L’AGV convie les décideurs politiques à mettre fin aux pratiques inconstitutionnelles

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Observant la situation politique actuelle, où chaque camp interprète la loi selon ses intérêts, le président de l’Alliance pour la Gouvernance des Valeurs (AGV), Loli Nkema a estimé, au cours d’un point de presse qu’il a animé le vendredi 26 janvier au siège de son
parti sur la 13ème rue Limete, que la RDC doit retrouver sa cohésion nationale en mettant un terme aux pratiques discriminatoires, inconstitutionnelles et illégales. Pour ce faire, toutes les institutions sont conviées à réellement respecter les droits du peuple et acheminer le pays vers de élections crédibles, qui consacreront une nouvelle ère propice au développement effectif de la RDC. Que la date du 23 décembre 2018 retenue par la CENI pour la tenue des élections soit impérativement respectée car, la crise actuelle a pour cause la non tenue des élections comme prévue par la constitution. Pour ce qui
est du seuil d’éligibilité, de la caution ainsi que de la machine à
voter, Loli Nkema a estimé que ces innovations sont discriminatoires
et méritent une modification.
Yves Kadima
Chères Congolaises et Chers Congolais,

C’est en tant que fils de ce pays et membre fondateur de l’Alliance
pour la Gouvernance des Valeurs, parti centriste dont les valeurs
cardinales sont la Foi en Dieu, l’humanisme, la démocratie
participative, la Justice, le développement d’une économie moderne, le
respect du sacré et des lois de la République, que nous avons le
privilège de faire cette adresse.
2018 est une année électorale. Cela veut dire qu’elle doit être
caractérisée par un climat de réconciliation, de respect des droits
des citoyens congolais et de sécurité pour tous, bref un climat de
paix.
Contrairement à ces nobles idéaux, nous débutons l’année nouvelle
dans l’effusion de sang et dans la discorde, mettant ainsi en péril la
stabilité du pays et prolongeant inutilement la liste de nos martyrs.
Ce regain de violence contre les civils et les religieux catholiques
nous préoccupe au plus haut point.
En effet, nous ne pouvons aller plus loin sans exprimer, au
préalable, notre  profonde consternation suite à la répression des
citoyens
congolais par les forces de l’ordre lors de la marche du 31 décembre
2017 et celle du 21 janvier dernier organisées par le Comité Laïc de
Coordination, d’une part, et suite  à la profanation des lieux de
culte de l’Eglise Catholique, d’autre part.
L’Alliance pour la Gouvernance des Valeurs condamne fermement ces
actes de violences.
Comme le malheur n’arrive jamais seul, aujourd’hui encore, nous
déplorons non seulement la mort des Congolais mais aussi les divers
dégâts occasionnés par  les fortes pluies survenues la nuit du
mercredi au jeudi 4 janvier dernier, ce qui aurait pu être évité par
une bonne gestion urbanistique.
Ces sinistres s’ajoutent malencontreusement à plusieurs tristes et
fâcheuses réalités que vivent les Congolaises et Congolais telles que
l’épidémie de choléra, les violences sexuelles et la crise humanitaire
au Kasaï ainsi que l’insécurité persistante à l’Est du pays.
Au regard de toutes ces situations gravissimes, nous exprimons nos
condoléances les plus attristées aux familles éprouvées.

Chères Congolaises et Chers Congolais,
Notre pays se portant mal, la population dans sa majorité a atteint
son point de rupture.
Si la crise politique que nous traversons aujourd’hui est
principalement due aux incertitudes liées au processus électoral, les
frustrations populaires, quant à elles, sont inévitablement dues à la
pauvreté généralisée, aux injustices, à l’insécurité et aux violations
massives des droits des Congolais pourtant garantis par la
Constitution.
En effet, trop nombreux sont les Congolaises et Congolais, jeunes et
vieux, qui vivent dans l’insécurité, qui sont victimes d’injustices,
qui ne peuvent accéder à des soins de santé convenables pour la
personne humaine et qui ne peuvent trouver de l’emploi leur permettant
de vivre dignement.
Suite à toutes ces peines qu’endurent la plupart des Congolais,
comprenez bien que le malaise est réel, que la confiance entre
gouvernants et gouvernés est rompue et que les conditions pour une
implosion sociale sont bel et bien réunies.
Par conséquent, il n’y a pas d’autres alternatives que celle de
répondre efficacement aux exigences qui s’imposent pour garantir la
paix et la stabilité en RDC ainsi que dans la sous-région.
Eu égard à tout ce qui précède, l’Alliance pour la Gouvernance des
Valeurs réitère son appel à la cohésion nationale, au respect de la
Constitution et à la tenue des élections crédibles en décembre 2018.

