L’Afrique et la RDC face aux défis des maladies cardiovasculaires

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Le séminaire international d’enseignement sur l’hypertension et le 4 ème congrès panafricain sur l’hypertension, une messe des sociétés savantes du monde scientifique tenue pendant quatre jours à Kinshasa, a vécu. Les rideaux tirés, les participants regagnent déjà leurs pays ainsi que leurs institutions de formation, centres de recherche et hôpitaux, la tête pleine des enseignements. Mais qu’est-ce que les populations africaines en général et les populations congolaises en particulier peuvent retenir de ces assises?

Que l’hypertension artérielle surnommée «  tueur silencieux » ou «  tueur de l’ombre » est à l’affût depuis près d’un siècle et guette les plus vulnérables d’entre nous, qu’il décime sans état d’âme ! Les chiffres de ses millions de victimes déjà tuées et en sursus sont effrayants. Aussi pour avoir suivi de manière assidue le cycle des conférences et des échanges en aparté avec des hypertensiologues de renom, Nous avons pu arracher quelques informations utiles sur ces types de pathologies, telles que l’hypertension frappe plus les populations noires et les plus pauvres vivant dans les centres urbains. Avec une forte prévalence pour le sexe masculin et les hommes âgés de plus de 50 ans en Afrique subsaharienne. Car, tous nous avons peu de connaissances ou ignorons cette maladie, même si l’on parle souvent et assez vaguement des maladies cardiovasculaires, des complications rénales et des accidents vasculaires cérébraux.

Au reste, notre culture de nous désintéresser des contrôles médicaux, est un facteur important à prendre en compte en attendant les poussées de fièvre, les toux, les angines, l’incontinence, une élévation ou une baisse de la tension artérielle, le diabète et l’insuffisance rénale pour enfin, songer aux consultations. Et notre train de vie marqué par la sédentarité, la consommation excessive d’alcool pour oublier les émotions fortes face aux questions orales, ou noyer quelques soucis pour besoins primaires et secondaires non résolus, le tabagisme, l’obésité, et tutti quanti, sont des facteurs majeurs des risques qui ne peuvent pas, s’ils ne sont pas respectés, nous mettre à l’abri de l’atteinte de ces maladies.

Et pourtant, il y a des facteurs environnementaux, sociaux et autres qui augmentent les risques. La consommation abusive de sel de cuisine, des graisses animales et les stress, exposent aussi aux risques. Par quel autre met exquis, peut-on remplacer notre légendaire poisson salé ou le hareng salé ? Comment prendre notre petit déjeuner et nous passer des margarines et autres beurres qui excitent notre appétit ?

Un néphrologue révolté par nos habitudes alimentaires, prévient que le sel de cuisine est un poison pour l’organisme humain.  S’il savait les dégâts que son conseil va causer dans la plupart des ménages en Afrique, des dégâts pouvant entraîner l’organisation des marches de protestation et des divorces, il trouverait un autre «  interdit » de rechange.

L’hypertension étant un problème de santé publique dans le monde, l’Afrique et surtout la RDC, devaient lancer des campagnes de sensibilisation dès le bas âge. Que cela soit dit en passant qu’une étude a été réalisée dans des écoles secondaires du secteur Est de la ville de Kinshasa. De cette enquête médicale, il est apparu que les élèves de classes terminales examinés, ignorent la maladie, alors que certains parmi eux en sont atteints, les garçons plus que les filles.

Faut-il alors interdire l’importation du sel de cuisine comme l’a suggéré un lecteur du Phare ? Les habitudes alimentaires, fait savoir un spécialiste, ne procèdent pas des lois ou d’une ordonnance. A partir de la sensibilisation sur le produit et ses dangers dans tous les milieux sociaux, la prévention peut être ainsi organisée.

Mais pourquoi pas lancer des campagnes de dépistage, afin que les patients puissent connaître leur véritable état de santé ?

Cette entreprise, insiste un cardiologue, relève des prérogatives des pouvoirs publics. Et d’ajouter qu’il faut que le gouvernement  qui a en charge toutes les questions de santé publique, lance la campagne en sollicitant l’appui des partenaires extérieurs.

Le stress a été épinglé tout au long du séminaire international d’enseignement, comme un facteur important de risque pour les maladies cardiovasculaires. Tous en RDC, nous sommes stressés à des degrés divers et chacun selon les événements qui ont engendré ces stress. On ne sait pas avoir des problèmes, donc nous sommes tous exposés, enfants et adultes, dirigeants et gouvernés, hommes et femmes.

Voilà comment l’hypertension continue à nous réserver davantage des surprises désagréables et nous inviter à faire attention à notre mode de vie, nos régimes alimentaires, nos rapports avec les autres, en nous efforçant de ne pas stresser nos A l’issue de ce 4 ème congrès panafricain d’hypertension, une seule recommandation semble se dégager des discussions et échanges de différents spécialistes, le gouvernement doit ouvrir dès aujourd’hui, comme il l’a fait pour les groupes rebelles étrangers qui sont entrés sur notre sol, un front contre les maladies cardiovasculaires et coronariennes, l’insuffisance rénale, le diabète et autres. Cela pour que avant le congrès ne soit pas égale à l’après-congrès.

Un autre conseil non négligeable est de pouvoir s’équiper en un tensiomètre validé pour l’autoprise de la mesure de la pression artérielle à domicile, et pourquoi pas au travail. Il n’y a pas de honte à surveiller son état de santé partout et chaque jour. La santé n’est-elle pas le plus précieux bien que nous avons reçu de Dieu et de nos parents ? Pourquoi la négliger et l’exposer aux nombreux risques ?

Enfin, prenons l’habitude de consulter des spécialistes, faisons-nous périodiquement des check up comme des avions, afin de nous assurer qu’un mal sournois ne nous guette pas.

Faute de le faire, des monstres comme l’insuffisance rénale chronique, l’hypertension masquée, l’hypertension soutenue, l’hypertension modérée, l’hypertension sévère, les complications cardiaques, les complications vasculaires cérébrales, stade 1, stade 2 et stade 3, avec leur taux de mortalité élevé, nous attendent au tournant si nous ne nous sommes pas prémunis.

Après la LRA, les FDLR, les milices Maï-Maï et les Enyele, les maladies cardiovasculaires et leurs complications ne sont-elles pas des «  agresseurs » d’un type nouveau qui menacent le continent et la RDC et qui causent plus des morts et devant lesquels nous ne devons pas rester indifférents? Pour ces derniers envahisseurs, personne n’envisage de conclure un accord de trêve et de partage des pouvoirs avec le régime de Kinshasa, comme ça été le cas avec le CNDP.

Ce sont là les grandes leçons de cette rencontre des spécialistes de plusieurs disciplines. sur l’hypertension de Kinshasa.

J.R.T. 

 

 

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