L’affaire des dragues privées : la Miba trahie !

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La mission d’enquête du ministère des Mines dépêchée à Mbuji-Mayi depuis le début de la semaine a surpris tout le monde en faisant état de l’absence des dragues privées dans le célèbre « Polygone minier », au moment de sa visite de cette concession minière de la Miba (Minière de Bakwanga), le mardi 03 août 2010. Autrement dit, à défaut d’une preuve matérielle pouvant asseoir la thèse du pillage, par des particuliers, des minerais de diamants de cette société d’économie mixte où l’Etat congolais est l’actionnaire majoritaire, il n’y aurait rien d’anormal à signaler.  

            Personne, à Mbuji-Mayi comme en dehors de cette ville, ne croit au constat fait par les émissaires du ministre Martin Kabwelulu. La première idée qui vient à l’esprit est qu’une fuite d’informations a permis à ceux qui pillaient les diamants de la Miba depuis six mois d’évacuer précipitamment leurs dragues assassines, comme en témoignent les riverains du Polygone minier. Mais qui a vendu la mèche ?

Logiquement, les traîtres sont à chercher dans le cercle de tous ceux qui étaient au courant de l’arrivée des enquêteurs du ministère des Mines au chef-lieu du Kasaï Oriental. L’on peut aussi suspecter des fonctionnaires des Mines et des membres du cabinet ministériel de collusion avec les criminels économiques qui profitent de l’arrêt des activités de la Miba pour l’enterrer vivante. 

Où sont passés le gouvernement et le parlement provinciaux ?

            Le mutisme et l’impuissance des pouvoirs publics face à l’invasion, voici six mois, de la concession de la Miba par des privés propriétaires de dragues ont suscité un tas d’interrogations au sujet du sort de cette société d’économie mixte. On se souvient qu’il y a quelques jours, le ministre provincial des Mines au Kasaï Oriental avait laissé entendre qu’il ne pouvait faire déguerpir les exploitants des dragues privées au motif qu’ils étaient couverts par une décision de justice prononcée contre la Miba. La même décision judiciaire, avait-on constaté, semblait bloquer l’appareil judiciaire et les services spéciaux de cette province pour la défense des intérêts de cette société, que certains exhortaient à se battre toute seule, devant la justice, contre les spoliateurs de son Polygone minier.

            Fallait-il, pour rétablir la Miba dans ses droits de propriétaire du Polygone minier, faire absolument venir une délégation de Kinshasa ? Le gouvernement et le parlement provinciaux ne pouvaient-ils pas se saisir du dossier, toutes affaires cessantes, et mettre un terme à la spoliation, dès les premières semaines de sa dénonciation par les délégués syndicaux de la Miba ?

            Au fait, qui sont les privés qui ont eu le culot de défier la Miba, et partant l’Etat congolais propriétaire à 90%, devant les instances judiciaires provinciales au sujet du contrôle du Polygone minier ? On aimerait connaître l’argumentaire développée par les détenteurs des dragues privées pour mettre la Miba K.O. au niveau des instances judiciaires de Mbuji-Mayi. 

Miba, un bien sans maître ? 

            Nombre d’observateurs pensent, au regard du feuilleton des dragues privées qui ont disparu du Polygone minier comme si elles n’avaient jamais existés, que la Miba est promise à une mort planifiée. Non seulement, le gouvernement traîne les pieds pour la doter des moyens financiers et logistiques nécessaires à la relance des ses activités de prospection, de production et de commercialisation du diamant, mais en plus, son patrimoine minier est pillé sous les regards passifs des autorités tant nationales que provinciales.

            Tout se passe comme si la Miba était un bien sans maître. N’eut été le grand bruit orchestré par sa délégation syndicale à travers les médias, les dragues privées seraient encore en train de parader à l’intérieur du Polygone minier. L’on est tenté de croire, au vu des invasions massives dont est régulièrement victime la concession de la Miba, que les contrebandiers bénéficient des complicités au niveau des décideurs politiques. L’on peut même soupçonner certains d’entre eux d’être eux-mêmes les propriétaires des dragues de malheur. 

LAC, OCPT, RVF… et les autres 

            En dépit de la volonté du gouvernement de restructurer les entreprises du Portefeuille en vue de les rendre viables et performantes, les réalités du terrain démontrent le contraire. Il se trouve, dans la sphère des décideurs politiques, des mandataires publics et des animateurs du « pouvoir parallèle » des compatriotes qui n’ont qu’une visée : bloquer par tous les moyens toute velléité de progrès des entreprises publiques de manière à les faire basculer, à brève ou longue échéance, dans la mare des « canards boiteux ».

            Le coup est presque réussi avec les Lignes Aériennes Congolaises (LAC), l’Office Congolais des Postes et Télécommunications (OCPT), la Régie des Voies Fluviales (RVF), qui ne sont plus que des coquilles vides. Il leur est systématiquement privé toute possibilité de « résurrection », alors que leurs secteurs d’activités (aviation, télécommunications, voie fluviale) offrent des opportunités franches de haute rentabilité commerciale.

            L’Onatra (Office National des Transports) est engagé dans le combat de sa survie, après être sorti de justesse de son partenariat coupe-gorge avec Progosa.

            Aujourd’hui, il est clair que la survie de la Miba ne plaît pas à certains citoyens congolais plus préoccupés par leur enrichissement personnel que par celui de la mère patrie. Lorsque l’on jette un regard sur ce qui bouge encore au niveau du Portefeuille, on est écoeuré de constater que la mort subite rôde partout. L’on en vient à se demander s’il existe encore, en République Démocratique du Congo, des patriotes dignes de ce nom, soucieux du bonheur collectif.          

                                  Kimp.

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