Chères Congolaises et Chers Congolais,
Considérant que l’Alliance pour la Gouvernance des Valeurs, A.G.V, en
sigle, est un parti politique attaché aux valeurs chrétiennes, en tant
que congolais, membres de ce parti, nous nous devons avant toute chose
de demander pardon à DIEU, notre créateur.
En effet, l’immoralité, l’injustice et l’égoïsme ont surabondé dans
notre pays au détriment de l’amour du prochain, de la patrie et de la
justice, raisons pour lesquelles notre nation est en proie à de
nombreux maux.
Combien de nos frères et sœurs ont été livrés à d’indescriptibles
souffrances sans que le secours ne leur parvienne.
Combien notre terre-mère, s’est abreuvée, malgré elle, du sang des
innocents dont les vies ont été injustement ôtées par des conflits
armés intensifiés par le mépris de la personne humaine et par
l’obscurantisme.
Le sang de ces innocents ne crie-t-il pas de la terre jusqu’à Dieu
comme il en était le cas pour Abel tué par son frère Caïn ?
De ce fait, cette même terre n’aurait-elle pas privé de sa richesse le
Peuple congolais, profitant plutôt à d’autres ?  C’est une matière à
réflexion.
Au Peuple congolais qui a bien trop souvent vu s’estomper ses espoirs
d’accéder à un avenir meilleur, faute d’une bonne gouvernance, nous
lui demandons aussi pardon en notre qualité de membres de la classe
politique du pays et l’appelons à l’unité pour éviter la balkanisation
de notre pays.
Enfin, conformément à la prière par laquelle nous demandons à Dieu,
notre Père, de nous pardonner nos offenses comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont offensés, qu’il nous soit permis de pardonner à ceux
qui nous ont causé du tort.

Chères Congolaises et Chers Congolais,

La cohésion nationale en RDC est indispensable. Elle l’est non
seulement pour le Peuple congolais, mais aussi pour les Peuples des
pays voisins et des pays partenaires au nôtre.  Par conséquent, la
cohésion nationale doit absolument être retrouvée, et ce, en mettant
un terme aux pratiques discriminatoires, inconstitutionnelles et
illégales de la manière suivante :
1. Pour une transition pacifique et réussie, les institutions de la
République, chacune en ce qui la concerne, doivent à travers des actes
réconciliateurs, d’une part, faire réellement respecter les droits des
citoyens congolais et, d’autre part, conduire le pays vers des
élections crédibles dont l’aboutissement consacrera une nouvelle ère
propice au développement effectif de la République Démocratique du
Congo.
2. La CENI  doit impérativement organiser des élections crédibles à la
date du 23 décembre 2018 comme le prévoit son nouveau calendrier
électoral, étant donné que la non tenue des élections dans les délais
constitutionnels constitue l’élément déclencheur de la crise politique
actuelle.

3. Que la loi électorale soit modifiée en ce qui concerne les
innovations du seuil d’éligibilité, de la caution et de la machine à
voter, ces innovations étant discriminatoires, sources de conflits et
en violation des articles 5, 13 et 101 de la Constitution.
4. Que soit mis en place un gouvernement d’union nationale capable
d’élaborer un budget à la hauteur des besoins de la nation qui puisse
favoriser la création d’emplois valorisants et stables afin de réduire
considérablement le taux de chômage.
5. Que les signataires de l’Accord de la Saint Sylvestre respectent
ledit accord dans ses dispositions conformes à la Constitution.

Chères Congolaises et Chers Congolais,
S’agissant du respect de la Constitution et de l’Accord de la Saint
Sylvestre, l’Alliance pour la Gouvernance des Valeurs rappelle à
l’opinion, honnêteté oblige, qu’il n’y a pas de loi ou accord
politique signé entre parties qui puisse être au-dessus de la
Constitution en vigueur qui a été adoptée par l’ensemble du
Peuplecongolais en 2006 par référendum, aussi longtemps que cette
Constitution existe.
Cela étant, l’Accord Politique Global et Inclusif du Centre
Interdiocésain, dit Accord de la Saint Sylvestre, pour qu’il soit
conforme à la Constitution, doit être amendé en ce qu’il est pour la
nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition et en ce qu’il a
prévu la possibilité d’organiser des élections à une date autre que
celle publiée dans le nouveau calendrier électoral, laquelle
possibilité ressort de son article IV.2. qui dit que «  Toutefois, le
Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Electoral, le
Gouvernement et la CENI peuvent unanimement apprécier le temps
nécessaire pour le parachèvement desdites élections ».
Il est donc impérieux que, dans l’intérêt suprême de la nation, toute
la classe politique, majorité et opposition, revienne, sans détour, au
respect de la Constitution de la manière suivante :
1. Que le pouvoir exécutif respecte le caractère sacré lié à la
personne humaine, aux droits de l’opposition, à la propriété privée,
au droit de travailler et de défendre le pays tels que repris dans les
articles 8, 16, 34, 36 et 63 de la Constitution.

2. Que les droits et libertés fondamentaux et plus particulièrement la
liberté de manifestations ainsi que les devoirs des citoyens tels que
repris dans les articles 11 à 67 de la Constitution soient aussi
respectés.

