L’Afrique a besoin d’un nouveau leadership

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(Pr Kambayi Bwatshia)

Ici, nous voulons dire aux leaders africains de dire non au « péché de la perversion ». Pour dire également en second lieu que l’Afrique a besoin des présidents crédibles pour dire en troisième lieu que « les élites intellectuelles africaines doivent quitter leur être complice silencieux face à la mauvaise gouvernance de leurs gouvernements.

            Concernant le premier point, nous disons que l’Afrique est un espace de vie où les habitants semblent être devenus superflus loin de la grandeur et de la dignité humaine. Nous disons mêmement que les africains, dans leur indépendance, sans liberté, se contentent d’être dans la dérive de la raison. Nous voulons souligner que l’anormal est devenu le normal qu’on acclame avec bonheur. On se dit avec désinvolture que « cela a été toujours ainsi ». On est esclave dans son propre pays ? Est-ce normal quand on fonctionne selon un mode de production social tribaliste, claniste, ethnisme. Est-ce normal quand toute la société vit ostensiblement dans la corruption, pillage, mauvaise gouvernance, tous ces défauts qui avilissent et pervertissel’homme africain

            Vivant dans un système de misère généralisée, et d’extrême pauvreté, les Africains se sentent réduits, aujourd’hui, au niveau de l’animalité. Tous vivent sous l’aiguillon de la faim qui les pousse dans la mendicité qui ne dit pas son nom. Non, l’Afrique et les Africains méritent mieux que cela. Leur continent est bien grand, mais hélas, sans grandeur.

            Oui, nous avons vu la misère, de notre peuple et c’est pour cela que nous avons entrepris d’écrire cet article. Comme l’Evangéliste Luc l’a écrit dans son prologue « j’ai décidé, moi aussi, après n’être informé exactement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi l’exposé suivant excellent Théophile, pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus ».

            Concernant  le deuxième point, sans provoquer qui que ce soit, les peuples africains exigent les Présidents crédibles. C’est-à-dire ces hommes qui ont compris les sens de grandeur mentale et de mental de grandeur ou sens moral et ethnique. Ces hommes capables de susciter avec les autres ces sembles, une Afrique nouvelle, plus profonde, plus démocratique. Ces hommes capables de créer, par voie de leurs capacités intrinsèques, un consensus autour d’eux pour l’émergence des Etats dignes, capables d’être fiers dans le concert de la Nation. Ces hommes seront ceux qui auront  une vision claire du monde qui se mondialise de plus en plus. Une vision d’une Afrique réellement panafricaine se situant loin des nationalismes agressifs, anachroniques et décapants.

            Les Africains ont besoin des chefs, des chefs qui comprendront qu’il n’est pas facile d’être un président sans un esprit de grandeur au sens le plus noble du terme.

La notion de grandeur signifie ici beaucoup de choses, depuis la simple taille ou « grandeur mesurable » en passant par une par une grandeur caractérisée par l’étendue de l’influence, la puissance et le prestige politique, social, culturel, moral, spirituel et intellectuel pour atteindre le sens plus profond des mérites. Il n’y a plus de doute possible : les Africains sentent qu’il existe encore aujourd’hui une irrémédiable incompétence diffuse et proportionnelle entre  l’être de leurs Chefs d’Etat et la dimension des problèmes multiples de leurs Etats respectifs. Nous disons que les Africains attendent l’avènement de l’événement de « nouveaux leaders ». Ces derniers seront chargés des missions nobles et sacerdotales dans l’accomplissement des Etats africains. Ils récusent les tripotages constitutionnels. Ils ne veulent plus succomber dans la tentation du mal que font miroiter leurs dictateurs. Concernant le troisième point, les élites intellectuelles qui ne sont pas nécessairement des diplômés d’universités doivent comprendre qu’ils doivent cesser de s’abriter dans des carapaces du pouvoir dictatorial pour donner à ceux-ci des allures de modernité démocratique. En effet, l’Elite intellectuelle regorge ces personnes qui ont émergé dans la société  et qu’on peut classer dans la catégorie des meilleurs et des distingués selon les critères de valeur morale et de l’éthique.

            L’Elite d’un Etat est cette catégorie des citoyens qui ont pris conscience de leur place et de leur rôle dans leurs sociétés respectives, et qui, éventuellement, se forcent de l’observer attentivement et d’une manière objective et critique possible, Elle est cette catégorie qui croit au principe opératoire et à la vertu réalisatrice de la rationalité, C’est en définitive, cette catégorie qui, en dépit de la situation difficile et aliénante de leur pays, tiennent dans la société la transcendance des valeurs républicaines.

            Produites d’une société africaine déchirée par la colonisation et les dictatures, ces personnes doivent témoigner d’elle, loin de se laisser conduire comme de véritables « moutons de Panurge » prostitués se répandant en courbettes et en flatterie ignobles pour sauvegarder les espèces sonnantes, trébuchantes et des avantages précaires et douteux.

L’élite africaine aujourd’hui, en voulant coûte que coûte plaire aux dictateurs, a brimé son esprit critique. De compromission en compromission, il y a risque qu’elle finisse comme une épave ou une faucille sociale ayant perdu même le peu de connaissance reçue aux études. Elle est devenue un zombi. Nous avons publié à ce sujet un livre à sensation Demain le Zaïre : choix idéologique et barrière mentale.

            Oui, l’élite africaine participe silencieusement à la perversion de la société. Ayant pactisé avec le mal radical qu’il banalise. Elle est devenue superflue et insensible à la misère qui accable le peuple. L’Afrique a besoin des prophètes. Ces gens de lumière qui émergent comme artisans de la restauration africaine capables d’inventer une véritable éthique de future ; et aussi capables de quitter l’imagination inférieure, fantaisiste, déréglée pour tendre vers une imagination supérieure, active et inventive.

Pr Kambayi Bwatshia

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