L’AETA monte au créneau : «RDC, arrêtons les tueries…»

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16934213_1464617030238388_414826137_n« Arrêtons les tueries, la violence, la destruction et les discours xénophobes. Construisons la cohésion et la paix nationales pour la tenue des élections consensuelles et apaisées dans les délais conventionnels de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016».

Agir pour  des Elections Transparentes et Apaisées,   AETA,  est  très préoccupée par l’embrasement de l’insécurité, la recrudescence  des violations  de Droits de l’Homme et la divergence des positions politiques sur le processus électoral durant cette période  où le pays chemine vers la consolidation du consensus politique engrangé le 31 décembre 2016.

En effet, depuis la disparation du Président Etienne TSHISEKEDI, étendard de la lutte démocratique, la République Démocratique du Congo, RDC, est secouée dans sa pleine existence par des événements aussi lugubres, macabres que désolants qui bénéficient de l’impunité totale ces derniers mois.

Des multiples et diverses incursions des groupes armés au Nord6Kivu (Ituri, Rutshuru, etc.), des milices dits de Kamuena Nsapu victimes des exécutions extrajudiciaires à Tshimbulu dans le Kasaï Central, les affrontements entre Pygmées et Bantu au Tanganyika,  l’entre-déchirement entre adeptes de Bundu Dia Kongo, des discours xénophobes, autant des actes qui offrent des scènes de morts et de carnage cyniques. Des populations victimes de ces actes fratricides sont condamnées au déplacement continu et décimées par des intempéries, des maladies et la faim.

AETA constate cependant que le pays tout entier est envahi par divers foyers de tensions. Le pouvoir d’achat des populations est presque totalement anéanti ; la misère sociale a atteint le seuil de l’insupportable. La population vit la résurgence de l’insécurité, l’incertitude, le désespoir et, de ce fait, de la colère.

Et comme si cela n’en était pas trop, l’opinion nationale a été fort indignée d’apprendre, le samedi 18 février 2017, la mise à sac du Grand Séminaire de Malole et les menaces ainsi que des actes humiliants  commis à l’endroit des  sœurs carmélites par des inciviques à Kananga. De même, il a été enregistré, le 19 février 2017 à Kinshasa, la perpétration des actes de vandalisme sur la paroisse Saint Dominique de Limete,  profanant ainsi les ornements sacrés (tabernacle, autel,  calice, statuette de la Vierge Marie, etc.). Les exactions ont également ciblé la communauté des Pères Oblats à la 10ème rue du quartier résidentiel à Limete. Le 21 février 2017, la paroisse saint Jean du quartier Gbadolité à Lubmbashi dans le Haut Katanga a été également incendiée.

Ces actes prémédités supposent que l’Eglise Catholique est  à ce jour,  et cela  à tort,  la cible des violences et des comportements barbares des personnes mal intentionnées. Ils sont de nature à cracher malheureusement sur la bonne foi de nos  Evêques qui se sont adonnés à sauver le pays du désastre et du chaos qui ne cessent de le guetter.

Cependant, ils présagent un véritable plan macabre visant principalement à faire obstacle au processus de consensus politique devant  conduire le pays aux élections  et, de ce fait, à l’alternance politique attendue de tout vœu par les congolais.

AETA associe sa voix à celle de la majorité de la population congolaise qui condamne fermement ces actes liberticides qui ne sont aucunement de nature à encourager les efforts déployés par la CENCO. Elle exige ainsi que soit diligentée une enquête impartiale et exhaustive devant permettre d’établir la vérité et déterminer les coupables dans les meilleurs délais, en vue d’aboutir à des sanctions judiciaires drastiques.

Avec l’ensemble des congolais d’en bas,  AETA soutien inconditionnellement la mission de la médiation menée par la CENCO et l’exhorte à ne pas céder aux intimidations. Elle lui rassure la confiance de la population congolaise et l’adhésion totale  à son leadership moral dans cette lourde et complexe lutte pour l’éclosion d’une réelle démocratie en RDC.

AETA saisit également cette occasion pour saluer la bonne volonté politique dont a fait montre le Chef de l’Etat en renouvelant sa confiance à la CENCO pour la poursuite de sa mission. Cela présage à quel point il est engagé à l’organisation des élections apaisées dans le délai disposé par l’Accord politique du 31 décembre 2016.

AETA fait remarquer que la possibilité d’organiser les élections dans un délai prescrit par l’Accord politique de la Saint Sylvestre  n’est encore guère en danger ; Car la période en cours devait servir, à juste raison,  à la réalisation de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs. Celle-ci se poursuit d’ailleurs sans faille, en dépit de quelques contraintes de sécurité enregistrées çà et là.  Ce dont il convient de féliciter la CENI et de l’encourager par une adhésion consensuelle et massive, afin que soit menée à bon port ladite opération. Le chiffre de 15 millions d’enrôlés atteint à ce jour vaut les mérites.

Il reste alors impérieux que l’appui requis lui soit alloué en temps opportuns. AETA rappelle, en outre, qu’il était entendu que le budget électoral de 1,8 milliard de dollars devait faire l’objet d’une mobilisation répartie sur plus d’un an. Et que la première séquence électorale recommandée par l’Accord politique n’exigeait pas plus de 600 millions de dollars. Aussi, le compromis du 31 décembre 2016 a ouvert la possibilité d’une mobilisation externe de fonds pour réussir l’organisation desdites élections.

Devant l’urgence.

AETA recommande :

  • Au Gouvernement en place de prendre ses responsabilités face à cette situation sociopolitique qui présage une gestion cauchemardesque et approximative de la respublica, principalement en recentrant ses efforts sur les questions liées à la sécurité, au social et à l’organisation des élections.
  • Aux regroupements politiques parties prenantes aux pourparlers de la CENCO, en particulier le Rassemblement et la Majorité Présidentielle, à faire preuve de sens patriotique élevé par un effort de rapprochement politique réciproque au travers d’un compromis rapide visant à déverrouiller l’obstacle à la signature de l’Arrangement Particulier en suspens, à savoir la proposition de candidats à la Primature à soumettre à la nomination du Chef de l’Etat.
  • A la Communauté Internationale, de prendre une Résolution sur l’Accord Politique Global et Inclusif du 31 décembre 2016, de renforcer les mécanismes internationaux d’appui à la sécurisation des populations ainsi que de mobiliser en urgence l’appui financier liquide à la disposition de la CENI pour l’organisation des élections et à celle de la Société Civile pour l’éducation civique et électorale.
  • A la population congolaise, de soutenir sans relâche les efforts de la CENCO et de se ranger assidument derrière son leadership moral en exigeant aux acteurs politiques la bonne fin imminente des pourparlers politiques en cours.

Fait à Kinshasa, le 20 février 2017

Pour l’AETA

Les membres en Conseil Consultatif National