L’affaire Miba rebondit à Bruxelles

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Les Congolais de la diaspora sont tout yeux et tout oreilles pour le Tribunal correctionnel de Bruxelles. Cette juridiction devrait en effet entamer, à partir du 02 mai 2012, l’instruction de ce que toute la capitale belge connaît sous l’étiquette de l’ « Affaire Miba », du nom de la Minière de Bakwanga, la célèbre société congolaise d’économie mixte spécialisée dans la production et la commercialisation des diamants. L’intérêt majeur que suscite ce procès est qu’il touche plusieurs dignitaires de Kinshasa, nommément cités et censés avoir déjà formellement leurs « invitations » à comparaître.

Selon des sources proches du dossier, celui-ci tournerait autour de deux volets : « détournement » et blanchiment » d’argent. On laisse entendre qu’en 2003, avant que l’Accord Global et Inclusif signé à Sun City, en Afrique du Sud, en marge du Dialogue intercongolais, n’embarque les belligérants congolais dans l’aventure du Régime 1+4, le pouvoir en place à Kinshasa avait dû puiser dans un compte de la Miba logé à la Belgolaise, à hauteur de 80 millions de dollars américains, pour honorer une facture d’achat d’armes auprès de fournisseurs ukrainiens et tchèques.
Il semble qu’une infime partie seulement de cet argent aurait effectivement servi à payer la facture des armes et munitions ukrano-tchèques. Selon une enquête menée par un juge d’instruction belge du nom de Michel Claise, la Miba aurait été victime d’une vaste escroquerie. Le solde dégagé de l’opération maffieuse aurait été partagé entre dignitaires du régime de Kinshasa, qui se seraient organisés pour blanchir rapidement le fric, de manière à effacer les traces de leur forfaiture.

Malheureusement, un découvert de 80 millions de dollars, au préjudice de la Miba, est resté pendant à la Belgolaise.
Le tribunal correctionnel de Bruxelles, qui a décidé de rouvrir le dossier, va s’employer à revisiter les écritures, de manière à connaître la destination prise par l’important reliquat dégagé par les gestionnaires du dossier d’achat d’armes auprès de leurs partenaires ukrainiens et tchèques. Que nous réserve ce dossier judiciaire ? L’interrogation reste entière.

Un pan de voile levé sur les malheurs de la Miba
Nombre d’observateurs pensent, à la lumière des éléments du dossier en souffrance au Tribunal correctionnel de Bruxelles que les malheurs de la Miba, actuellement plongée dans une phase critique proche de la faillite, proviennent surtout des actes de prédation signés par des dignitaires du régime de Kinshasa. Même si sous le régime Mobutu, la Minière de Bakwanga fut victime de ponctions à répétition dans sa trésorerie, il convient d’avouer que les anciens compagnons de Mzee Laurent Désiré Kabila ont dépassé les bornes.

Après l’avoir saignée à blanc, entre 1997 et 2003, sous prétexte de sa participation à l’effort de guerre, ils l’ont abandonnée à son triste sort. Certains pilleurs de l’ancienne poule aux œufs d’or, qui se trouvent encore aux affaires, tentent de faire croire que la Miba ferait les frais de la mauvaise gestion de ses mandataires. Alors qu’ils ont placé cette société d’économie mixte dans la position inconfortable de mendiante nationale et internationale, ils sont les premiers à se répandre en promesses fallacieuses pour sa relance.

Le dossier du Tribunal Correctionnel de Bruxelles indique que d’importantes liquidités de la Miba dorment dans des comptes de ses pilleurs et qu’elle n’a pas besoin de la charité publique pour relancer ses activités d’exploration, de production et de commercialisation des diamants. Pour ne prendre que le cas des 80 millions de dollars sous examen, si cet argent était reversé dans les caisses de la Miba, cette dernière serait en mesure de résoudre l’essentiel des problèmes financiers qui l’ont transformée en canard boiteux.
Où est le patriotisme dont on nous rabat les oreilles à longueur de journées ? Où sont passés les patriotes qui s’affichent dans les institutions de la République ? L’affaire Miba devrait interpeller tous ceux qui distillent des leçons de nationalisme aux quatre coins de la République alors que l’Etat-Nation se meurt.

Kimp

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