L’Ambassadeur Beltchika salue le courage et la constance de Tshisekedi

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maxresdefaultCamarades membres du Conseil National,
Camarades,
Notre longue Session touche, aujourd’hui, à sa fin. Je vous félicite tous pour l’assiduité et la disponibilité témoignées tout le long de la session et de la• qualité de travail dont vous avez fait preuve, souvent, dans des conditions très difficiles.
Voilà qu’hélas, la clôture de la session coïncide avec l’avènement d’un événement combien triste que le destin nous impose.
Camarades,
Le mercredi 1 février 2017, un coup de massue s’est abattu sur notre pays, nous tétanisant tous, interloqués par le choc de l’annonce de la soudaine disparition du Docteur Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA, Président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (l’UDPS), et Président du Comité des Sages du Rassemblement, disparition intervenue en Belgique (Bruxelles) où il était parti pour un contrôle médical.
 
Observation d’une minute de silence
 
Je vous invite à vous lever, camarades, et à observer une minute de silence avec une pensée pieuse en Hommage et mémoire de l’Illustre disparu •.•. Merci.
Camarades, qui est Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA, qui vient de nous quitter à l’âge de 84 ans?
Natif de Kasaï Oriental, il a vu le jour le 14 décembre 1932 à Kananga, alors Luluabourg où il a fait ses études primaires et secondaires. Il a suivi et terminé avec brio ses études universitaires à Louvanium à Kinshasa. Il fait partie des premiers universitaires congolais et fut le premier Docteur en droit de notre pays.
            Cette posture lui permettra de participer très tôt et très jeune a la gestion et à la marche des institutions dirigeantes de notre pays dès les premières heures de l’indépendance. Plusieurs fois ministre: (Commissaire Général, Justice, Intérieur, Plan, Directeur général de l’ENDA, Ambassadeur, Vice-président du Conseil national, càd. Parlement et Premier Ministre, etc).
            Les avantages et les privilèges inhérents à ces hautes fonctions ne lui ont jamais tourné la tête pour en faire leur servile esclave au mépris de sa dignité et de son honneur.
Bien au contraire, il n’hésitera pas de se démarquer petit à petit du régime mobutiste qu’il avait pourtant contribué à asseoir, lorsqu’il constatera que le régime restait insensible, imperturbable, et donc immuable, il tout conseil de redressement même de simple bon sens. Et surtout, lorsqu’il arrivera à une conviction intime que le régime se muait plut6t, de plus en plus, en système totalitaire de règne personnel de pouvoir et de la pensée unique qui ne laissait plus de quartier, si minime soit-il, de liberté de pensée et de parole au citoyen congolais, le régime et le système s’étaient donné la mission de mater et de formater la citoyenne et le citoyen congolais en robot mobutiste.
            Souvenez-vous des mots d’ordre d’alors qui en disent long et traduisent l’état d’esprit et la nature du régime: « Olinga Ollnga te ozall kaka membre ya MPR na ebandeli pe kati ya IIbomu ya mama na yo», ou encore « toute parole du Président Fondateur a force de Loi.
Lorsque l’Illustre disparu s’est engouffré dans la brèche de la dynamique d’un groupe FRONDEUR des commissaires du peuple «parlementaires », au cours de la législature de 1977 -1982, à la suite des interpellations des gouvernants et des mandataires publics pour une saine gestion de l’Etat et de la Nation dans le sens de l’Intérêt général, à la suite du vent de la perestroïka qui avait commencé au plan international et des remous internes, au plan national; sa démarcation et sa prise de distance d’avec la dictature mobutienne est devenue radicalement irréversible, pour la première fois dans un tel contexte. .
En 1982, ensemble avec ses vaillants collègues fondateurs, auxquels il convient de souligner et rendre le mérite de l’inltiative et de saluer la bravoure lorsqu’on se refère au contexte d’alors, ils ont créé un parti politique Union des Démocrates pour le Progrès Social «Udps» qui a fonctionné en clandestinité jusqu’en avril 1990.
            Avec ses collègues, ils ont vécu, dans leur chair les affres des divers cachots et centres de tortures de Kinshasa, Ils se sont familiarisés avec diverses prisons de toutes les provinces du pays de même qu’avec les populations desdites provinces, lors de leurs nombreuses consignations en relégation.
            L’ironie du sort, par son acharnement caractérisé et ses pratiques visant à éradiquer le vent de la démocratie dont désormais l’UDPS était le porte-étendard; le régime de la dictature était devenu, sans le savoir, le soufflet qui alimentait la flamme incandescente de la démocratie et animait la mobilisation populaire.
            La dictature de l’AFDL n’ayant pas tiré les leçons de celle de Mobutu, elle s’est heurtée à la même détermination et engagement de l’Illustre disparu pour la défense de ses convictions.
            Le credo sur lequel la lutte de l’Illustre disparu et ses collègues fondateurs avaient jeté l’ancrage, pour atteindre leur objectif, de l’avènement de la démocratie dans notre pays et de l’Etat de droit, leur a imposé l’accomplissement de certains préalables comme nécessité et exigences sans lesquelles la démocratie et l’Etat de droit visés ne resteraient que des simples mirages.
            La lutte du Président Tshlsekedi et de ses collègues, la lutte de l’UDPS, pour ainsi dire, était celle de la transformation de l’homme congolais, de la citoyenne et du citoyen congolais en homme conscient de ses droits et devoirs citoyens dans une République, dans le respect de sa dignité.
 
