L’Apukin contre Banyaku : le danger est toujours là !

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 « Le débat sur le revirement malheureux du syndicalisme au XXIème (siècle !) est un débat de fond pour la qualité de nos associations savantes et professionnelles d’élite et de la société “

Tel est le titre de la réponse du Professeur Banyaku à notre article paru dans le Phare du vendredi 21/05/2010.
S’agit-il d’un “débat sur le revirement malheureux du syndicalisme au XXième (siècle) …“ ou, au contraire, d’un  MALHEUREUX débat sur le syndicalisme au XXième siècle… ?
La question se pose : car, à l’analyse, la prose du Professeur Banyaku se révèle être un malheureux débat dans la mesure où on commence à tourner en ROND ! Dans son nouvel écrit, il n’y a rien de nouveau. Strictement RIEN DE NOUVEAU ! Il se livre à un baroud d’honneur.
En effet, le Professeur Banyaku PERSISTE et SIGNE. Persiste… : il revient inlassablement sur son antisyndicalisme comme une obsession, comme une idée fixe : supprimer l’APUKIN. … et signe : il prétend démontrer cette idée fixe.
Il commence par dire : “Aux débats de société (au singulier), il faut argumenter et non se rabattre sur des clichés vindicatifs et revanchards. …“ Emploi malheureux des mots : vindicatifs  (= enclins à la vengeance) …en quoi ? Du temps où il a servi la dictature de Mobutu dans les services de sécurité, nous aurait-il causé personnellement un tort au sujet duquel nous serions enclins à nous venger aujourd’hui ou, dernièrement, dans l’exercice de ses fonctions ministérielles, aurions–nous été l’objet de refus d’une faveur qu’on lui aurait demandée ?

 

 Alors vindicatifs en quoi ?
Notre réponse n’est pas non plus revancharde comme l’affirme le même Professeur : l’APUKIN n’ayant pas perdu un avantage qu’elle chercherait à reprendre. Contre qui se venger ? Se disputer avec qui ?
Par contre aux questions de fond, il ne réserve aucune réponse : nous avoir traités de “pègre, marmaille, ignorants, immatures, etc…“. Il n’y revient pas. Donc persiste et signe.
 Les réponses à ces qualificatifs négatifs attribués, à tort, aux Professeurs de l’APUKIN et au Comité Exécutif de l’APUKIN par le Professeur Banyaku ont été données dans notre article précédent. Nous n’y revenons pas non seulement pour éviter les redites, mais aussi en considérant que ce Professeur fait la sourde oreille. Pourquoi suspecter certains Membre de ce Comités Exécutif alors qu’à notre avis, qui est aussi celui de plusieurs Professeurs de la RDC, qui vous connaissent depuis  le régime dictatorial de Mobutu, c’est vous Professeur Banyaku, parmi quelques autres Professeurs, qui êtes suspect ? Nous savons qu’il y a des traîtres parmi nous : « Tshishi tshidiadia lukunda ntshidi munda mua lukunda ».
Débat de société ?  Dans un journal ? Non. Invitez-nous, Professeurs de l’UNIKIN à une conférence que vous tiendrez !
La prise du pouvoir précède l’organisation de la société dans laquelle on vit. Voilà le débat de fond.

Quelle société ?
Il oublie ce principe scientifique : Il n’y a pas de « SOCIETE », il n’y a que DES SOCIETES !,  dans la mesure où il n’y a pas deux sociétés humaines qui soient les mêmes. Il faut donc replacer “la société“ dont il veut parler dans son contexte : analyser ses caractéristiques, ses contradictions internes et externes et les facteurs de son évolution vers le déclin ou l’épanouissement. S’il veut parler de la société congolaise, son propos est à côté, car la société des Professeurs est un sous-ensemble de cette société congolaise dont les caractéristiques ne se superposent nullement à celles de la société congolaise générale, laquelle est toute différente de la société des Espagnols, des Français, des Sénégalais, etc… Au lieu de cela, le Professeur nous entraîne dans des considérations sur le contrat social entre la société  civile et l’Etat de JJ Rousseau, sur la féodalité, l’esprit de lois de Montesquieu, sur le corporatisme, etc…Il conclut cette partie sur … “car le fait de se faire passer pour l’Intendant d’une autre époque et surtout le ton impérial style Cardinal Richelieu nous conduit vers un dangereux inconnu…“  Le danger est toujours là… dans le Cardinal (entendez Président de l’Apukin !). C’est faire étalage de son érudiction… toute théorique,  sans faire montre d’une pertinence au cas précis qui nous concerne : les Professeurs Congolais d’Universités, au soit disant XXIème siècle, obligés de vivre avec 500$ par mois… alors que des …. s’en font pleins les poches sans être assujettis à toutes les servitudes exigées d’un Professeur d’Université, d’un vrai…professeur d’Université !
Il ne suffit pas de crier : “Voilà où se situe le HAUT niveau de débat de société…“ pour que les propos étalés soient eux aussi de haut niveau. Encore faut-il trancher le débat en montrant par quel mécanisme seront résolus les conflits, inévitables, entre employés et employeurs ! Tant que les causes qui ont généré le syndicalisme n’auront pas disparu, celui-ci persistera, n’en déplaise à l’Antisyndicaliste.
 Notre réplique précédente était tout simplement une réponse aux allégations et au questionnement du Professeur Banyaku. Elle n’a nullement une mauvaise tournure que nous aurions voulu imprimer au débat et une allusion défaitiste sur François Closel, son maître à penser, que nous connaissons bien fasciste. Pourquoi s’entêter à ne pas comprendre qu’il faut supprimer les causes à l’origine du syndicalisme pour être tranquille? Rien ne sert alors de nous attarder sur les considérations théoriques données par ce Professeur sur le syndicalisme.
Si, comme il l’affirme : “Au-delà de la mauvaise tournure que l’on veut imprimer à ce débat…, JE NOTE… que les mouvements syndicaux qui fourmillent dans le monde de travail s’installent dans la société de plus en plus comme des réseaux de pouvoir FORT CONTROVERSES par les SYNDIQUES…En second lieu, JE NOTE …que la substance de l’idéologie fondamentale pro-marxiste… est résorbée par les pratiques de conventions collectives régulées par l’Etat-Employeur et récupérée par les grands réseaux financiers dominant le marché de l’emploi… “  quelle conclusion en tire-t-il pour notre société de savants congolais de l’UNIKIN ?

