L’Ambassade des USA et le Ballet national en campagne contre les violences sexuelles en RDC

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Un public cosmopolite a assisté le vendredi 11 mars 2011  à la Halle de la Gombe à  la soirée de danse initiée  par la chancellerie des USA en RDC avec le concours technique du  Ballet national du Congo.  Au menu : les numéros de l’envoyée culturelle du gouvernement américain,  la danseuse Carmen Nicole, le tour de chant de  Sandy Francis et Nathalie Marini, la prestation scénique du Kongo Drama Company du Ballet national…
 
            Lexxus Legal et la « poétesse » Elfya Elesse étaient également au rendez-vous.  On a noté la présence de l’ambassadeur des USA, des opérateurs culturels, …. à cette soirée
            En initiant « Dancing to respect » ,  l’organisation a voulu  simplement  sensibiliser le public sur les méfaits de la violence sexuelle et l’inégalité des sexes, à travers la danse.
Mamie Kabongolo de  la chancellerie américaine en RDC a précisé que le programme  du vendredi 11 mars 2011  entrait dans le cadre du Plan d’urgence du Président Américain pour la lutte contre le Sida « PEPFAR ». Ce programme a déjà coûté 25 milliards de dollars américains.
            40 millions de dollars américains ont été décaissés jusqu’ici pour la RDC. Le PEPFAR prend en charge un large éventail d’activités en RDC, à savoir la prévention, les soins, le renforcement des systèmes de santé….
            Elle est aussi revenue sur l’engagement de la Secrétaire d’Etat Américain Hillary Clinton sur les violences sexuelles dans notre pays. Dans un message destiné aux Congolais, Mme Clinton avait précisé que les Etats-Unis demeurent engagés à soutenir la santé publique, l’autonomisation des femmes, la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo et dans toute l’Afrique».
            A la fin de son introduction, Kabongolo a invité le duo Sandy et Marini à ouvrir le bal.
            Le public, abasourdi, voit les deux dames chanter tour à tour en français, lingala , swahili. Elles interprètent successivement «Amani», «Non à la guerre», «La vie humaine est précieuse…»
Conquis, le public exulte et entonne à son tour  « Bitumba ezali mabe» ndlr : la guerre est une mauvaise chose. ».
 
Une petite « fée »
            Carmen Nicole monte alors sur le podium. Très svelte et vêtue d’une longue jupe, elle tient le public en haleine pendant plusieurs minutes. Bercée par une musique aux sons parfois langoureux, la jeune danseuse exécute ses pas de danse de manière ordonnée.
Comme si elle avait  des ressorts invisibles dans son corps,  elle se projette dans plusieurs directions.  Ses mouvements sont parfaitement synchronisés.
La sociétaire de Battery Dance Compagny, qui  pratique aussi le yoga, donne  l’impression, à certains moments, d’être « coupée » du public. Et quand elle se retire, les spectateurs l’acclament frénétiquement.
« Romany » est l’intitulé de ses numéros de scène. La chorégraphie était assurée par Jonathan Hollander.
             Pour  Mamie Kabongolo, « Dunia » est la pièce phare de cette soirée.
Frédéric Ngandu du Théâtre National Congolais et Carmen Nicole ont conçu ensemble cette pièce.  C’est  l’histoire d’un petit village où les hommes dictent leur loi aux femmes. Un jour, le chef demande du poisson pour le dîner. Les femmes courent à la rivière, apportent la nourriture et la préparent.
            Mécontentes de se voir offrir des parts inégales, les femmes se révoltent et disent qu’elles vont laisser les hommes manger tous les repas à condition d’échanger les rôles avec elles le jour suivant. L’accord est conclu. Le jour suivant, les hommes vont efectivement à la pêche et font la cuisine. Mais arrivé le moment du repas, les femmes créent la surprise. Elles font une répartition équitable, montrant aux hommes une nouvelle façon de vivre ensemble. Sur le podium, les nombreux danseurs du Ballet national nous font vivre toutes ces péripéties. On voit même des danseuses, paniers en mains, imiter les gestes des pêcheurs.
            Fabrice Buabulamutima et ses poulains de Kongo Drama Compagny  qui ont aussi travaillé avec Carmen Nicole, ont exécuté vendredi des pas de danse retraçant les péripéties de la vie telles que vécues à diffrentes époques par la femme congolaise.
            Avec le poids des traditions, jadis les femmes étaient considérées comme des bêtes de somme. De nos jours, la situation a nettement évolué. Néanmoins, l’homme tend touujours à manifester sa supériorité. La preuve en est que quand Fabrice Buabulamutima tient sa « compagne » Jocelyne Wumba par le bras, il fait tout pour faire voir que c’est lui le mâle.
            A la fin du spectacle, on voit Jucko Nzeza, Elvis Vila, … tenir une danseuse  toute souriante qui lève les doigts en signe de victoire.
            Moralité : l’homme et la femme sont appelés à travailler la main dans la main pour le bien de l’humanité.
 
Un connaisseur
 
            L’artiste Lexxus Legal connaît parfaitement l’âme féminine.
Ce garçon pratique le hip hop. Il lui a été demandé d’interpréter  « Ce que les femmes veulent ».
« Les femmes aiment les hommes qui parlent calmement, détestent les violents, ceux qui parlent beaucoup.. Elles n’ont pas besoin nécessairement d’épouser des Chefs d’Etat, mais veulent avoir  des maris prévenants, attentionnés…. Nos filles, nos mères…. ne veulent pas qu’on s’apitoie sur elles, mais qu’elles aillent à l’école. Ou encore trouvent du boulot…. ».
            Ces principes déclarées sous forme de poèmes, ont fait réfléchir les hommes présents à la Halle de la Gombe. .
 
 Sortir des sentiers  battus
 
            Il y a eu un face à face organisation- médias le lendemain toujours à la Halle de la Gombe. Répondant aux questions leur posées, les organisateurs ont admis la nécessité de faire « déplacer » le spectacle « Dancing to respect »  vers l’arrière-pays pour délivrer le message à un échantillon plus large de Congolais. Satisfaits de l’élan pris, ils comptent sur l’appui d’autres partenaires potentiels pour y parvenir.
            La danse ne doit pas être considérée comme une distraction, ont-ils indiqué. C’est aussi un moyen de communication.
            En produisant Carmen Nicole ensemble avec  les danseurs locaux, les organisateurs ont réussi à drainer un grand public. Ce qui est intéressant, a souligné Mamie Kabongolo, c’est le fait que même des adolescentes de 13 ans ont compris l’essentiel du message. Qui est celui de la lutte contre les violences sexuelles et l’inégalité des sexes.
« La danse narrative m’a beaucoup épatée. Je vais m’y intéresser à mon tour », a lâché Carmen.
 
 Jean- Pierre Nkutu

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