L’Angola verrouille ses frontières  avec la RDC

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Rien ne pouvait présager que le pays de Dos Santos allait renforcer
militairement ses frontières communes avec son voisin. Un voisin,
note-t-on,  avec qui il partage près de deux mille kilomètres de
frontières. Les deux pays partagent une histoire commune depuis des
temps immémoriaux. Des tribus transfrontalières vivent de part et
d’autre, quoique colonisées par deux puissances européennes
différentes. Si la RDC avait obtenu son indépendance politique en 1960
sans subir une longue et cruelle guerre civile, ce n’était pas le cas
pour l’Angola qui, durant plus de trente ans avait subi des dégâts
matériels, économiques, agropastoraux rares en Afrique sans oublier
des tueries, des massacres humains dont le traces ne s’effaceront pas
facilement.
Ce qui caractérise les deux Etats voisins, c’est que les différentes
guerres civiles qui les ont ravagés semblent avoir inculqué une
mentalité de résistance et parfois de résignation au sein des
populations autochtones de part et d’autres des frontières communes.
Les liens de fraternité ont survécu malgré les différentes options
politiques prises par les multiples camps politiques en opérations
militaires à travers les territoires des deux Etats. Il sera difficile
d’oublier les différentes tendances sociopolitiques antagonistes
observées sur les terrains des opérations militaires qui ont causé des
centaines des milliers des morts, des blessés, des  handicapés
physiques, des malades mentaux ayant subi des traumatismes gravissimes
tout au long de ces guerres civiles de plus de trente ans. Que des
déchirements parmi des populations appartenant aux mêmes tribus et
cela, pour des choix politiques conjoncturels !
Selon des sources non encore officiellement confirmées, des aéronefs
de l’armée angolaise, notamment des avions de combat de type MIG-21
seraient arrivés dans l’Enclave de Cabinda depuis 48 heures. Pour
d’aucuns, il faut craindre que  la base militaire congolaise de Kitona
ne soit la cible des pilonnages de l’aviation angolaise en cas de
situation confuse en Angola ou en RDC. Les mêmes bruits font état des
mouvements des éléments de l’armée terrestre, accompagnés des Tanks de
combat ainsi qu’une artillerie lourde  qui se prépareraient à se
déployer  à la frontière Ouest. D’autres mouvements des éléments de
l’armée de terre angolaise seraient observés au Nord Est de l’Angola.
Ainsi donc, à part la frontière avec deux nouvelles provinces de
l’ex-grande province du Katanga, des éléments de l’armée angolaise se
préparent à se déployer le long de près de 1600 kilomètres sur les
2000 des frontières communes entre les deux Etats. Autrement dit, les
provinces situées le long des frontières communes, notamment
l’ex-Bandundu, le Kongo Central et trois nouvelles provinces de
l’Ex-grand Kasaï se trouveraient dans la mire de la menace d’une
probable invasion des forces armées angolaises.
Au regard de l’histoire commune fort riche depuis des millénaires, et
surtout les liens entre les ressortissants des tribus
transfrontalières, si ces attaques se concrétisaient, quel serait
alors le fil d’Ariane qui les déclencherait et qui en seraient les
commanditaires ?
On sait que plus de 23.000 réfugiés congolais se trouvent en Angola,
à la suite de l’insécurité au Kasaï. Cela suffit-il pour justifier la
mise en alerte de l’armée angolaise?
Sur le plan politique, la situation en RDC est actuellement
caractérisée par une crise profonde consécutive à l’application
controversée et querellée de l’Accord du 31 décembre de l’année
dernière. La vie sociopolitique semble focalisée autour de cet état
des choses. Pour preuve, depuis le début du mois de janvier de cette
année, le pays vit un évènement rarissime : à savoir l’avènement au
début du mois d’avril du second premier ministre désigné par l’une des
tendances du camp de l’opposition politique. Et selon des bribes
d’informations émanant des salons politiques, toutes tendances
confondues, ce n’est qu’une partie remise, un autre sortirait dans un
avenir proche dans la mesure où les murs qui ont des oreilles font
état d’un horizon assombri qui ne serait pas de nature à permettre la
poursuite aisée des opérations d’enrôlement des électeurs. Par
ailleurs, des observateurs attitrés de la vie politique en RDC,
prédisent un embrasement du pays, pourtant non désiré mais qui pointe
à l’horizon au regard des tendances sociopolitique fortement
antagonistes qui se disputent le devant de la scène sur l’échiquier
national.
Si l’Angola an arrivait à intervenir militairement en RDC, quelle
sera sa marge de manœuvre étant donné le passé récent, essentiellement
lors de l’évènement de l’AFDL et le coup d’arrêt énergique asséné à
l’aventure du R.C.D. pro Kigali ?
F.M.

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