L’autorité de l’Etat se restaure à Rutshuru

0
33

Le pouvoir régalien de l’Etat, longtemps malmené dans la partie Est de la RD Congo, principalement dans les zones autrefois contrôlées par des groupes armés, tend peu à peu à se restaurer. Le dernier exemple fortement symbolique en date est l’inauguration, le mercredi 16 février 2011, d’un bâtiment administratif et d’un commissariat de la police nationale congolaise(PNC) à Rutshuru, territoire du Nord-Kivu autrefois régenté par l’administration rebelle du CNDP du général dissident Laurent Nkunda. La construction et l’équipement de ces bâtiments à Rutshuru font partie des investissements consentis par la communauté internationale dans la « Stratégie Internationale de Soutien à la Sécurité et la Stabilisation de l’Est de la RDC »(ISSSS).

 

 A l’occasion de cette solennité, l’administrateur de ce territoire, Amisi Kalondo, a rappelé que sa contrée, autrefois grenier de la République, a été ravagée par des guerres et crises répétitives. Même si les preuves de stabilisation sont palpables,  beaucoup reste encore à faire. Il s’agit surtout de la mise hors état de nuire des poches de résistance, alors que les 2/3 de la  région sont encore occupés  par des hors-la-loi. Armés, ceux-ci se livrent à divers actes illicites tels le braquage, les violences sexuelles, l’extorsion de tout genre, l’esclavage sexuel, etc. D’où l’appel du numéro 1 de Rutshuru au gouvernement afin qu’il prenne des dispositions pour anéantir les ennemis de la paix. Enfin, Amisi Kalondo  plaidé pour que la paix revienne aussi dans les autres entités du Nord-Kivu et d’autres provinces afin qu’elles sortent des impasses dans lesquelles elles sont empêtrées depuis plus de 10 ans.
  
L’appel de l’Inspecteur général a.i de la PNC

 Un des bénéficiaires des bâtiments construits grâce aux financements du Royaume des Pays-Bas, la Suède, l’USAID(agence américaine de développement) et le GTZ (l’agence technique de développement allemande), la PNC a salué cette œuvre qui traduit la volonté de la restauration et de l’affermissement de l’autorité de l’Etat. Ainsi, l’Inspecteur général ai. de la PNC, le général Charles Bisengimana, a indiqué que la stabilisation s’imposait à tous prix et devait absolument passer, en amont, par un travail d’anéantissement de l’armée et, en aval, par la politique de l’affermissement de l’autorité de l’Etat. « Pour le concrétiser, on devait mettre à la disposition de la police des bâtiments appropriés, et aussi des moyens conséquents notamment des engins spéciaux…» a-t-il clamé, avant de lancer un appel vibrant à la population de faire confiance à sa police, surtout en dénonçant toutes les poches de résistance des criminels. Tout en invitant ses hommes au respect des droits élémentaires humains, le général Bisengimana a exprimé le souhait de voir les politiques et les bailleurs associer la police à toutes les étapes des activités liées à ses besoins.
 Pour sa part, Fidèle Sarassoro, le représentant adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, a souligné qu’en tant que encadrement principal pour les agences onusiennes travaillant en appui au Plan gouvernemental congolais pour la « Stabilisation et la Reconstruction des Zones sortant des conflits armés »(STAREC), l’ISSSS se focalise sur l’aide dans les secteurs de la sécurité, le dialogue politique, le retour, la réintégration, et relèvement communautaire des anciens déplacés et réfugiés, la relance économique, la lutte contre les violences sexuelles, aussi bien que la restauration de l’autorité de l’Etat. Bien qu’ayant franchi une étape importante, le numéro 2 de la Monusco a relevé quelques défis auxquels va être confronté le territoire dans les prochains jours. Il s’agit entre autres du déploiement rapide des fonctionnaires, de la prise en charge des frais de fonctionnement, de l’entretien du bâtiment, etc.
 Enfin, au nom du gouvernement, le ministre des Affaires Humanitaires, Ferdinand Kambere, s’est empressé de rendre hommage au Secretaire général des Nations Unies, Ban ki-Moon, pour l’adaptation du mandat de la Mission à celui de stabilisation et de relèvement communautaire. Celui-ci, à l’en croire, rejoint la vision du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, qui pense qu’avant de développer, il faut d’abord stabiliser et consolider la paix.
 Il faudrait noter que l’ISSSS est localisée géographiquement sur six axes prioritaires dans le Nord-Kivu (Sake-Masisi, Rutshuru-Ishasha), le Sud-Kivu (Miti-Hombo, Burhale-Shabunda et Baraka-Fizi-Minembwe) et l’Ituri (Bunia-Boga), où les différents partenaires de mise-en-œuvre complètent leurs activités en synergie, selon une séquence temporelle définie.

Par Tshieke Bukasa, envoyé spécial à Rutshuru 

 

LEAVE A REPLY

*