3.      Que l’Accord de la Saint Sylvestre soit modifié en ses
articles III.3.3 et IV.2 afin qu’il soit, d’une part, nommé un Premier
ministre conformément à l’article 78 de la Constitution, c’est-à-dire
au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci,
et que, d’autre part, l’accord se conforme à la date du 23 décembre
2018 pour la tenue des élections comme le stipule le calendrier
électoral du 5 novembre 2017 établi par la CENI, suite à l’arrêt n° R.
Const. 0338 du
17 octobre 2016 de la Cour Constitutionnelle l’autorisant à élaborer
un nouveau calendrier électoral aménagé.
4. Que soit strictement respecté l’article 220 de la Constitution, 1er
alinéa, qui dit : « La forme républicaine de l’Etat, le principe du
suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre
et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance
du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent
faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. »
5. Qu’en vertu de l’article 168 de la Constitution qui stipule : « Les
arrêts de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun
recours et sont immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires et
s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités
administratives et juridictionnelles, civiles et militaires ainsi
qu’aux particuliers», que soit annulée l’élection des Gouverneurs et
Vice-gouverneurs dans les provinces où ces postes n’étaient pas
vacants et que soient réhabilités les Gouverneurs qui détiennent un
arrêt de la Cour Constitutionnelle qui, pour des raisons de forme ou
de fond, rejette les motions initiées contre eux par leurs assemblées
provinciales.

6. Que, considération faite de l’arrêt n° R.Const.262 du 11 mai 2016
de la Cour Constitutionnelle et du calendrier électoral qui prévoit
les élections en décembre 2018, le Président de la République actuel
continue à exercer ses fonctions jusqu’à l’installation effective du
nouveau Président de la République qui sera élu le 23 décembre 2018.
7. Que soit respecté l’article 10 de la Constitution qui stipule : «La
nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue
concurremment avec aucune autre.»
8. Que soit abrogée la loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant
révision de certains articles de la Constitution de la République
Démocratique du Congo du 18 février 2006, laquelle Constitution a été
adoptée par référendum.
En effet, la Constitution ne peut être modifiée ou révisée que par
une autre Constitution, et ce, conformément à la théorie de l’acte
contraire, autrement appelée théorie de parallélisme de forme et de
compétence.
9. Une fois cette loi abrogée, que soit aussi abrogée la loi qui place
les parquets rattachés aux juridictions civiles et militaires sous
l’autorité du Ministre de la justice.

Chères Congolaises et Chers Congolais,
Nous vous demandons de bien vouloir convenir avec nous que la mise en
application effective de toutes ces mesures constitue véritablement
l’unique voie de sortie de la crise.
En effet, elle permettra d’aboutir à des élections apaisées,
transparentes et crédibles qui consacreront la consolidation d’un Etat
de droit, socle du développement de toute nation.
En outre, elle permettra d’éviter une implosion sociale aux
conséquences désastreuses dans un pays vaste comme le nôtre où il y a
déjà des problèmes frontaliers, des conflits ethniques, des bandes
armées qui sèment la terreur ainsi que des dissensions intestines qui
couvent au sein de certaines structures étatiques.

Chères Congolaises et Chers Congolais,
La Commission Nationale Electorale Indépendante, qui a la lourde
charge d’organiser les élections en RDC, se doit de satisfaire les
attentes du Peuple congolais et non d’un quelconque parti ou
regroupement politique.
A ce sujet, nous attirons l’attention des animateurs de la CENI sur
de graves tensions qui surviendraient si les élections n’ont pas lieu
à la date du 23 décembre 2018 et si les résultats de ces élections ne
sont pas crédibles.
Nous en savons quelque chose pour avoir, tant sur le plan national
que provincial, participé à plusieurs élections auxquelles de nombreux
candidats et leurs électeurs respectifs ont été préjudiciés.
Il faut donc éviter de répéter des torts de ce genre qui peuvent être
à la base d’une crise post-électorale.

Chères Congolaises et Chers Congolais,
Tout en remerciant les membres de la communauté internationale de
toutes leurs bienveillantes assistances à l’égard du Peuple congolais,
nous leur demandons de bien vouloir soutenir la tenue des élections
crédibles en RDC qui débuteront le 23 décembre 2018.

Chères Congolaises et Chers Congolais,
Au-delà de toutes passions, soutenons ce qui est juste et dans
l’intérêt du bien commun, avançons dans la droiture avec sagesse,
demeurons vigilants, prions pour notre pays, mettons notre espérance
en DIEU qui est Saint et Juste.
Pour terminer notre adresse, nous vous remercions pour votre attention
et vous souhaitons en même temps un heureux nouvel an.

Que DIEU protège la RDC.

Fait à Kinshasa, ce vendredi 26 janvier 2018

Loli NKEMA
Président National