L’Ambassadeur de France en RDC Pierre Jacquemot : « le Point d’achèvement atteint, le plus important, c’est la suite… »

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En marge de la fête nationale française, le 221ème anniversaire de la prise de la Bastille, l’ambassadeur de ce pays en RD Congo, Pierre Jacquemot, a tenu une conférence de presse à sa résidence de la Gombe, le lundi 12 juillet 2010. Au cœur de cet entretien avec la presse, divers sujets d’actualité, tels l’état de la coopération France-RD Congo, le dossier RFI, l’affaire « Floribert Chebeya », l’atteinte du Point d’achèvement par la RDC, la Francophonie, etc.

         Au sujet de l’état de la coopération entre les deux pays, le diplomate a rappelé que son pays a toujours été là pour partager les meilleurs moments ou encore les moments difficiles de la RDC. En effet, grâce à une coopération, tant civile que militaire, ancrée dans une relation de longue date et fondée sur la confiance et l’amitié, Pierre Jacquemot a souligné les différents domaines d’intervention de la France au Congo : sécurité, économie, environnement, enseignement supérieur et recherche, création artistique, santé, appui aux médias, etc. Ainsi, entre 2006 et 2010, la France a consacré près de 900 millions USD pour soutenir les initiatives des autorités congolaises en faveur de la stabilisation du pays et du développement. « La plus grande partie de cette aide transite par le canal multilatéral : Union européenne, Nations Unies, Banque Mondiale, Banque africaine de développement »  

Des milliards USD de la France effacés         

            Pays ayant consenti un effort particulièrement important en matière d’annulation de dette, dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), la France s’est réjouie du « formidable succès » de l’atteinte du Point d’achèvement. Cela traduit un effort important, le résultat d’un effort national, mais le plus important, avertit l’ambassadeur, c’est la suite. « On efface la dette pour conduire le pays vers le développement avec des projets soutenables bénéfiques aux Congolais… » a-t-il conseillé, avant d’ajouter que son pays est prêt à contribuer de nouveau à cet effort de développement dans le respect des « règles de l’art », la « parfaite transparence » et « totale probité ». 

Les contrats chinois : une lourde dette pour les générations futures 

            Comme l’Europe est, avant les Chinois, le 1er bailleur de fonds, Pierre Jacquemot a rappelé que son pays est l’un des plus grands créanciers de la RDC avec près de 5 milliards USD de prêt. Sur le plan bilatéral, indique-t-il, la coopération française se concentre sur trois priorités : la sortie de crise et la restauration de l’Etat de droit, le développement durable, et la Francophonie. « Nous saluons cette double victoire de la RDC (Atteinte du Point d’achèvement et Contrat chinois), obtenue avec le concours des pays et institutions financières internationaux… » a clamé Pierre Jacquemot, tout en précisant les craintes des pays occidentaux, face aux contrats chinois  qui constituent, malheureusement des dettes trop lourdes pour les générations futures. 

Affaire « Chebeya » : la France toujours pour une expertise international           

            Devenu une personnalité emblématique, Floribert Chebeya, le militant de droits de l’homme disparu dans des conditions encore non élucidées, est toujours une préoccupation pour la France. A cet effet, le représentant de l’Hexagone a déclaré qu’après la transmission du dossier de l’autopsie par les experts hollandais, il espère que des résultats incontestables découleront de cette enquête. Subséquemment,  la France réitère son appel à une expertise internationale et une justice indépendante afin d’arriver à des aboutissements incontestables auxquels la Communauté internationale va adhérer.

            Toujours dans ce chapitre de la liberté d’expression, le dossier « Radio France Internationale » a été abordé. N’émettant plus depuis plus d’une année, l’ambassadeur a rassuré que les négociations pour sa réouverture ont heureusement abouti. Cependant, contrairement à ce qui a été annoncé, la fixation de la date exacte du début effectif des émissions appartient exclusivement au gouvernement congolais et non à RFI. D’ores et déjà, plusieurs points de divergence ont été aplanis entre les deux parties, étant donné que l’animateur du bureau local de RFI est déjà désigné et accrédité.

Tshieke Bukasa

 

 

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