L’Assemblée Nationale jette enfin l’éponge On ne bouge pas 2016

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assemblée nationaleAprès les journées folles de lundi 19, mardi 20, mercredi 21 et jeudi 22 tant à Kinshasa qu’en provinces et la paralysie quasi générale du pays, des millions de Congolais et d’étrangers étaient tout yeux et tout oreilles pour la séance plénière d’hier dimanche 25 janvier 2015 à l’Assemblée nationale. C’est à cette occasion en effet, que la commission paritaire mixte des deux chambres du Parlement devait présenter son rapport sur les divergences survenues entre Députés et Sénateurs au sujet de la lecture du projet de loi électorale, et plus précisément de l’alinéa 3 de l’article 8 faisant état du recensement de l’identification des nationaux comme préalable à l’organisation des élections présidentielle et législatives.

Peu après 14 heures, lorsque la Radiotélévision Nationale Congolaise a pris en direct l’hémicycle de Lingwala, tout le grand Congo a retenu son souffle. Et, comme pour aggraver le suspense, le président du Bureau de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku, a fait part aux députés de la prolongation des travaux de la commission paritaire, occupée à régler les derniers détails du texte harmonisé.

Partagé entre l’optimisme suscité par le point de presse du précité tenu la veille, au cours duquel il a annoncé la volonté de l’Assemblée nationale de s’aligner sur la position du Sénat, et le pessimisme découlant des rumeurs faisant étant de la détermination de la Majorité à tripatouiller la loi électorale, le public s’est mis à attendre patiemment l’heure « H ». Après environ une heure d’attente, l’un des co-présidents de la Commission paritaire a rapidement apaisé les esprits en signalant que celle-ci a purement et simplement décidé d’élaguer l’alinéa 3 de l’article 8 relatif au recensement et l’identification des Congolais.

D’où, il n’était plus question de recenser et identifier la population avant les élections locales, municipales, urbaines, législatives et présidentielles comme proposé par l’Assemblée Nationale, ni d’actualiser des données démographiques conformément aux délais constitutionnels et légaux comme suggéré par le Sénat. Les formulations adoptées par l’une et l’autre chambre du Parlement étaient purement et simplement supprimées.

Par pure formalité, le président du bureau de l’Assemblée nationale a soumis le rapport de la commission paritaire au vote, de même que l’ensemble du projet de loi électorale. Naturellement, la salle a voté « pour », à une écrasante majorité. Ainsi s’est terminé le bras de fer entre le Sénat et l’Assemblée Nationale d’une part et d’autre part entre cette dernière à une opinion interne foncièrement opposée à toute modification des règles du jeu avant les scrutins présidentiel et législatif de 2016 ainsi qu’à tout changement de calendrier électoral. Sauf imprévu, le décor électoral 2016 est planté et ne devrait plus bouger.

 

Le message de Minaku dans les quatre

langues nationales

A l’image du président du Sénat, Léon Kengo, qui avait eu le mérite de décrisper le climat politique et social sur l’ensemble du pays le vendredi 23 janvier, en expliquant en lingala l’élagage par le Sénat de la conditionnalité du recensement et de l’identification dans le projet de loi électorale, Aubin Minaku, président de l’Assemblée Nationale s’est adressé à nos compatriotes dans les quatre langues nationales. Peu loquace en tshiluba, dont il n’a pas la maîtrise, mais éloquent en kikongo, swahili et lingala, il a insisté sur le fait que les députés de la Majorité ont écouté non pas la voix des pilleurs mais plutôt celle du véritable souverain primaire. Il a tenu à souligner, à la même occasion, que la famille politique du Chef de l’Etat n’a jamais été tentée par l’idée de modifier la Constitution en vue de favoriser la prolongation du mandat de qui que ce soit.

Il a mis sur le compte de l’intoxication les rumeurs qui faisaient état de la volonté du pouvoir en place de contourner la Constitution en s’appuyant sur la version originale de l’article 8 de la Loi électorale. Il a tenu à démentir aussi la rumeur selon laquelle chacun des députés de la Majorité aurait reçu 100.000 dollars américains en vue de tripatouiller la loi électorale. A son avis, le pays n’a pas les moyens de se permettre un tel gaspillage des fonds.

                             Kimp