L’agriculture congolaise toujours malade

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Les paysans congolais étaient en congrès du 25 au 26 février 2011 à la Fikin. Organisé par l’Union Nationale des Agriculteurs, Eleveurs et Pêcheurs du Congo « Unagrico », cette  importante activité   a été parrainée par le ministère de l’Agriculture.  Norbert Basengezi, patron du secteur agricole en RDC, Emmanuel Libendele, conseiller principal du Chef de l’Etat en matière agricole, étaient présents à l’ouverture de ce 3ème congrès. L’un des temps forts de cet important rendez-vous des paysans congolais  a été le renouvellement des membres des comités exécutifs de l’Unagrico aux niveaux national et provincial. Cela s’est passé le samedi en fin d’après-midi.

Au terme de ces élections qui ont  suscité beaucoup d’engouement,  Pierre Bukasa a été réélu au poste de président national de l’Unagrico. La vice-présidence échoit à Mavuba. Crispin Kasongo a été élu secrétaire général. Maman Yedu est la trésorière. Elle sera secondée à ce poste par Lutay.
En ce qui concerne, la ville province de Kinshasa, l’agriculteur Yengo est le nouveau président provincial de l’Unagrico. Mwaka Kabamba est le vice-président.
 En sa qualité de parrain de cette « grande messe » de la Fikin, Norbert Basengezi en a profité pour gâter ses hôtes avec des dons de semences d’oignons et de choux de Chine, un millier des houes, des machettes, deux moulins à manioc
Les paysans ont été invités à se rendre à la ferme de Nsele  cette semaine pour recevoir 300 porcelets et 3000 poussins.
Naturellement, ce membre de l’exécutif est revenu sur  le souci du gouvernement congolais de  s’intéresser de près aux activités  des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs congolais
De son côté, le président sortant de l’Unagrico a fait un tour d’horizon de la situation générale de notre agriculture, pêche et élevage.

Un secteur malade

 Pierre Bukasa a  fait le constat selon lequel l’agriculture  congolaise est pratiquée en majorité par une frange des Congolais aux revenus modestes.
L’agriculteur congolais est buté au problème foncier. Il lui est impossible d’accéder à des terres agricoles surtout autour des centres urbains. Plusieurs sites agricoles (Ndjili Brasserie, Sola, Tshuenge, Cecomaf…) sont menacés de spoliation, a-t-il souligné.
 Dans l’arrière-pays, les sociétés étrangères « étouffent » les paysans.
 Plusieurs autres problèmes constituent un frein au développement de l’agriculture. L’absence d’un cadre juridique approprié, la modicité du budget alloué au secteur agricole, la multiplicité des taxes, la dépendance financière du secteur vis-à-vis de l’extérieur, la persistance du système des dons  qui entretient la pauvreté…..  Pierre Bukasa a enfin déploré l’immobilisation de plusieurs tracteurs dans plusieurs coins du pays.
Les allocutions du président sortant de l’Unagrico et celle du ministre Basengezi ont été suivies par la constitution des commissions d’agriculture, d’élevage et de pêche.
Plusieurs recommandations ont été formulées par les participants.
 En ce qui concerne l’élevage, les participants estiment que le pays ne dispose pas d’une bonne politique agricole. Et que l’Etat fait fi de ses prérogatives.
Ils recommandent aux décideurs  de créer des sites d’approvisionnement en produits vétérinaires, de créer des mini abattoirs pour permettre aux éleveurs d’évacuer leurs produits, de les assister surtout dès que des cas des maladies des animaux se déclarent.
 Les éleveurs prient le ministère de les associer à la fixation de certaines taxes pour décourager des fonctionnaires véreux qui s’illustrent par un comportement incivique
 Les membres de la commission « agriculture » ont proposé plusieurs pistes de solution pour redonner à l’agriculture ses lettres de noblesse.
 Ils plaident pour la mise en place des mécanismes d’octroi des crédits agricoles, la création d’un fonds spécial pour la relance du secteur agricole, la réhabilitation des routes de desserte agricole, l’examen dans le meilleur délai des codes agricoles et rural….
 Ils recommandent également à l’Etat congolais de promouvoir l’exportation de produits agricoles locaux en vue d’accroître les revenus agricoles et d’augmenter nos recettes en devises. Ils insistent aussi sur la nécessité qu’il y a de mettre en place un système d’alerte phyto et zoo sanitaire pour garantir la sécurité alimentaire.
Autres recommandations formulées : la promotion de la transformation des produits locaux, la mise en place d’une banque des données des secteurs de la pêche, de l’élevage et de l’agriculture  en vue de favoriser l’accès aux informations sur ces trois domaines…..                                       Jean- Pierre Nkutu

 

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