L’annuaire de l’enseignement technique en RD Congo est enfin là

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En dépit de l’existence en RDC, de plus de 200 écoles techniques et centres de formation professionnelle disséminés à travers les grandes villes, et qui fonctionnaient sans un programme de cours bien défini et unique pour chacune de sections ou de métiers, sans ateliers ni équipements adéquats, l’enseignement technique et la formation professionnelle étaient caractérisés par une baisse généralisée de niveau. D’où l’inadéquation entre ce type de formation et  l’emploi. Le système éducatif congolais, comme on pouvait s’en rendre compte, était complètement désarticulé et sans grandes perspectives. Ces lacunes viennent d’être comblées grâce à un laborieux travail de partenariat réalisé par le Projet d’appui à l’enseignement technique et formation professionnelle avec le soutien financier de la Coopération technique belge.

            C’est pratiquement le chantier de la réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle qui a pu voir plusieurs étapes franchies.
            L’une d’elles, est l’élaboration de l’annuaire «  Profil de l’enseignement technique et la formation professionnelle en RDC. Offres de formation, tendances socio-économiques et bassins d’emplois ».
            Ce travail scientifique qui a mis à contribution une équipe mixte d’experts congolais et belges sous la coordination de Philippe Gille, a été présenté officiellement jeudi,  au Lycée Mgr Shaumba. C’était à l’occasion de la journée de restitution de la mission internationale en statistique EFTP.
            Dans son allocution, le vice-ministre en charge de l’enseignement professionnel a au nom de son titulaire empêché, salué le travail réalisé et félicité les experts, pour l’élaboration de cet annuaire qu’il considère comme pièce-maîtresse qui manquait à la machine de l’enseignement technique et de la formation professionnelle pour bien rouler sur les rails.
            Sedea Ngamo Zabusu a réaffirmé la volonté du chef de l’Etat qui accorde une importance particulière au développement de la RDC, particulièrement à sa reconstruction, afin que notre pays
puisse retrouver sa place dans le concert des nations.
L’annuaire est également une pièce-maîtresse pour la réforme de l’enseignement technique et la formation professionnelle, devant permettre à notre système éducatif, de corriger les erreurs du passé et ramener l’équilibre entre l’offre de formation et les bassins d’emplois.
Il a émis enfin, le vœu de voir ce travail mis à la disposition du gouvernement, avant d’ajouter qu’il attend beaucoup des experts pour boucler le projet de réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.
            Le secrétaire général à l’EPSP s’est réjoui de constater que l’annuaire est un outil de travail fiable, bien que non encore finalisé, pouvant servir de référence dans la prise de décisions en rapport avec la revisitation de la nouvelle carte scolaire de notre système éducatif. Et ce, parce que le document contient à la fois des informations sur les filières organisées et les potentialités socio-économiques de chaque province administrative et éducationnelle. Cela pourra permettre de recadrer les micro-plans en implantation, transfert, scission et fermeture des écoles selon les besoins de la communauté de base. Aussi a-t-il remercié les experts qui ont œuvré à ce travail, spécialement M.M. Philippe Gille et Joël Leroy, coordinateur de ce projet.
Faisant l’économie de ce travail, le coordinateur du projet Joël Leroy a indiqué que cet annuaire est un outil indispensable qui présente une analyse chiffrée de plusieurs données récoltées sur le terrain, et établit les liens qui existent entre les filières, les tendances socio-économiques et les bassins d’emplois.
            Il permet ainsi de comprendre les mécanismes qui s’exercent sur le terrain.
En rappelant l’historique de la coopération entre la RDC et la Belgique, dans le secteur de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, Joël Leroy a évoqué la réalisation de quelques étapes de projet qu’il supervise, dont notamment l’identification des problèmes, la formation des formateurs, la sélection des écoles et centre de formation, la méthodologie en approche par compétences, la définition et l’élaboration des programmes des cours pour 30 filières, et tant d’autres.
            La conception de l’annuaire a répondu à plusieurs questions relatives à quel type de formation dans les provinces, pour répondre à quelles les tendances socio-économiques et offrir quel type d’emplois.
            L’enquête, a indiqué a permis d’identifier 5.000 structures de formation, dont 3.722 écoles.
Dans ses 119 pages, l’annuaire donne le nombre d’écoles, les filières, les provinces administratives et éducationnelles. Sur base des activités développées et des entreprises existantes, il donne le panorama des tendances socio-économiques et permet d’imaginer les bassins d’emplois.
            Et pourquoi ce travail scientifique ? Tout est parti du constat dressé sur le terrain, les infrastructures vieilles, sous-équipement, un matériel d’atelier obsolète et faiblesses au niveau des programmes et de formateurs.
Pourtant, sur le terrain, il y avait un potentiel réel qu’il fallait mettre en œuvre de manière à répondre aux besoins locaux.
            Balayant les fausses idées, Joël Leroy a relevé qu’il y a des gens qui savent former. Avec la CTB, ils ont revitalisé le 24 décembre dernier, les programmes de formation de formateurs dont 39 existants, tandis que d’autres relatifs au changement de pédagogie sont en cours.
            Quant aux perspectives de cet annuaire, le coordinateur du projet d’appui à l’ETFP a indiqué qu’ils entendent établir une seconde cartographie beaucoup plus précise. Cela implique
            Des contacts avec les différents interlocuteurs de manière à ce que les filières puissent satisfaire les provinces éducationnelles, faire des sondages, tâter le pouls des entrepreneurs et interroger les décideurs à travers le pays, grâce à un questionnaire bien élaboré.
             Il faudra d’autre part, améliorer les données récoltées sur le terrain.    
            Pour Philippe Gille, l’enquête statistique menée leur a permis d’amasser beaucoup de données avec lesquelles ils se sont forgés une vision de l’enseignement technique et de la formation professionnelle en RDC.
Cet annuaire est une première étape qui aboutira à l’élaboration des lignes directrices des filières et des métiers et à la prise des décisions pour les décideurs.
            Ils devront faire le recensement de toutes les écoles de la RDC. Pour ce faire, ils avaient diffusé des documents et reçu des écoles. En deux ans, a-t-il fait remarquer, la liste des écoles a beaucoup changé. Voilà pourquoi ils vont élaborer des cartes qu’ils vont intégrer dans l’annuaire.
            Complétant Philippe Gille, Jean-Claude Kitua Silua, expert du projet AETFP, a épinglé le laborieux travail accompli dans la province éducationnelle du Katanga caractérisée par ses richesses minières et ses potentialités agricoles.
            L’expert Désiré Nkoyia quant à lui fait observer que dans certaines provinces, l’offre de formation ne correspond toujours pas aux besoins d’emplois. Il a insisté que soit établie la cartographie de l’ETFP qui constitue une base de données importantes pouvant proposer de grandes orientations pour les décideurs.
 
                                                                                                                                                                                                                                             J.R.T.   
   
 

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