L’Afrique confirme son engagement à lutter contre la crise alimentaire

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La conférence sur  le 14ème Partenariat pour le programme de développement de l’agriculture en Afrique, PNA en sigle, a clôturé ses assises il y a quelques jours dans la capitale gabonaise en présence de plusieurs hôtes de marque, des chercheurs et des scientifiques. Les personnalités les plus en vue étaient la Commissaire en charge de l’Economie Rurale et de l’Agriculture de la Commission de l’Union Africaine (CUA), les délégués de l’Agence du Nepad, le ministre en charge de l’Agriculture, de l’Elevage, chargé  de la mise en œuvre du Programme, Graine  Biendi Maganga  Moussavou, les ministres en charge de l’Agriculture et Pêche des pays membres de l’Union Africaine, les partenaires au développement, les bailleurs des fonds, les secrétaires généraux en charge de l’Agriculture dans les Etats membres, les points focaux PDDAA, des agriculteurs, ainsi que des activistes de la société civile.

Dans son mot d’ouverture, le  chef du gouvernement gabonais, Emmanuel  Issoze Ngondet, a salué l’implication des experts, des délégués de la société civile, des jeunes, ainsi que des femmes dans la mise en œuvre du processus PDDAA. Après avoir souligné que le forum du Gabon était le plus grand rassemblement des acteurs du développement agricole au niveau continental, il a tenu à rappeler que le  processus en cours avait été adopté à Maputo, en 2003. Celui-ci, on s’en souvient, recommandait aux gouvernants africains l’atteinte d’une croissance d’au moins 6% dans la production agricole nationale et  une allocation au secteur agricole de 10% au moins des budgets nationaux et ce, dans l’objectif bien affirmé de mettre un terme aux différentes crises alimentaires qui touchent, de manière chronique, le continent.

Emmanuel  Issoze  a également rappelé à l’assistance que c’est en juin 2014, à Malabo, que les chefs d’Etats et de gouvernements avaient pu dresser un premier bilan et réaffirmé leurs engagements à renforcer les principes du PDDAA. A son avis, la « Déclaration de Malabo » a constitué un pas décisif dans la voie de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique.

Abordant la thématique adoptée pour cette quatorzième plate-forme de la mise en œuvre du PDDAA, à savoir «Accélérer la mise en œuvre des plans nationaux d’investissements(PNIA)», il a indiqué qu’elle s’inscrivait  parfaitement dans la vision des dirigeants du continent, celle de voir l’agriculture jouer un rôle moteur dans la croissance du continent, avec des champs de diversification des économies et surtout de création d’emplois.

Par ailleurs, la mise en place de la Zlec (zone économique de libre échange continental), décidée par les chefs d’Etats à Kigali, implique des profonds engagements en matière de libéralisation des échanges commerciaux, assortis de mesures conséquentes d’ajustement des politiques agricoles. Pour le Premier ministre gabonais, cette importante initiative ouvre de nouvelles perspectives de développement à l’Afrique. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’analyser le processus de la revue biennale et du taux de réalisation des objectifs de Malabo pour permettre aux dirigeants africains de prendre des mesures adéquates devant stimuler le développement agricole à travers le continent. Il a enfin révélé l’engagement plein et entier du Gabon dans le processus ainsi que la détermination de son pays à figurer aux premières loges des nations contribuant  à l’approvisionnement du vaste marché continental.

La Commissaire de l’Union Africaine en charge de l’Economie Rurale et de l’Agriculture à la CUA qui est intervenue en second lieu a mis en exergue le dialogue politique franc que la plate-forme  annuelle permet d’établir sur le processus de la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo, conformément aux termes de référence du CAADP.

Concernant particulièrement cette quatorzième  plate-forme du partenariat du CAADP, l’oratrice a estimé qu’elle constitue une grande célébration et l’accomplissement d’une œuvre commune. « Nous pouvons donc être fière d’avoir répondu à l’appel lancé par les chefs d’Etats  et de gouvernements en présentant le rapport de l’examen bi-annuel  au sommet de l’UA tenu en janvier dernier à Addis-Abeba ». Et s’agissant de ce rapport bi-annuel, la commissaire de l’UA a salué le niveau d’appropriation élevé et la volonté affichée par les Etats membres, comme cela avait été observé lors du  workshop régional organisé par les communautés économiques (CER). Elle a, à son tour, loué le nombre élevé des participants enregistrés durant la phase de collecte des données et de présentation du rapport bi-annuel  par les Etats membres.

Pour le ministre de l’Agriculture et Pêche du Gabon, la présence du chef du gouvernement gabonais à ces assises témoignait de l’importance que son pays accordait au secteur agricole, conformément à la vision de son chef de l’Etat,  Ali Bongo Odimba, qui souhaite accélérer  la transformation de l’économie gabonaise par la diversification des activités de production.

il a rappelé, à ce sujet, qu’au Gabon, le processus de la mise en œuvre du PDDAA initié en 2012 et en 2013, avec  la signature du pacte d’accord PDDAA avec les parties prenantes en 2014, a connu son envol avec le lancement du Plan National  d’Investissement Agricole, tout juste après la tenue de son « Business Meeting ». Plusieurs projets de grande envergure ont ainsi été initiés dans l’objectif de donner un nouveau visage au paysannat  gabonais et d’atteindre les objectifs fixés à Malabo.

Melba Muzola,

Envoyée spéciale à Libreville