L’ambassadeur de France, Luc Hallade, aux Congolais : « Il faut que le gouvernement de la RDC s’attelle à la reconstruction de ses forces… »

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luc_halladeComme à l’accoutumée, la résidence de l’ambassadeur de France en RD Congo a été prise d’assaut par du beau monde, dimanche 14 juillet 2013, à l’occasion de la célébration de la fête nationale française. Acteurs politiques, opérateurs économiques, diplomates, journalistes, artistes, scientifiques, etc. ont répondu présents à l’invitation de l’ambassadeur Luc Hallade pour commémorer la prise de la Bastille, qui a eu lieu le 14 juillet 1789, marquant ainsi le début de la Révolution française. La Bastille, rappelons-le, était une prison et un symbole du pouvoir absolu et arbitraire de l’Ancien Régime de Louis XVI. Sa prise par le peuple a démontré que le pouvoir du roi n’était plus absolu ; devant désormais se fonder sur la Nation et être limité par une séparation des pouvoirs.

            En effet, en marge de cette soirée festive, l’ambassadeur est revenu sur les racines de cette Révolution française. Une période de guerre, de tumulte et de conflits, de renversement des valeurs et de l’ordre établi aussi. « La guerre est un fléau qui touche indistinctement combattants et non combattants, civils et militaires. Elle est destructrice, meurtrit les corps et les âmes et crée souvent des rancœurs qui appellent d’autres guerres » a-t-il appuyé.

            Cependant, pour mettre fin à ce cycle de violences à l’Est de la RDC, le diplomate a réaffirmé que la Communauté internationale est prête à accompagner la RDC dans la réforme de son secteur de sécurité, notamment dans celle des FARDC.

La mise sur pied de la Brigade d’intervention, prévue par la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, répond à cette logique, a-t-il dit. Néanmoins, la Communauté internationale, consciente que cette réforme des FARDC demande du temps, pallie temporairement leurs insuffisances en déployant des soldats d’autres nationalités, mieux formés, plus aguerris, mieux équipés, sur le sol congolais. « Mais cette solution ne peut être que provisoire. Il faut donc qu’en parallèle, le Gouvernement de la RDC s’attelle à la reconstruction de ses forces, et plus particulièrement de la Force de Réaction Rapide prévue par la résolution 2098 », a-t-il préconisé.

            Partisan inconditionnel de la paix, Luc Hallade a tenu à saluer la signature le 24 février 2013 de l’Accord cadre d’Addis-Abeba, qui a été rebaptisé par Mary ROBINSON, envoyée spéciale du Sécretaire Général des Nations-Unies pour les Grands Lacs, « l’accord de l’espoir ».

            Cet espoir, a-t-il relevé,  c’est celui que sont venu exprimer Valérie TRIERWEILER, la compagne du Chef de l’Etat français, François Hollande, et Yamina BENGUIGUI lors de leur récente visite en RDC, où elles ont visité des structures d’accueil d’enfants de la rue à Kinshasa, l’hôpital de Panzi et la Cité de la Joie à Bukavu.

            Conscient des dégats que causent des hordes de pillards sans foi ni loi dans cette partie du pays, prétendant justifier leurs exactions par des motifs politiques ou idéologiques et masquant mal leurs motivations premières : l’appât du gain et la violence aveugle, Luc Hallade a conclu qu’il faut que ces crimes cessent, que leurs auteurs soient arrêtés et condamnés. « Il faut que tout soutien extérieur ou intérieur aux différents groupes armés cesse. Il faut enfin que la RDC et les autres Etats signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba respectent leurs engagements et que la Communauté internationale en soit la garante, soutienne les efforts des Etats vertueux et condamne, sanctionne ceux qui trichent, biaisent ou privilégient la guerre au lieu de promouvoir la paix » a-t-il laché.

            Rappelant que son pays, la France, vient de signer un 1er Contrat de désendettement – développement avec la RDC d’un montant de 106 millions d’euros sur 3 ans, le diplomate a promis que son gouvernement est et restera aux côtés des autorités congolaises pour appuyer leurs efforts de développement économique et social.

Et pour preuve, la France mobilise aussi ses entreprises, ses organismes publics, son expertise pour contribuer à la réhabilitation des infrastructures de transport, à la construction de salles de classe, à la réfection des voieries, à la distribution de l’eau et à l’amélioration de la gestion des services publics.

Concertations nationales : offrir les garanties à l’opposition

            Saluant aussi l’initiative prise par le Président de la République, Joseph KABILA KABANGE, de lancer prochainement des concertations nationales, avec l’objectif affiché de bâtir un consensus qui permette de mobiliser toutes les forces, toutes les énergies, pour sauver la Nation Congolaise en danger à l’Est, mais aussi pour un développement harmonieux partout sur son territoire, Luc Hallade a trouvé normal et compréhensible que l’opposition demande des garanties pour leur bonne tenue, aboutissement et suivi. Mais une fois ces garanties obtenues, a-t-il averti, toutes les forces vives de la Nation Congolaise devront participer activement et sans arrière –pensées à ce dialogue, qui doit déboucher, non sur de nouvelles querelles politiciennes ou sur un énième « partage du pouvoir », mais sur des orientations claires et partagées par tous pour bâtir « un  Congo plus beau qu’avant ».

S’adressant à ses compatriotes installés à Kinshasa, il a déclaré haut et fort que la RDC a besoin de davantage d’investissements privés extérieurs, alors que la France a besoin d’exporter ses produits, ses entreprises, son savoir-faire. Il s’agit donc, pour lui, de monter des partenariats « gagnant-gagnant », dans lesquels chacune des parties trouve son intérêt bien compris.

            Il convient de signaler que juste avant la réception, il a été remis au Lieutenant – Colonel Jens LUDWIG, adjoint de l’attaché de défense allemand près l’Ambassade de RFA en RDC, les insignes de Chevalier de l’ordre National du Mérite. Il a été également remis à Dismas KITENGE, Président du Groupe LOTUS, Vice-président de la FIDH et défenseur inlassable des Droits de l’Homme en RDC, le 2ème prix des Droits de l’Homme de l’Ambassade de France. « La France soutient les défenseurs des Droits de l’Homme, qui représentent une part de notre conscience universelle. Elle est ainsi fidèle à sa vocation, qui est de porter, partout où elle le peut, sans arrogance  mais avec force et conviction, les valeurs qui sont les siennes : Liberté, Egalité, Fraternité.

Tshieke Bukasa

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