L’agenda de l’Accord d’Addis-Abeba commence à prendre corps

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A l’issue de 5 jours des travaux, soit du 6 au 10 mai, les participants à l’atelier national multi-acteurs de formulation des critères de suivi, indicateurs de progrès et plan d’action relatifs à la mise en œuvre des engagements nationaux souscrits par la République démocratique du Congo aux termes de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, se sont mis d’accord sur un plan devant signifier la progression des objectifs poursuivis par ce traité. « Nous venons de donner corps à cet agenda pour créer les conditions et que tout cela pour faire de la Rdc une terre capable de donner à la sa population l’occasion de s’épanouir et de rester chez elle », a indiqué François Muamba, Coordonnateur du Mécanisme national de suivi (MNS) de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Remerciant, par ailleurs, les participants d’avoir contribué à l’élaboration des critères de suivi, sans oublier le projet du plan d’action, l’étape suivante consistera à soumettre le travail au niveau des membres du Gouvernement concernés par la mise en œuvre.

            En d’autres termes, a-t-il déclaré, le travail accompli durant cette session consistait à se doter des armes, pour qu’au niveau du Gouvernement, la mise en œuvre de l’ensemble des six engagements soit assurée. « C’est-à-dire, qui ? pendant quelle période ? et avec quels moyens ? Comme pour dire qu’il était question d’une appropriation de l’Accord-cadre par toutes les catégories de la société, afin de créer les conditions de stabilité. Instrument de dialogue, il fallait voir dans quelle mesure le Gouvernement et ses partenaires devront interagir. En d’autres mots, il était question de permettre aux gens d’identifier les actions prioritaires pour permettre à chacun de se prononcer quant au soutien et au financement » s’est expliqué François Muamba.

Dans le lot des engagements, le coordonnateur du MNS, a cité par exemple, les questions de sécurité. « Ça veut dire, l’armée, la police et la justice. Mieux, la RDC se dote d’un instrument avec lequel elle va s’assurer que les engagements seront mis en œuvre et en évaluer le rythme »

            Selon les participants à l’atelier, le plan d’action ainsi élaboré est, dans une certaine mesure, un instrument pour dialoguer avec les partenaires extérieurs d’une manière structurelle.

Pour Michel Kassa, le modérateur des travaux, il était question de mettre en musique les six engagements auxquels le Gouvernement de la Rd Congo a souscrit. « C’était pour faire un exercice participatif impliquant les provinces, les institutions étatiques et l’ONU », dit-il, avant d’ajouter qu’une petite liste des critères de suivi a été élaborée collectivement.

            Désormais, il faudra canaliser les réformes en cours pour rencontrer les aspirations du peuple. Dans la même logique, il y a des indicateurs qui ont été élaborés, sans oublier une petite liste des priorités et chacune de ces formulations servira au MNS comme outil catalyseur des réformes en cours.

Recommandations

            Il faut par ailleurs indiquer qu’à l’occasion, M. Michel Kassa qui en était le modérateur a esquissé quelques recommandations.

Concernant les Forces armées de la République, il a été convenu de poursuivre la réforme par l’adoption des cadres légaux intégrant la dimension genre. Comme critères : l’élaboration des projets, signature d’arrêtés d’application, élaboration d’une politique de défense pour la protection du territoire, de la population et des ressources naturelles, etc.

            Du côté de la Police nationale congolaise, il est question de poursuivre sa réforme pour une police civile, service publique, au service de la population. Comme critères : l’adoption de la loi de programmation dans le calendrier parlementaire, mise en œuvre de la politique de sécurité publique, la rédévabilité, etc.

            Quant aux services de renseignement, il faut une loi cadre, un dispositif pour le transfert des compétences des services des renseignements à la police.

            Du côté de la justice, le critère retenu n’est autre que le parachèvement de la réforme de la justice. Comme indicateurs : l’installation des trois instances devant remplacer l’actuelle Cour suprême de justice, installer un bureau de consultation gratuite, instaurer la cotation des magistrats, l’indépendance du pouvoir judiciaire, etc.

            De même concernant l’instauration de l’autorité de l’Etat, le critère retenu n’est autre que le souhait d’avoir une administration répondant aux besoins de la population. Comme indicateurs : perception de la présence de l’Etat et de la crédibilisation des services publics ; l’instauration des instruments de gestion de la population et des mouvements migratoires.

Au niveau de la décentralisation, il y a la poursuite de la réforme du cadre politique et réglementaire et l’application des outils et politiques de mise en œuvre de la décentralisation, comme critères. Il a aussi parlé de la réforme institutionnelle, etc.

Tshieke Bukasa

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