L’appel de Sessanga au peuple congolais

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Delly Sessanga. Radio Okapi/ Ph. John BompengoLa République Démocratique est à la croisée des chemins. A une année de la fin du mandat du président Kabila, l’incertitude demeure sur l’organisation des élections surtout présidentielle dans le délai, telle que prévue dans le calendrier électoral publié par la CENI.

Pour éviter que le navire Congo puisse tanguer et entrer dans une zone de fortes  turbulences, le président de l’ENVOL, Delly Sessanga vient de hausser le ton pour appeler à un grand rassemblement des Forces vives de la nation pour protéger l’Etat de droit.

Alors qu’il procédait à l’ouverture du séminaire de formation des cadres de son parti à Binza Ozone, dans la commune de Ngaliema, le samedi 26 septembre, l’élu de Luiza a saisi l’occasion pour alerter ses militants, et à travers eux toute la nation congolaise, sur les dangers qui menacent  la jeune démocratie congolaise.

            «Lorsqu’en 2014, j’ai pris la lourde responsabilité de retirer ma proposition de révision de la loi électorale, je n’avais pas manqué d’appeler l’ensemble de la classe politique à un sursaut d’orgueil national pour conjurer les effets désastreux d’un processus électoral mal organisé, corrompu par les intérêts politiciens d’exercice, de conquête ou de maintien au pouvoir, au mépris des valeurs fondamentales qui nous unissent, avant de faire remarquer qu’aujourd’hui, en lieu et place d’un séminaire de formation des cadres du parti, nous étions censés nous rassembler pour lancer la campagne de nos candidats  aux élections provinciales », a lâché Delly Sessanga, avant de fustiger l’incapacité de la CENI de lancer le processus annoncé tambour battant.

            Devant les militants et cadres de l’ENVOL, il a trouvé anormal que la CENI vire à plus de 180 degrés, après avoir opiné qu’elle était en mesure d’assurer le respect de son calendrier.

Il a rappelé que les animateurs de cette institution d’appui à la démocratie avaient fait fi des observations des forces politiques de l’opposition sur le caractère irréaliste de son calendrier.

            Cet acteur de l’opposition n’a pas ménagé le gouvernement de la République qui s’est déclaré incapable d’assurer le financement de la moins onéreuse des élections, celle des gouverneurs.

Pourtant,  son porte-parole avait promis avec assurance, être en mesure de financer  et d’accompagner le processus, a-t-il ajouté.

            Sessanga  a également tiré à boulets rouges   sur la Cour constitutionnelle qui a délivré un arrêt confus sur le calendrier électoral, au mépris de principes les plus élémentaires de sa compétence et de l’application de la Constitution, laissant l’opinion dubitative sur sa crédibilité.

            Sur le plan socio-économique, le président de l’ENVOL s’est plaint de la misère de la population congolaise qui atteint son paroxysme dans un contexte d’une économie mondiale où les cours des matières premières sont. en chute libre

            Il a dénoncé la démission de l’Etat à protéger la main-d’œuvre locale, en laissant les étrangers prendre en otage le petit commerce dévolu exclusivement aux nationaux,  conformément aux lois de la République.

            Eu égard à tout ce qui précède, Sessanga a appelé le peuple congolais à prendre en mains son destin, à l’instar du peuple burkinabé, qui vient de démontrer à la face du monde que le souverain primaire reste le dernier rempart pour protéger la démocratie.

            Se référant à l’article 64 de la Constitution, l’ancien président de la PAJ à l’Assemblée nationale a lancé un appel à la population pour faire échec à toutes les dérives totalitaires dans le seul but de conserver le pouvoir, en bafouant la Constitution du 18 février 2006, qui représente  l’aboutissement de toutes ces luttes et offre la solution résumée de toutes ces contradictions.

ERIC WEMBA