Camarades membres du Conseil,
            Dans un Congo où la citoyenne et le citoyen étaient réduits à l’ordre d’objet, dans un Congo où le code éthique était la chosification de la personne humaine pour la gloire et la pérennité du Président Fondateur et de son régime, dans un Congo où l’organisation de l’Etat et de la Nation était fondée sur la culture de clientélisme et celle de la peur, propagation d’une sorte de phobie généralisée que le régime et son système policier avaient imposée et diffusée à travers toutes les Institutions et les structures nationales.
            Dans un tel Congo et dans un tel contexte, l’lllustre disparu et ses vaillants collègues Fondateurs et compagnons de lutte avaient choisi de s’impliquer dans un processus de conscientisation de la citoyenne et du citoyen congolais individuellement d’abord, et collectivement, ensuite, comme peuple, pour faire tomber la barrière de la peur pour se donner les moyens de revendiquer ses droits de l’homme et d’exercice des libertés et de la démocratie.
S’il est facile de détruire une oeuvre en une fraction de seconde, l’édification de celle-ci est toujours laborieuse et nécessite bien de temps. Et, combien davantage lorsqu’II s’agit d’une oeuvre de construction de mentalités.
C’est pourquoi, nous rendons un vibrant hommage à l’Illustre disparu qui par son choix, sa  détermination, son engagement dans la lutte, son courage pour la défense de ses convictions et de l’idéal de la lutte pour la démocratie et l’avènement de l’Etat de droit, de sa simplicité de vie et de sa constance dans la lutte ayant définitivement et radicalement banni le spectre de la peur dans tout son comportement jusqu’à sa disparition.
 
A l’adresse de la classe politique en général
            L’Illustre disparu lègue ainsi à la prospérité un héritage incommensurable des valeurs et d’inspiration sur lesquelles il faut s’appuyer pour asseoir le processus de démocratisation, actuellement en péril et l’avènement d’un véritable Etat de droit dans notre pays.
            Tous, nous avons une seule patrie, un seul peuple dont nous sommes ou cherchons à être des représentants c’est-à- dire être à son service et non le soumettre à notre service, encore moins à nos intérêts partisans. C’est donc le lieu et la circonstance d’en appeler à toute la classe politique de prendre la résolution de conformer nos déclarations à notre comportement et à notre action, conformément à l’intérêt général du peuple et de la nation.
 
A l’adresse du pouvoir en place et de la mouvance présidentielle
Je rafraichis la mémoire à ceux de nos compatriotes qui l’auraient perdu de vue. Demain dimanche 05 février, à minuit, la seule institution qui avait encore une certaine légitimité tirée des élections organisées vaille que vaille mais élections tout de même, était l’Assemblée Nationale issue du scrutin de 2011.
Demain dimanche donc le mandat de cette institution prend fin. Dès lors, le vocable majoritaire devient caduc. Le Rassemblement avec l’ensemble de notre peuple doivent en prendre acte.
Par ailleurs, l’argument utilisé à  la CENCO pour empêcher le peuple congolais d’être doté d’un gouvernement dont la mission est de préparer l’alternance démocratlque des institutions par vole d’ élections crédibles, la mouvance présidentielle évoque l’article 78 de la constitution pour exiger que plusieurs noms des candidats Premiers Ministres doivent être soumis à son leader pour que ce dernier choisisse discrétionnairement celui qui lui plaira.
            Avant de démontrer la mauvaise foi manifeste qui anime la mouvance présidentielle et pour permettre à notre peuple de se faire une religion, à l’intention de notre peuple, je transcris le fameux article 78 évoqué et la disposition y relative de l’Accord du 31 décembre 2016 signé à la CENCO.
 
