L’Apukin formelle : pas de cohésion nationale dans la misère

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La tenue du Dialogue National, l’organisation des élections dans le respect du délai constitutionnel et les conditions de vie de la population sont les questions débattues le mardi 29 décembre par les membres de l’Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN). C’était sous la modération de leur collègue Antoine Kitombole Tshovu, président de cette organisation.

Après débat, une déclaration a été lue par le professeur Barnabé Milala, rapporteur. S’agissant des élections, les participants ont souligné : « nous référant au calendrier électoral global publié par la CENI, l’Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa constate, avec regret, que le processus électoral en RDC est au point mort. L’appel au Dialogue, la révision du fichier électoral tel que souhaité et la question du financement des élections, ne peuvent devenir des contraintes insurmontables pour la tenue des élections présidentielle et législatives dans les délais constitutionnels ».

A propos du financement des élections, l’APUKIN estime que les performances économiques réalisées par le gouvernement de la République Démocratique du Congo doivent permettre de réunir les moyens matériels et financiers nécessaires à la tenue des élections présidentielle et législatives dans les délais constitutionnels.

Dialogue, espace de vérité et réconciliation

Les professeurs de l’Unikin soutiennent l’idée du Dialogue National inclusif tel qu’exigé à travers sa déclaration du 19 janvier 2013. Elle estime que ledit dialogue ne doit pas aboutir à un changement de Constitution. Ils le considèrent comme un espace de vérité et de réconciliation, à même de consolider les valeurs démocratiques.

            Ils ont également noté que la grande majorité de la population se trouve dans un état de pauvreté. Cette situation est accentuée par la corruption, l’impunité et le trafic d’influence. A cet effet, l’Apukin appelle le gouvernement congolais à mettre fin au détournement des fonds et biens publics, en déférant devant les instances judiciaires les responsables des crimes économiques et financiers.

            « Les dénonciations faites récemment par les services compétents de la  Présidence de la République en matière de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, n’ont jamais été suivies de l’ouverture d’une enquête judiciaire, ce qui renforce l’impunité et précarise davantage la population congolaise, au profit d’une élite bourgeoise corrompue. Le train de vie des hommes politiques en République Démocratique du Congo contraste avec la misère de la population congolaise. La répartition inégale des richesses nationales ne peut ni favoriser la cohésion nationale, ni contribuer au développement socio-économique tant souhaité », indique-t-elle.

            Au chapitre sécuritaire, l’Apukin condamne, avec la plus grande fermeté, la recrudescence de l’insécurité sur l’ensemble du territoire national, plus particulièrement dans le territoire de Beni et le Nord Katanga. Les tueries massives répétées des populations civiles par des bandits et criminels de tous bords, n’ont pas été suivies d’actions fortes du gouvernement en vue de mettre fin à cette situation. L’absence d’une politique se sécurisation de la population est aussi inquiétante.

            Raison pour laquelle, elle recommande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de mettre fin à ces violations massives des droits de l’homme, de réorganiser les services de sécurité. Elle a aussi demandé à la Monusco d’assurer la sécurisation des populations civiles, conformément à son mandat.

                                                                                               Dorcas NSOMUE