 Est-ce là la solution à la misère dont souffrent les employés, les travailleurs et les Professeurs (du Primaire, du secondaire et des Institutions de l’Enseignement Supérieur) ? A quel moment les employés de l’Etat arrivent-ils à obliger l’Etat-employeur à ces conventions collectives ? Est-ce de l’initiative de l’Etat –Employeur ou de celle des administrés, des syndiqués ? Quand ces grands réseaux financiers récupèrent ces pratiques, c’est toujours au profit des employés ? Non. Alors, cette injustice doit être perpétuée, car vous, vous l’avez tranquillement NOTEE ! Allez jusqu’au fond de votre pensée, Monsieur l’Antisyndicaliste, et dites-nous qu’on doit toujours s’incliner devant les grands réseaux financiers qui dominent le marché  de l’emploi.

 Nous notons aussi que vous n’avez proposé aucune solution pour la résolution du problème de la misère des travailleurs et des employés.
Le débat ne s’est pas du tout élevé !
Ah non ! Nous nous sommes trompés: le débat s’est élevé, car vous avez proposé les conventions collectives. Si vous êtes si persuasif, faites avaliser votre trouvaille « conventions collectives » aux simples d’esprit que nous sommes, nous syndiqués de l’APUKIN ! Ainsi, vous ne verrez pas les grèves à répétition qui vous fatiguent et que VOUS REFUSEZ, comme un roi !

VIVRE AU XXIème SIECLE !
Comment peut-on prétendre vivre au XXIème siècle sans accéder aux avantages de ce siècle ? Comment peut-on prétendre vivre au XXIème siècle dans un pays où  (-) le travail d’un citoyen honnête n’est pas valorisé,  (-) l’eau est une denrée rare pour de nombreuses populations et même pour les habitants du Plateau des Professeurs de l’UNIKIN,
(-) les ordinateurs restent encore un luxe pour la plupart des lettrés,
(-) l’accès à l’internet, même à Kinshasa, est réservé à certains quartiers à cause des délestages perpétuels… Dans quelle société prétendez-vous faire un débat de société quand les cerveaux n’en sont qu’à l’étape limbique ?  Nous avons dit dans notre article précédent : la condition primordiale à tout débat, à toute réflexion, c’est ETRE, EXISTER. Apparemment, le Professeur, dans son développement théorique et superficiel, semble faire fi de cette condition élémentaire sine qua non. Dommage. C’est pourquoi nous disons que nous tournons en rond.
Le dernier texte du Professeur souffre encore d’autres faiblesses. Dans notre premier article, nous nous sommes efforcés de ne rien attribuer à l’auteur qui ne soit de sa propre plume. Dans sa réponse, il nous traite de vindicatifs et de revanchards, sans rattacher ces jolis qualificatifs à un quelconque de nos propos.
Fuite en avant.
Personne ne vous a invité à vous taire. Au nom de la même liberté de pensée que vous revendiquez, ne nous interdisez pas non plus d’affirmer ce qui est évident, se dégage, à l’analyse de vos propos : recherche d’un poste au gouvernement. Sinon, pourquoi n’avez-vous pas rejeté la justesse de l’analyse ?

