L’AMP devant un nouveau défi !

0
40

Après l’alerte de Clément Kanku…voici la motion de censure de Bussa

 Ce que d’aucuns redoutaient depuis une semaine est arrivé. Jean-Lucien Busa, l’auteur de la question orale au Premier ministre s’est déclaré insatisfait au terme des réponses d’Adolphe Muzito à ses préoccupations. Il a décidé d’imposer une nouvelle épreuve, celle de la motion de censure, au chef du gouvernement. Et, à ce niveau, ce n’est pas seulement le Premier ministre qui est visé, mais l’ensemble de sa famille politique, l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP).

 La première question qui vient à l’esprit est celle de savoir comment cette plate-forme va réagir à une initiative dont le dessein non avoué est connu : la chute de l’équipe gouvernementale actuelle. Il nous a été donné d’apprendre qu’à l’occasion de la question orale, la consigne en circulation au sein des partis membres de l’AMP était à la solidarité.
 Celle-ci va être testée dans la phase actuelle consistant pour Jean-Lucien Busa à récolter au moins 125 signatures pour conférer un caractère légal à sa motion de censure. Mathématiquement, l’Opposition parlementaire ne saurait atteindre ce palier sans le concours des membres du camp présidentiel.
 Il semble que l’on a finalement compris, du côté de la majorité au pouvoir, le risque d’une caution morale à une crise politique incontrôlée par rapport aux engagements pris avec les institutions financières internationales pour la reconstruction du pays et l’effacement d’une partie substantielle de sa dette extérieure. L’on craint qu’un départ précipité de Muzito, l’un des maillons importants de la chaîne de collaboration avec les bailleurs de fonds bi et multilatéraux, n’ait des retombées négatives sur les efforts déployés par le pays pour atteindre, à l’horizon du 30 juin 2010, le Point d’Achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés.
 Mais, si la motion de Busa recueille tout même le nombre de signatures requis pour sa validité, tous les regards seraient alors tournés vers les moyens de défense du Premier ministre, singulièrement au chapitre des accusations concernant ses présumés biens et avoirs financiers personnels. Jusque-là, on peut penser qu’il jouit de la présomption d’innocence.
L’Alliance de la Majorité Présidentielle s’est-elle déjà inscrite dans la logique d’un changement de chef de gouvernement ? On ne va pas tarder à le savoir.
 Dans l’hypothèse où il en serait ainsi, il faudrait que « l’autorité morale » et ses poulains soient en mesure d’assumer le séisme politico-économique qui devrait s’ensuivre. La famille politique du chef de l’Etat est-elle prête à affronter, à quelques mois des échéances électorales de 2011, la bombe de l’éclatement des alliances conclues en 2006 ? S’est-on interrogé sur les profits et pertes que générerait la séparation du PPRD avec le Palu et l’Udemo d’une part, et d’autre part, entre le PPRD et tout ou partie de ses autres partis alliés?
 Décidément, la motion de censure annoncée mais non encore « légalisée » de Lucien Busa va poser la question de confiance entre formations politiques et acteurs de l’Alliance de la Majorité Présidentielle. Le Palu et l’Udemo notamment attendent pour savoir si les termes de leur « deal » avec le PPRD en 2006 sont toujours valables.
 En fin d’année dernière, la motion de défiance préparée par Clément Nkanku avait été bloquée par une motion incidentielle de Pius Mwabilu. Que nous réserve cette fois l’AMP, dont la cohésion a jusque-là été sans faille dans des moments difficiles.

Kimp.

LEAVE A REPLY

*