral controversé de novembre 2011, paraissait particulièrement visé.


    On rappelle qu’à la suite des fraudes électorales de novembre 2011 et des violations répétées des droits de l’homme, certains milieux politiques et diplomatiques pensaient que Kinshasa méritait d’être sanctionné au même titre que le régime Mobutu, privé du Sommet de la Francophonie en 1992 à cause du massacre des étudiants de Lubumbashi et du non respect des droits humains. Même si la Belgique ne s’est pas encore officiellement prononcée sur sa participation ou non aux assises du mois d’octobre 2012 à Kinshasa, on pense que le « oui » ne fait plus l’ombre d’un doute.
    De l’avis de nombreux observateurs, l’attitude de la Belgique pourrait avoir une influence considérable sur de nombreux Etats francophones en Europe, en Afrique, en Amérique comme en Asie.  Mais, à dire vrai, le message de Didier Reynders ne surprend vraiment pas les observateurs. En effet, la Belgique s’était déjà signalée, après la validation des résultats de l’élection présidentielle par la Cour Suprême de Justice, en décembre 2011, parmi les tout premiers pays à reconnaître la légitimité du président congolais. A ce propos, le message de félicitations adressé par le Premier ministre belge au Président réélu faisait foi. Il paraît loin, le temps où le ménage belgo-congolais était dans la tempête des querelles.     

 

   Kimp

LEAVE A REPLY

*