La réponse de l’APUKIN à l’article du Pr Banyaku intitulé « Unikin : le danger est là ! Le syndicalisme de l’APUKIN est une menace pour la noblesse de notre profession » n’est aucunement encline à la vengeance et à la dispute comme le prétend ce Professeur. L’Apukin, avions-nous souligné, n’a pas renoncé à sa vocation de corporation s’occupant de la mise de l’ordre et de la discipline ainsi que de l’instauration et du maintien de la qualité et de la rigueur dans la profession des Professeurs de l’UNIKIN. Ceci pour asseoir leur respectabilité et  consolider leur productivité scientifique et intellectuelle. Nous avions également souligné que personne ne peut empêcher l’APUKIN de revendiquer les droits de ses membres, à l’instar de tout syndicat de travailleurs, et qu’aujourd’hui, la dégradation cruciale des conditions sociales des Professeurs ne leur permet pas d’accomplir cette vocation comme il se doit.
Pourquoi alors parler de la requalification de l’APUKIN et de l’exigence d’un « débat de fond pour la levée d’une option claire entre « VISCERALISME de Comités et la dignité académique » ? Les différents comités exécutifs de l’APUKIN ou les Professeurs de l’APUKIN n’ont pas perdu leur dignité académique et il est moqueur, à tort,  de dire que ces Comités ont un comportement viscéral.
C’est plutôt quelques Professeurs qui cherchent un poste dans l’appareil de l’Etat qui ont un comportement viscéral ! Le Pr Banyaku doit se figurer qu’il n’est pas représentant des Professeurs de l’APUKIN pour se permettre de dire qu’il « REFUSE » les grèves à répétition chaque année et sans succès évident ». Au nom de quel pouvoir peut-il se lever et répéter, comme dans son article précédent : “MOI, JE REFUSE…“ et voir cette déclaration suivie immédiatement d’effets ?

De nouveau, une attitude dictatoriale et de clin-d’œil complice au pouvoir en place.
Il y a amalgame dans les propos du Professeur, si ce n’est dans son esprit : l’APUKIN est une Corporation des Professeurs de l’UNIKIN et rien que de ces derniers. Elle n’a pas en son sein toutes les composantes de l’UNIKIN : Corps Scientifique, Personnel Administratif et Technique pour que les débats qu’elle fait soient des débats de fond et de société ! Il y a une tribune pour cela. Qui trop embrasse mal étreint.
Nous répétons que les revendications sociales des Professeurs de l’UNIKIN n’ont pas une cause servile, ces derniers n’étant pas au service de leurs Comités Exécutifs dont l’intégrité morale est mise en doute par le Pr Banyaku dans leurs négociations avec leur employeur. Dans ces négociations, les Comités Exécutifs présentent et défendent les points de vue et les intérêts de l’APUKIN dont ils sont membres et représentants. Comment un Professeur de l’UNIKIN et Membre de l’APUKIN peut ignorer cela ? Faut-il que l’ensemble de l’APUKIN entre en négociations avec son employeur pour que le débat entre ces deux parties soit un débat de fond ? Il faut cesser de discréditer les Comités Exécutifs de l’APUKIN. Comme le dit  Odilon Banet repris par le Professeur Banyaku : « c’est le même marteau qui frappe, mais on a seulement raccourci le manche » en le mettant parmi nous.
Personne ne dispute la possession du poste que le Professeur Banyaku  cherche à occuper au gouvernement ou dans d’autres institutions publiques, comme cela se sent dans certains passages de son article. Personne n’a empêché ce Professeur d’être membre de l’un ou l’autre Comité Exécutif de l’APUKIN. Nous conseillons au Professeur Banyaku d’éviter de transférer un conflit personnel à notre Corporation.
Qui a éliminé le Professeur Kunyima des négociations avec l’employeur lors de la dernière grève de l’APUKIN ? Voilà qui montre le transfert d’un conflit personnel à notre corporation d’autant que le Professeur Banyaku affirme que cette élimination « n’a pas été du goût de nombreux membres de l’APUKIN ». A quoi ou à qui le Professeur Banyaku attribue l’élimination de certaines équipes à la coupe de monde,
 Il est faux et archifaux de dire que la dernière réunion de l’Assemblée Générale de l’APUKIN s’était déroulée de manière “INDECENTE“, la quasi-totalité des membres de cette dernière ayant donné un même avis, selon leur cahier de charges.
D’où vient l’idée de tentative d’étouffer les libertés de pensée et d’expression quand on sait que, pendant les réunions de l’Assemblée Générale de l’APUKIN, la parole est accordée à quiconque veut exprimer sa pensée, qu’il s’agisse de se faire remarquer en défendant l’intérêt du pouvoir institutionnel, d’exprimer une quelconque ambition politique ou de toute autre chose ?
La question de linge sale qui se lave en famille a été évoquée non pour l’absence des résultats, mais pour faire rentrer le Professeur Banyaku à la maison, s’il en a encore envie, contrairement à ce qu’il dit à ce sujet. S’il n’ya pas d’eau à la maison, comme il le dit, on va la chercher partout où on peut la trouver avec des bidons entassés dans des véhicules PICK-UP avec des enfants, sans attendre Saint Thomas, qui est déjà mort !
De toute façon, l’eau sale ne peut servir à rendre propre un linge sale.
Une argumentation biaisée ne peut pas justifier un concept erroné, comme l’antisydicalisme viscéral !
Faudra-t-il revenir sur une prochaine prose qui sera encore hors-sujet ? Nous pensons que non.

Professeur Dr KALALA Lunganza Dimbadimba.
Professeur NDUNUNG Mombi

 

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