L’Assemblée nationale refuse de siéger !

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 Pour non application de leur résolution prise au cours de la séance plénière du lundi 7juin dernier, en rapport avec l’arrestation de leur collègue Martin Mukonkole, les députés nationaux ont décidé de suspendre la tenue des plénières jusqu’à ce qu’ils auront la réponse à leur requête.

Cette décision a été prise au cours de la plénière de vendredi 11 juin, laquelle a été interrompue sur la demande de Clément Kanku exprimée à la suite d’une motion incidentielle d’Emery Okundji.

En effet, par motion incidentielle, le député Emery Okudji a voulu obtenir du bureau l’information sur la résolution prise par son institution en rapport avec le relâchement de Martin Mukonkole.

La 2ème vice-présidente de l’Assemblée nationale qui avait la police du débat, a fait savoir que le président Evariste Boshab suivait de près l’évolution de la situation.

Une réponse qui n’a pas contenté ou satisfait la plénière. Voilà pourquoi, Clément Kanku est monté à la tribune pour proposer à ses collègues la suspension de la plénière aussi longtemps que les pouvoirs exécutif et judiciaire n’auront pas accédé à la demande de l’Assemblée nationale. Parce que, a-t-il renchéri, c’est anormal qu’une résolution du parlement, prise en conformité avec la Constitution en son article 107 alinéa 4, ne soit pas d’application par les autres pouvoirs.

L’intervenant a été relayé et appuyé par ses collègues qui ont pris la parole sur ce sujet, toutes tendances confondues.

C’est le cas de Jean Lucien Busa, Yves Kisombe et Jean Louis Ernest Kyaviro. Tous ont démontré la nécessité qu’il y avait de ne pas siéger en signe de protestation contre la décision de leur institution qui semble foulée aux pieds par les autres pouvoirs.

Il en va de la crédibilité de l’Assemblée nationale ou encore c’est une lutte entre institutions, ont fait savoir les intervenants qui appuyaient la position de Clément Kanku.

Un autre a rétorqué à la réponse de Mme Georgine Madiko en faisant remarquer qu’il s’agissait d’une question qui impliquait toute leur institution, et non une affaire relevant du pouvoir discrétionnaire dévolu au bureau. La résolution était prise par la plénière, et que tout devait être traité en public.

Face à cette unanimité de position des élus qui apparemment tenaient à leur considération, la présidente de séance n’a pas eu d’autre choix que de passer la question au vote.

A part un député qui a voté contre sous les huées de ses collègues et une abstention, tous ont soutenu la proposition de Clément Kanku. Immédiatement, la plénière a été suspendue.

 Incertitude pour Mukonkole

A voir l’évolution de la situation, avec à l’affiche la clôture de la session ordinaire de mars qui interviendra demain mardi 15 juin, des doutes planent sur le dénouement de l’affaire Martin Mukonkole.

C’est-à-dire c’est maintenant l’incertitude sur le sort du député élu de Kabinda (Kasaï Oriental), du fait qu’il manquera la pression de ses collègues dont il jouissait pendant la session. Ceux-ci iront dès demain en vacances parlementaires.

En plus, comme l’a fait savoir le président du Sénat en suspendant la plénière de vendredi, il n’y aura pas de session extraordinaire à cause de la trésorerie. Donc, à une année de la fin de la législature, la collaboration entre le pouvoir législatif et les autres notamment l’exécutif et le judiciaire, semble entamée.

Ce qui présage une suite tumultueuse entre les institutions censées pourtant entretenir une bonne collaboration pour leurs stabilités respectives !

Dominique Mukenza

 

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