L’article 78 dispose:
«Le Président de la République nomme le Premier Ministre au sein de la Majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement……..
            Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information a une personnalité en vue d’identifier une coalition.
La mission d’information est de trente jours renouvelables une seule fois.
            Le Président de la République nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leur fonction à la demande du  Premier Ministre.»
Il faut d’abord préciser que le Premier Ministre dont il est question ici est choisi dans la majorité parlementaire issue des élections. Celui du cas d’espèce est le produit d’un Accord politique fruit du consensus entre acteurs politiques et les forces vives.
Ensuite, cet article ne dit nulle part que le choix du Président de la République se fait sur la base d’un panel des personnalités qui lui sont présentées.
Quant à la disposition de l’Accord signé au Centre Interdiocésain / CENCO, il est ainsi libellé au point III.3. 2ème alinéa que le gouvernement de la république est dirigé par le Premier Ministre présenté par l’opposition politique non signataire de l’Accord du 18 octobre ‘ 2016/Rassemblement et nommé par le Président de la République conformément à l’article 78 de la constitution.
            Comme tout un chacun et le peuple peuvent le constater, rien dans ce texte n’autorise l’élaboration d’une liste des candidats à soumettre au Président de la République.
            En fait, c’est dire que dans le premier cas, le Chef de l’État choisit ou participe au choix tandis que dans le deuxième, ce choix est clairement laissé au Rassemblement.
            Aussi, chers compatriotes, la mouvance au pouvoir, doit cesser de narguer le peuple congolais et laisser le Rassemblement communiquer  le nom du Premier Ministre de Transition parce que dans l’immédiat, c’est à lui, avec son équipe, que revient l’organisation des obsèques du Docteur Etienne TSHISEKEDI dans un climat d’apaisement et de recueillement. Chercher à récupérer cet événement au profit de la mouvance, c’est véritablement une provocation. Surtout que certains membres de la mouvance s’étaient improvisés prophètes pour annoncer que cette fois TSHISEKEDI ne reviendrait pas vivant.
 
A l’adresse du Rassemblement :
Plus que jamais, le peuple nous regarde et nous observe, c’est le moment de resserrer •encore davantage les coudes pour afficher un comportement responsable qui nous permettra de relever le défi que le destin nous impose avec la disparition inattendue du patriarche Docteur TSHISEKEDI wa MULUMBA Etienne, juste au moment où la Nation avait grandement besoin de lui, de l’expérience de sa LONGUE LUTTE et surtout du respect qu’il inspirait à l’ensemble de la Nation. La meilleure manière que nous avons d’honorer sa mémoire au sein du Rassemblement, c’est de nous engager à l’unisson au Rassemblement de continuer le combat ju qu’à la réalisation des nos objectifs à• court terme, de traduire en pratique les Accords du 31 Décembre 2016 signés sous la médiation de la CENCO et à moyen terme, se préparer à gagner les élections dans la perspective de l’alternance et surtout de l’alternative au pouvoir pour permettre à notre peuple de renouer avec le sourire en répondant à ses besoins sur divers plans dans l’amélioration de sa condition de vie.
 
A l’adresse de la base, cadres et sympathisants du CDPS
Conformément à la décision du Bureau Politique siégeant en une réunion extraordinaire convoquée le 2 février dès l’annonce de la nouvelle de la disparition de l’Icône de la lutte pour la démocratie et l’Etat de droit dans notre pays, il est ordonné à tous les organes dirigeants et à tous les combattants du CDPS sur toute l’étendue du territoire national et à l’étranger, de se joindre au deuil des combattants de l’UDPS, de mettre en berne les drapeaux de notre Parti et de suspendre toutes les formes de réjouissance jusqu’au lendemain de l’inhumation du Grand Leader, le Dr Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA.
 
Reconnaissance de la Nation et du peuple au Père de la démocratie et du respect
du Congolais
Le CDPS en appelle au peuple congolais de tout faire moyennant l’accord préalable de la famille de  l’illustre disparu qu’il soit érigé à Kinshasa le Mausolée de l’ILLUSTRE disparu, à l’ancien Pont CABU [place Triomphale aujourd’hui] symbole de l’endroit où l’illustre disparu a défié mains nues, pacifiquement, l’armada policière du régime Mobutu armée jusqu’aux dents pour semer la terreur et la peur dans la conscience et les esprits des Congolais. Tshisekedi wa Mulumba a inculqué dans l’esprit et la conscience du citoyen congolais le germe  d’abas la peur et la conviction que le courage libère et que la peur rend servile.
Une telle reconnaissance est l’ultime hommage que la Nation et le Peuple doivent à l’illustre disparu.
Camarades membres du Conseil National, je vous remercie de votre attention et déclare la Session close.
 
Kinshasa, le 04 février 2017
 
Le Président National,
François-Xavier  Beltchika Kalubye