L’AETA en campagne de vulgarisation de l’Accord-cadre d’Addis Abeba

0
39

aeta2« Agir pour des Elections transparentes et Apaisées » (AETA) a lancé, le jeudi 10 avril, à son siège de la commune de Limete, la campagne de vulgarisation de l’Accord-cadre d’Addis Abeba et les engagements relatifs aux élections en République Démocratique du Congo.

  Pour cette plate-forme de la société civile, l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la Région des Grands Lacs signé à Addis-Abeba le 24 Février 2013 et la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies adoptée à la 6943ème séance du 28 mars 2013, constitue à ce jour un cadre global incontournable d’orientation de la gouvernance politique et socio-économique de la RDC. Ce cadre, renchérit-elle, est la dernière chance que notre pays  devra saisir pour réussir efficacement la lutte pour la consolidation de la démocratie, la paix et le développement durable. Les onze engagements souscrits aux termes  cet Accord-cadre ont valeur de l’expression de la volonté politique tant nationale qu’internationale qui requiert l’impérieuse matérialisation et, de ce fait, l’adhésion concrète non seulement de tous les acteurs, mais aussi de toutes les couches sociales.

            Il s’avère nécessaire que cet Accord-cadre sorte de son élitisme et ésotérisme, pour faire prioritairement l’objet d’information, de sensibilisation et de communication pour son ancrage au sein des communautés de base et son appropriation par la population congolaise qui devra également en faire le suivi-contrôle. Et la plaquette format de poche de cet Accord-cadre que l’AETA vient de publier  prouve l’engagement et la détermination de la société civile à vulgariser les principaux engagements souscrits par notre pays aux termes dudit Accord-cadre. Elle démarre ainsi la campagne de vulgarisation et de sensibilisation qui devra être inscrite de manière conséquente comme une des activités prioritaires du plan d’action à mettre en œuvre par le Mécanisme de suivi et de supervision. Son souhait le plus ardent est que cette plaquette soit traduite dans les quatre langues nationales pour être largement diffusée à travers tout le pays.

 Des enjeux électoraux

            Pour l’AETA, il ne fait l’ombre d’aucun doute que plusieurs aspects du processus électoral 2013-2016 achoppent encore, à ce jour, sur les discussions entre acteurs-clé et ont rompu, de ce fait, le consensus électoral. Il s’agit notamment : du calendrier électoral (quelle doit être la 1ère étape électorale ?, quand ?) ; du respect de la Constitution de la République (mode de scrutin pour les élections provinciales ?) et de la fiabilité du fichier électoral.

D’autres aspects suscitent également la crainte des acteurs-clé et de la population, et constituent ainsi des risques évidents qui hypothèqueraient et mettraient en péril le processus électoral et la paix post-électorale. Il s’agit du temps imparti, du budget, de la logistique adaptée à la complexité et l’ampleur des opérations électorales, de  l’administration électorale de confiance, de l’administration judiciaire des élections, ainsi que du respect  du mandat constitutionnel.

Prioriser les élections provinciales, sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs

            Au regard des défis sus-susmentionnés, l’AETA exige que les élections provinciales, sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs constituent la toute première étape du processus 2013-2016, cela dans le respect des prescrits constitutionnels. Car ceci permettrait de régler la question épineuse du dysfonctionnement institutionnel, du conflit électoral qui prend des dimensions inquiétantes, mais surtout  d’aborder rationnellement et efficacement  le processus en tenant compte des facteurs temporels, financiers, logistiques et techniques. De ce fait, les élections locales qui sont, en elles-mêmes, une opération complexe et budgétivore se tiendraient après 2016,  sur base d’un fichier électoral actualisée grâce aux recensements.

«Touche pas à notre Constitution»

            Au regard de ce qui précède, l’AETA recommande : au Président de la République d’intégrer dans les priorités de son action politique la mise en œuvre effective des engagements souscrits aux termes de l’Accord-cadre d’Addis Abeba.

            Au Parlement, elle recommande également de veiller à la prise en compte des engagements de l’Accord-cadre d’Addis Abeba et de la Résolution 2098 du Conseil de sécurité dans l’action des institutions de la République ; de préserver les acquis nationales de la démocratie en évitant à tout prix toute tentative de modification de l’actuelle Constitution ; et, enfin, de faire preuve d’attitude démocratique et de sens de responsabilité, principalement en tant qu’élu du peuple, en optant pour un calendrier électoral qui tienne compte du respect de la loi fondamentale pour garantir le consensus électoral ;

            Par ailleurs, l’AETA exhorte la CENI à se définir  comme une véritable institution républicaine pour la sauvegarde de la démocratie, en maintenant son autonomie, son indépendance, son impartialité,  vis-à-vis de toute influence politicienne visant la révision de la Constitution à des fins individuelles et à renforcer le dialogue avec tous les acteurs-clé en faveur du consensus électoral.

            Les partis politiques ne sont pas en reste. Ils sont appelés à  se mobiliser  en un seul esprit en faisant de l’Accord-cadre d’Addis Abeba le socle de la lutte nationale et internationale pour l’alternance politique et la consolidation de la démocratie et la paix en RDC et à faire front commun contre toute tentative de modification de la Constitution de la République. Quant à la société civile, il lui est demandé aussi de se mobiliser dans le cadre  de l’appropriation et suivi-contrôle de l’Accord-cadre à travers des actions d’information de sensibilisation et de contrôle citoyen. Il lui est aussi recommandé de consolider la synergie citoyenne pour exiger l’organisation des élections crédibles en temps opportun, en menant des actions de plaidoyer à tous les niveaux, de mobilisation de la population autour de la question de l’alternance politique.

Michel  LUKA

LEAVE A REPLY

*