L’aéroport de Goma attaqué par des hommes armés

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L’attaque de l’aéroport de Goma à partir de 2 heures du matin dans la nuit du lundi au mardi derniers remet encore une fois sur la sellette la question sempiternelle de l’insécurité devenue ambiante dans les territoires de l’Est situés non loin des frontières avec les trois Etats, à savoir l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Il ne se passe plus deux jours sans que l’on apprenne que telle localité ou ville a été l’objet d’une attaque par des hommes armés venus d’on ne sait où. Utilisant le même « modus operandi », notamment la surprise aux heures très tardives de la nuit.

Selon des sources proches du gouvernorat et de la Mairie de la Ville de Goma, ces assaillants ont lancé des attaques sur l’aéroport de Goma et dans d’autres quartiers de la ville avant d’être repoussés par des éléments des FARDC. Le bilan indique un élément de l’armée nationale tué, quelques blessés tandis que du côté des assaillants, l’on dénombre quatre morts et de nombreux blessés. Une dizaine d’entre eux ont été capturés et sont en train d’être interrogés par les services compétents de la sécurité et de la justice militaire pour connaitre leur véritables identités ainsi que les mobiles de leurs forfaits, a indiqué le Gouverneur Julien Paluku. 

Et comme toujours, les éléments des FARDC interviennent souvent en retard car probablement surpris par l’événement. Une fois le forfait commis, ces hommes non identifiés prennent le chemin de la brousse et les victimes collatérales n’ont plus qu’à pleurer et s’en remettre à Dieu. Des spectacles pareils ne se comptent plus dans ces territoires sous les yeux et la barbe impuissants des autorités sécuritaires ainsi que politico-administratives locales et du gouvernement central. On ne compte plus le nombre des femmes régulièrement violées dans les champs et villages avoisinants où opèrent aussi bien les éléments des FARDC et ceux de la Monusco tout comme les différents groupes armés irréguliers locaux et provenant de ces 3 Etats voisins.

Quel est le rôle des services de sécurité ?

La première question qui taraude tous les esprits est celle de savoir à quoi servent les différents services de sécurité tant civile que militaire surtout dans ces zones encore infestées par des milices locales et étrangères commanditées manifestement par les « laboratoires clandestins » de ces trois Etats belliqueux. Comment peut-on comprendre que dans ces trois Etats voisins de l’Est règnent la paix, la sécurité des personnes et leurs biens? Au lieu de s’attaquer aux villages et villes de leurs pays respectifs d’origine, ces éléments rebelles ont élu domicile en RDC pour y perpétrer régulièrement des attaques, des tueries, des viols massifs des femmes, des déplacements répétitifs des populations et des destructions méchantes sans que les services de sécurité congolais ne s’en aperçoivent le moins du monde.

            Certes, l’effet de surprise est difficile à prévoir mais l’adage selon lequel « qui veut la paix prépare la guerre » semble ne plus faire partie du vocabulaire politique et sécuritaire de la RDC.  Comme il est établi que « gouverner c’est prévoir », le gouvernement devrait renforcer les services de sécurité militaire et civile dans ces territoires de l’Est pour dissuader toute velléité de trouble à l’ordre public et aux bonnes mœurs par des sanctions sévères à tout contrevenant attrapé ou dénoncé. En les dotant des infrastructures de technologie de pointe, modernes, adéquates et appropriées pour intervenir efficacement à temps.

Vivement une armée moderne et efficace

 

            Aide-toi et le ciel t’aidera. Il est plus qu’urgent de mettre en place une armée moderne et efficace, en procédant aux recrutements par provinces, en modernisant les centres de formation militaire, en envoyant de nombreux jeunes gens dans les célèbres académies militaires en Occident et en dotant l’armée nationale des infrastructures de pointe, notamment des armements modernes, sophistiqués.

            Ensuite, de nombreux observateurs se demandent pourquoi l’on ne peut pas faire appel à la défense populaire pour prévenir toute tentative de trouble ou d’attaque à main armée en touchant sur la corde sensible des sentiments nationalistes. Cela, par des campagnes de sensibilisation et de mobilisation populaire par voie des meetings politiques, des ateliers et bien entendu des médias audiovisuels. Une véritable éducation populaire pour sauver la nation face aux ambitions hégémoniques des dirigeants de ces trois Etats voisins de l’Est s’mpose.

Saisine de la justice pénale internationale

 

            Tous les rapports publiés par les Ong de défense des droits de l’homme tant nationales qu’internationales ainsi que ceux des médias périphériques ont toujours démontré que les différents mouvements de rébellion ayant opéré en RDC depuis 1996 ont été créés de toutes pièces, entrainés, équipés, armés par les deux régimes encore au pouvoir à Kampala et Kigali et dans une certaine mesure à Bujumbura. Bref, ces guerres qui ont endeuillé la RDC depuis 1996 sous divers prétextes, notamment la chasse contre les Interahamwe, n’ont toujours eu que des visées hégémoniques et d’exploitation des matières précieuses du Congo. Que des témoignages concordants n’ont-ils pas été fournis et publiés avec des preuves palpables à l’appui ! L’ONU, par le biais de sa représentation locale, à savoir la Monusco dispose des témoignages édifiants sur l’implication des services de sécurité, des contingents des armées régulières de ces trois pays et surtout des appuis diplomatiques régulièrement accordés à tous ces mouvements politico-militaires ayant perpétré des viols massifs, des tueries, des destructions massives, des assassinats, des pillages des ressources naturelles et minérales, bref de l’instauration d’une situation de ni paix ni guerre dans cette partie du territoire national.

            Autant d’éléments des preuves tant matérielles, politiques, économiques, sociologiques que scientifiques pour pouvoir saisir efficacement les institutions judiciaires pénales internationales afin que la justice soit dite pour soulager un tant soit peu les populations congolaises qui ont subi ces actes criminels abominables sans égal sur la planète Terre. C’est de cette façon que l’on pourra lancer un signal fort aux commanditaires de ces attaques répétitives perpétrées par des éléments armés locaux et étrangers provenant de ces trois Etats voisins belliqueux.

                                   F.M.